‹ Les aventures de don Juan de Vargas [pseud.] raconters par lui-même;Chapitre 40 sur 77 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

L'auteur devient prisonnier des Tartares.

v^7^^^) n ma ^ eur ne vient jamais sans Jp fc^^ fe5 l'autre , et l'expérience nous le Sa ç ^Jn^P rouva i * peine étions-nous li^^^iéloignés d'une vingtaine de lieues de 111e de Fan-si, que nous fumes assaillis par une violente tempête , qu'on appelle dans ce pays un typhon. Notre navire ne put y résister long-temps , quoique pour l'alléger nous eussions lancé à la mer nos canons et presque-toutes nos richesses ; il fat jeté sur un rocher et mis en pièces en peu d'instants par la violence des ^ vagues. Sept d'entre nous échappèrent seuls au naufrage qui engloutit tous nos compagnons.

Nous trouvâmes sur le sable le corps de Botelho , auquel nous creusâmes une fosse avec nos mains. Après l'avoir enterré de notre mieux , nous plaçâmes sur sa tombe une petite croix de bois. .

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Nous marchâmes pendant toute la journée, et vers le soir nous arrivâmes a un petit village habité par des pécheurs chinois. Ils nous donnèrent un peu de riz et nous assurèrent qu'à quelque distance dans l'intérieur se trouvait une grande ville appelée Quam-ti. Nous nous y rendîmes, et les Chinois nous y laissèrent assez tranquilles, mais sans nous faire la moindre

aller chercher du bob dans une foret voisine. Un jour j aperçus à la porte d'une maison un vieillard qui me fit signe d'entrer. Je me dé* fiais de lui , quand , tirant de sa poitrine une petite croix d'argent, il me la fit apercevoir a travers ses doigts. Je me jetai aussitôt entre ses bras, joyeux de reconnaître un chrétien; il m étonna bien . davantage en m'adressant la parole en langue portugaise. Cet homme me raconta qu'il avait fait naufrage sur cette cote bien des apnées auparavant , et s'était marié dans cette ville , où il jouissait d'une honnête aisance; mais depuis cette époque c'était la première fois qu'il avait la joie de voir un compatriote et un chrétien.

Moscoso , c'était son nom , nous combla de bienfaits, mes compagnons et moi, et s'occupa activement de nous trouver de l'emploi. Quant à moi, je m'avisai de dire que j'étais médecin ,

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et, appliquant aux Chinois quelques remèdes de vétérinaire que j'avais appris lorsque je servais dans la cavalerie allemande , j'étais en passe de faire une jolie fortune, quand tout d'un coup la terreur se répandit dans la ville. On apprit qu'un corps de cinquante mille cavaliers tartares avait franchi la grande muraille, et qu'après avoir défait l'armée chinoise il se dirigeait sur Quam-ti.

En effet, au bout de quelques jours nous aperçûmes dans la plaine les bannières tartares , écartelées de vert et de blanc. Le gouverneur de la ville, suivi des principaux habitants, alla se jeter aux pieds du général tartare , en le suppliant de recevoir la ville à merci. Celui-ci) sentant le besoin de faire reposer son armée, y consentit assez gracieusement.

Le lendemain, les Tartares ouvrirent une espèce de marché , et vendirent à vil prix tout ce qu'ils avaient pillé sur leur route. IkaVaient enfermé dans des sacs toutes les femmes dont ils avaient pu s'emparer, et, pour s'assurer le débit de toute leur marchandise , ils ne permettaient pas de regarder dans le sac, qu'ils vendaient sur le pied d'un quart d'écu. Je voulus prendre part à cette espèce de loterie; j'achetai un sac , et , l'ayant ouvert à mon arrivée chez moi , je fus stupéfait d'en voir sortir une

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vieille femme toute décrépite. J'allais dans colère jeter mon acquisition dans la quand cette femme me raconta qu'elle appartenait à une des principales familles de Quam-ti , et me pria de la conduire chez un riche marchand : sur son ordre , il n'hésita pas à me compter mille taels. Ravi de cette aubaine , je Voulus tenter de nouveau la fortune; j'allai acheter une quantité de sacs , que je fis charger sur une charrette. Mais , en déballant mon emplette, je ne trouvai que des paysannes, dont cinq ou six seulement étaient passables. Je gardai seulement ces dernières ; mais, comme elles se disputaient toute la journée , je finis par les mettre à la porte à coups de fouet.

Au bout de quelques jours, le général tartare, nommé Natim-Khan , ayant appris qu'il y avait dans la ville des étrangers venus d'un pays très éloigné, me fit appeler, et m'adressa beaucoup de questions sur le Portugal. Je lui répondis de manière à ne pas exciter sa mé*fiance, mais cependant de manière a lui donner une haute idée de mou pays. Aussi me traita-t-il avec une faveur qui fut encore augmentée quand je lui eus rendu un signalé service , dont il sera question an chapitre suivant.

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