LE JUGEMENT
Les fera aux pieds, ils comparaiaaent d«T«nt l'empereur.
déborder toutes les coupes. « Pour Dieu I Naime, qu'avez-TOUS î demande l'empereur, vous n'êtes guère courtois de répandre mon vin de la sorte I — J'ai bien sujet de m'irriter, sire. N'y a-t-il pas de quoi devenir fou à vous voir si rassoté? Ëtesvous venu à Bordeaux pour boire du vin? N'en avez-vous point assez en France ? Songez, sire, que nous avons fait ce long voyage pour juger un de nos pairs. Quand nous aurons mangé outre mesure et bu jusqu'à nous enivrer, comment sauronsnous parler de mort d'homme? — Vous avez raison, dit Charles, qu'on enlève ces nappes 1 » Puis il donne l'ordre de lui amener les prisonniers. Les fers aux pieds, Huon, Esclarmonde et le vieux JérAme comparaissent devant l'empereur.
Huon conte à Charlemagne comment, grâce à
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l'aide du petit roi de féerie, Obéron, il s'est acquitté de son message; il dit son mariage avec Esclarmonde et la félonie de Grérard. « Huon, fait l'empereur, je ne sais si je dois croire votre histoire, mais je vous demande les quatre dents màchelières et la barbe de Gaudisse, sans lesquelles vous ne deviez point reparaître devant moi. — Sire, je viens de vous dire que mon frère me les a dérobées. — Il ne vous les eût point volées si vous fussiez venu tout droit à Paris. Je vous avais défendu de retourner à Bordeaux avant de m'avoir parlé ; vous serez pendu ce soir. — Sire, je ne suis point venu, à Bordeaux, on m'y a amené et c'est bien malgré moi que je m'y trouve. Je ne voulais que m'ar* rèter une nuit à Saint-Maurice, qui vous ap« partient, pour y laisser mon bagage et pour saluer mon frère... Je demande à être jugé par mes pairs. »
L'empereur consent au jugement et les délibé* rations commencent. Quelques-uns des barons parlent pour Huon, les autres contre lui. Les prisonniers assistent au conseil ; Esclarmonde pleure. f< Ah I sire, dit-elle à Huon, si Dieu permet une aussi grande iniquité, je le renierai et je retournerai à Mahomet. — Huon n'a pu produire les dents et la barbe de l'émir, s'écrie un des barons, qu'on le mette donc à mort ! — Sire empereur, dit Naime pour gagner du temps, souvenez-vous qu'im pair de votre maison ne saurait être condamné