BEAUVOISIN, MADAME BEAUVOISIN
MADAME BEAL VOISIN.
Me direz-vous, monsieur Beauvoisin, pourquoi tous ces préi paratifs de fêle?
BEAUVOISIN
Parce que c’est aujourd'hui, Madame, que je veux signer le contrat de mariage de ma fille et du comte Leoni.
MADAME BEAUVOISIN
C’est donc bien irrévocable?
BEAUVOISIN
Nos parentssonl prévenus... Lambert est ici. Monsieur et madame de MurvaJ viennent d’arriver de Grenoble.
MADAME BEAUVOISIN
Où sont-fls?
BEAUVOISIN
A l’auberge où ils sont descendus; mais vous comprenez, madame Bcauvoisin, que nous ne pouvons les laisser en pareil lieu.
MADAME BEAUVOISIN
Sans doute.
BEAUVOISIN
Madame do Morval surtout... une femme si susceptible!... Cette chcn «usine! elle n’est pas changée; lorsque je la vis, il y a dix ans, c’.leavait de singulières idées sur la charilé, sur la morale... je me souviens des discussions que nous eûmes ensemble sur ce sujet... Elle criait si haut, que j’ai toujours pensé depuis» que c’est à scs querelles domestiques avec sou mari, qu'il faut attribuer la surdité de ce cher cousin.
MADAME BEAUVOISIN
Le fait est qu’il est sourd comme une trappe. Quant à madame de Morval, croyez-moi, mon ami, c’est une personne charitable qui passe sa vie à visiter lcspnsuns, à faire du bien aux malheureux.
BEAUVOISIN
Oui! oui! je connais sa manie. C'est une folle qui se croit appelée à régénérer les malfaiteurs, ses chers brigands... à eux toute sa pitié, toute sa commisération; que dis-ic toute sa tendresse... aussi ne lui eu reste-t-il plus pour sa famille.
MADAME BEAUVOISIN
Taisez-vous, la voici avec monsieur de Morval.