SCÈNE III
Les mômes, M. et MADAME DE MORVAL.
BEAUVOISIN, à de Mor**l.
Comment allez-vous?
. DK MORVAL.
Le temps est superbe... une vraie journée de printemps...
MADAME DE MORVAL.
Quel dérangement nous vous oo asionnuiis, mon cousin.
BEAUVOISIN
Sabre de bois, c’est bien le moins qu’on se gène un peu pour héberger do bons parents, qui entreprennent un long voyage tout exprès pour vous faire* honneur.
Il est certain, mon cousin, qu’il y a quelque mérite à se faire cahoter de Grenoble à La Côte-Saint-Andrèpardcs chemins hor-
rihles et infestés, à ce qu’on assure, par la bande de Mandrin; M. de Morval ne se souciait pas de se mettre en roule...
Mttinrotm.
Vous êtes donc poltron ?
DE MORT Al., toi serrant la subi.
Pas mal et vous.
BEAÜVOISIN.
Comment ! que me répondez-vous?
DE MORVAL.
Ne me demandez* vous pu* comment va la santé f
BIAUTOISIN.
Ah!... c'est juste... oui! oui!
MADAME DE MORVAL.
Ce n’est pas pour lui qu’il a peur, mais pour ses écus.
BEAl.VOlSlN. •
Je comprends, ce cher cousin est toujours... économe?
Lui! il me verrait tomber à la rivière qu'il ne donnerait pas une pistole pour m'en retirer. Croiriez-vous qu’il a eu l'impudeur de me refuser l'argent nécessaire à mes aumônes 1
BEAÜVOISIN.
Vous vous occupez donc encore de bonnes œuvres, ma cousine?
MADAME DR MORVAL.
J'ai ma spécialité, je fuis un peu de bien dans les prisons.
BEAÜVOISIN.
Dans les prisons!
MADAME DE MORVaL.
Sans doute. Les honnêtes gens ne manquent jamais de protecteurs, maie un coquin, un voleur, un brigand, trouve difficilement quelqu'un qui s'intéresse à son sort !
REAUVOISIN.
Je ne vois pas trop l'utilité...
MADAME DE MORVAL.
Ah! mon cousin... Est-ce que les malfaiteurs ne sont pas aussi nos frères?
BEAUVOISJt*.
Possible! mais si j’avais un frère à la façon de Cain...
MADAME DR MORVAL.
Hé! mon Dieu, qui sait! il y avait peut-être dans Cain l'étoffe d’un galant homme... on n'a pas su le prendre...