‹ Les aventures de Mandrin mélodrame en cinq actes, et dix tableauxChapitre 48 sur 78 · SCÈNE U · texte numérisé non relu

SCÈNE U

MANDRIN, DK BOISSEC.

DE BOISSEC

Dites donc, capitaine, on nous traite en prisonniers d'importance. Quel luxe de précautions!

MANDRIN

Depuis un mois qu’on nous traîne de prison en prison, aucune nouvelle d’Isaur;! Avoir fait naufrage au port!... avoir échoué au moment où je touchais !e but.

DE BOISSEC

C’est triste, mais ce n’est pas ma faute, je vou» ai toujours dit de vous défier de l'Italienne.

MaNDBIN.

Margarita! ah! je me vengerai.

DE BOISSEC

Tu parles de vengeance, Mandrin, tu oublies que nous avons en perspective un procès criminel, c’est-à-dire : la question ordinaire, et extraordinaire, une condamnation inévitable, U mort tur l’échafaud, et quelle mort! la mort par la roue, une mort lente, horrible et de mauvais goût, une mort canaille! Tu oublies que nous sommes prisonniers, charges de chaînes !

MANDRIN, »»« un «curirc «te mépris.

Crois-tu donc que ce sont ces chaînes qui m’embarrassent?

DE BOISSEC

Peste! j’avoue «pie pour ma part elles me gênent outrageusement, cl que j'aimerais mieux autour de ma taille une guirlande de fleurs ou les bras caressants d’une jeune beauté que cette ceinture de fer.

MANDRIN

Il y a six mois, je fus arrêté: faute de prison sûre, on m’avait descendu dans un puits desséché avec des fers aux pieds et aux mains. On avait recouvert le puits d’une pierre énorme que dix hommes avaient eu peine à transporter, et, pour surcroît «le précautions, deux soldats de la maréchaussée s étaient assis sur celte pierre, la carabine à l’épaule, le sabre au côté!., au bou*

de dix minutes, j'avais brisé mes fers, an bout d’une heure j'avais arraché le parois du puits, j’avais percé un trou assez grand pour y passer mon corps, et pénétrer dans la cave de la maison voisine... Deux heures après j’étais libre !

DE BOISSEC

Oui, je le sais; mais tu ne m’as jamais dit par quel miracle...

MANDRIN

Le miracle?... c’est une force physique à laquelle rien ne résislo, une volonté qui ne recule devant aucun obstacle, devant aucun moyen.

DE BOtSSCC.

Alors tu pourrais briser tes fers?

MANDRIN

Aussi acilement que tu peux rompre cette paille.

D£ BOISSEC

Pourquoi ne l'as-tu pas déjà fait?

mandrin.

À quoi bon? n’as-tu pas entendu? des hommes armés veillent derrière celle porte, ce cachot est entouré d’autres cachots, cette fenêtre est à quarante pieds du sol... et puis, te l’avouerat-je, je suis las de la vie !

de sotstec.

Vous êtes bien dégoûté!., et vous laisserez votre rival en possession d’isaure, de votre fianoér ?..

MANOR'N, tr«Mlll*n».

lsaure t

DE BOISSEC

As-tu entendu le cri de joie qu’elle a poussé en le voyant apparaître? As-tti vu avec quelle ivresse elle s’est précipitée dans ses bras?..

MANDRIN

Tais-toi ! tais-toi 1

DE BOISSBC.

Et lorsque cet homme t’a jeté insolemment ton nom à la face, as-tu vu avec quelle horreur elle s'est éloignée de loi?

MANDRIN

Encore une fois, tais-toi!

DE BOISREC.

Et lorsque vous alliez vous élancer l'un sur l’autre, la menace dans les veux, la mort dans les mains, as-tu vu comme elle l’a protégé de son corps?

MANDRIN

C’est vrai ! c’est vrai !

DB BOISSEC

Et tu ne te vengerais pas de ses mépris ? et lu la laisserais tranquillement aux bra9 d’un autre!

MANDRIN

Ah! si (j'avais un moyen de sorlir de cette prison!..

DE BOISSEC

Le hasard nous en fournira un, peut-être... es-tu décidé à le saisir?.-.

Oui!... je vivrai pour la vengeance !

DE BOISSEC

On vient...

MANDRIN-

Silence ! (ils m rs oo tni not .)

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