MANDRIN, ISAURE
MANDRIN
taure, écoutez-moi... Je vous aime !... fu»ur* f*n on nowament ) Oh ! ne me regardez pas ainsi. Vos regards me rendraient fou! et je veux consrver ma raison pour vous faire comprendre que mon amour est désormais le seul refuge qui vous reste. Si, touché |*ar vos prières, ébranlé par vos larmes, je vous laissais libre de me quitter, qu'arrivorait-il? Vous avez été enlcvee à voire famille, tous avez passé huit jours dans ce camp, seule aviC moi te jour, seule avec mofcla nuit; |>our tous, pour le monde comme |»ur mes compagnons, vous êtes ma maîtresse. . Vous direz le contraire? qui vous croire? Est-ce mon témoignage que vous invoquerez? Non! n'csl-ce pas? Votre réputation cM doiic bien irrévocablement perdue.
Maori.
Il me reste ma conscience.
MANDRIN
Qu Vsl-ce que la conscience sms le respect d’autrui?
MAURE
Vous demandez ce qu’est In conscience, Mandrin? qui donc aujourd'hui vous fait hésiter devant un crime pour triompher de ma résistance? vous avez la puissance , vous avez la forte, vous avez la volonté, qui donc arreté votre bras? qui donc fait baisser vos regards devant les miens? C’est cette voix qui vibre au fond
i de l’ârac du criminel avec chaque battement de ses artères, | c’est cette voix qui trouble ses jour* et ses nuits, qui confond ses pensées, épouvante ses rêves et qui crie d’autant plus haut à son oreille qu'il fait plus d'efforts pour ne pas l'entendre!... Cest la conscience !
MANDRIN
Toujours! toujours ce fantôme Je la vertu qui vient se placer entre elle et moi! Eh bien! soit! tu me l’as dit toi-même, le rej pentirpeut expier les crimes les plus grands. Aime-moi, taure, I et je me repentirai! Tout à l’heure encore, irrité jwr tes I *ogs refus, je viens de prononcer les serments les plus formidables... j Ces serments je les abjurerai. Nous fuirons ensemble... nous irons vivre dans quelque pays lointain .. Mandrin... deviendra lâche pour bifilaire!... Oui, si lu veux, mon implacable volonté, si puissante pour faire le mal, se tournera vers le bien, et alors,
; fort de ton amour, j’accomnlirai des tuiraclea... Oui, cette ! lâch :... dis un mot et je l'entreprendrai !
ISAURE
Il est trop tard.
MANDRIN
taure!
ISAURE
Certes, fl n'est pas de faute, de crime même qui ne puisse trouver son pardon devant Dieu. Dieu peut vous pardenner par ce que sa justice est infaillible, et qu’il peut lire au fond de votre cœur... mais moi je ne suis qu’une femme... j'éprouve à votre vue seule un frémissement insurmontable... mon coeur se «ou love à votre approche; lorsque vous me regardez, il me semble lire dans vos yeux une menace... lorsque vous me parlez, il me semble entendre un arrêt de mort, comme celui qui tout à l'heure vient de tomber de vos lèvres !
MANDRIN, voulant l'approcher d'ell*.
taure, c’est de la folie!...
ISAl'RE, reculant.
Prenez garde t... il y a du sang sur vos mains!
Du sang?..,
ISAL’RE.
Est-ce celui du malheureux que vous venez d'égorger? est-ce celui de mon oncle Lambert que vous avez assassiné?
MANDRIN
taure! ma patience est à bout! ne réveillez pas en moi les mauvaises passions que votre vue a la puissance dVmloriuirî ne me faites |>as souvenir que je suis...
ISAURE, calme.
Tu es un bandit, et je te méprise!
MANDRIN, rugluant, «t portant la main à ion poîptard.
taure!
ISAURE
Frappe! c’cst ton métier!...
MANDRIN, jriant ton poignard.
Ah! je ferai plier ton orgueil!... cette vertu dont lu es si ftère va tomber sous mon souflel... les bras seront impuissants.., tes cris seront inutiles... tu es À moi désormais!...