‹ Les aventures de Mandrin [microforme]Chapitre 11 sur 41 · SCÈNE 1ère · texte numérisé non relu

SCÈNE 1ère

Dans le compartiment de gauche.

RoQuarRoL, CHRISTOPHE, TAUPIER, LE DOCTEUR, BanDiTs.

{1 fait nuit, commencement d'orage. Au levef du rideau on entend un signal au loin.

ROQUAIROL (extrant). — Nous voici arrivés...

entrez dans le souterrain, préparez les suaires, les | linceuls, allümez les torches, graissez les trappes | et les portes secrètes, Vous autres, restez avec moi et veillez. |

UN BanDiT-—Il y a donc du nouveau, monsieur | Roquairol ?

: Roquarroz.—Des visiteurs indiscrets qu'il s’agit ; de guérir de la curiosité, ce péché, le plus dangereux de tous. pour nous Apportez un tambour.

Le Docteur— Vous voulez battre la caisse, si lieutenant ?

. Roquarroz.—Docteur, mon ami, tu n'es qu'un âne. Ce tambour va me servir pour une expé-

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rience scientifique. (4x bandit gui apporte Le tambonr.) Bien ! dépose-le ici. Maintenant donnez-moi un verre plein d’eau.

TauPrier.— Vous allez boire de l’eau, lieutenant ?

ROQUAIROL.— Fi donc! Un savant de mes amis m'a affirmé ce matin que ce verre plein, posé sur un tambour, pouvait remplacer la meilleure sentinelle... Au moindre bruit, ce bruit füt-il insaisissable à l'oreille, ce tambour fera entendre de sourds grondements, au moindre tressaillement de l'air ou du sol, cette eau frémira… avertissement précieux dont je vais faire l'essai à l'instant même. (4 Christophe qui entre) Eh bien! Christophe, tu descencs de l’observatoire ? qu'as-tu vu ? qu’astu entendu ?...

CHRISTOPHE.— Rien, lieutenant. aussi loin que la vue peut s'étendre, je n’ai aperçu que les allées désertes, je n'ai entendu que le cri des oiseaux ou le murmure de l’eau. il est vrai qu” les voiles de la nuit commencent à s'étendre sur la nature assoupie…. et que l'orage gronde au lointain Vaporeux et sombre !

Le Docreur.-Ce diable de Christophe. toujours poétique dans ses expressions, toujours recherché dans sa mise |

CHRISTOPHE ( jouant avec ses manchettes déchi. rées).—Je me souviens encore d'avoir fréquenté la bonne société... Ah! c'est la fatalité qui m'a fait ce que je suis... je devrais marcher de pair avec M. de Voltaire. Au lieu de cela, je ne suis qu’un misérable bandit, comme vous.

Le Docreur.—Dis donc, M. de l’Empyrée, si

tu voulais bien être plus respectueux pour tes

collègues.

CHRISTOPHE.—Vous, mes collègues !... amère dérision j.. jeu du destin cruel !… c'est vrai, vous

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êtes mes collègues, comme les compagnons d'Ulysse étaient les collègues de ce héros.

RoquairoL.— Voyez, cette eau vient de frémir.…. " elle s'agite encore. écoutez. (Bruit au dehors.) ef Alerte ! les voici !.… chacun à son poste... (Cowp ti | de tonnerre.) Ah! ah! le tonnerre! Ailons! ; be allons, grâce à l'orage, notre tâche sera facile. (Z/s | pit

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