‹ Les aventures de Mandrin [microforme]Chapitre 17 sur 41 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Même compartiment.

LAMBERT, BEAUVOISIN, DE Boissec, MANDRIN, PAYSANS, armés de fourches et de bâtons.

LAMBERT (au dehors).—En avant ! mes amis, en avant |

BEauvoisin.—De la prudence, beaü-frère.… je n'ai pas voulu vous quitter. mais je suis effrayé de mon courage !.…

DE Boissec (poussant des cris) —Pauvre M. de Simiane!,., si jeune! si brave!,., ah! c'est

affreux !

LAMBERT.—Que lui est-il arrivé?

DE Boissec.—Ah ! c'es. vous! Trop tard!

vous arrivez trop tard !.. Le malheureux !

BEAUVOISIN.—Je n'ai pas une goutte de sang dans les veines ! …. |

LAMBERT.— Voyons, monsieur. Mais parlez donc !

De Boissec.-Ah ! je ne puis. je suis si ému... Mais tenez, demandez au comte Léoni... il vous dira cela mieux que moi... Ce cher amil il a ét. blessé en le défendant.

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Tous.—Blessé !

LaMserr (à Mandrin).—Est-ce vrai, cela, au moins ?

ManDriN (/ouant l’émotion\.—Oui, monsieur, oui... Pendant une heure, M. de Simiane et moi, nous avons lutté contre les démons et les fantmes... Vains efforts ! nos coups frappaient dans le vide et ne pouvaient atteindre des ombres aussitôt évanouies et toujours renaissantes. Tout à coup je vis brilier une épée flamboyante…. je m'élançai au devant du coup... un fer brûlant pénétra dans ma chair, puis le glaive terrihle S'abaissa sur M. de Simiane qui tomba foudroyé…. je fermai les yeux en poussant un cri. quand je les rouvris tout'avait disparu !.…

BEauvoisiN.—C'est horrible !

LAMBERT. —C'est étrange !.…

De Eoissec.—Pas plus étrange que ma disparition et mon retour sans que j'aie conservé aucun souvenir de cette heure de ma vie.

LAMBERT. — Aucun souvenir !.. Allons donc !…

De Boissec. -Vous ne me croyez pas... Vous doutez peut-être aussi de la mort de M. de Simianer.. Vous doutez peut-être aussi de la blessure du comte Léoni ?.…

Beauvoisin (à Mandrin).—Votre sang coule...

ah! mon Dieu !..

LAMBERT.—Je me refusais à croire... mais devant une pareilie preuve, que penser ?.…

Tomas (ciant).—Son bras, monsieur ! pansez son bras !...

B£auvoisin.—Et c'est en défendant M. de Simiane que vous avez reçu cette blessure ?

MaANDRIN.—Oui, monsieur.

BEAUVUISIN (/ni tendant La main).—Ah ! monsieur le cotate, un pareil trait L... j'en pleure d'at-

la, au

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tendrissement, sabre de bois! Dans ‘mes bras, jeune homme, dans mes bras !

De Boissec (as à Mandrin).—Ça y est 1...

LAMBERT (aux paysans).—Eh bien! mort ou vivant, je veux retrouver M. de Simiane.. s’il est vivant, nous le sauverons ; s’il est mort.

BEAUVOISIN.—Parbleu ! s’il est mort, je ne serai pas obligé de choisir entre vous et lui, monsieur le comte, vous épouserez ma fille.

LAMBERT.—Ah ! mon frère, en un pareil moment |

BEAUVOISIN. — Si M. de Simiane était là, il serait le premier à me dire : donnez votre fille à ce héros, à cet ami généreux qui a risqué sa vie pour défendre la mienne. (4 Lambert.) Ne me dites plus rien, mon frère, ce mariage s'accomplira, à moins que M. le comte me retire sa parole.

MaNDRIN.—Ah ! monsieur, vous comblez mes vœux les plus chers !.…

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