‹ Les aventures de Mandrin [microforme]Chapitre 27 sur 41 · PIÉTRO, PAUL · texte numérisé non relu

PIÉTRO, PAUL

PAUL, — dire?

Prérro.—Vous ne me reconnaissez pas ?

PAUL.—En effet... il me semble que je vous ai Vu queique part...

Nous voici seuls, qu'avez-vous à me

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Piérro.—Ici même, il y a trois ans...

PauL.—Oui, oui, je me remets vos traits à présent ; vous êtes ce malheureux Italien qui fut ramassé inanimé sur la route.

Piérro.—Et qui fut rendu à la vie, grâce faux bons soins de votre sainte mère, que Dieu ait son âme |! et de votre sœur chérie qu’un grand malheur menace aujourd'hui.

PauL.—Que voulez-vous dire ?

Prérro.—Et c'est pour conjurer ce malheur ; c'est pour m'acquitter envers mes bienfaiteurs que je viens ici vous montrer l’abîme où l’on veut précipiter votre sœur Isaure. C'est pour lui épargner tout un avenir de honte, de désespoir et de tortures…

PauL.—Expliquez-vous.

Piérro.— Votre sœur se marie, n'est-ce pas... aujourd’hui même... dans quelques minutes, peutêtre ; et dans ce moment, sans doute, on rédige le contrat. suis-je bien informé ?

PauL.— En effet... mais.

Prérro.—Et c'est avec le comte Léoni?

PauL.—C'est vrai.

Pi£rro.—Comment. votre sœur, votre père et vous-même avez-vous pu vous laisser abuser depuis plus de deux mois par un homme si indigne de votre estime ?

PauL.—Qu'osez-vous dire P

PréTro. — Intérrogez votre mémoire, rappelez vos souvenirs. Il est impossible que vous n'ayez pas observé chez cet homme des choses étranges, inexplicables ! Quoi! jamais une distraction, jamais une absence ! Quoi ! jamais un geste, jamais un regard, jamais un mot suspect, n'ont excité votre surprise et éveillé votre défiance? En vérité, vous êtes bien aveugles... ou il est bie

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‘habile !... Vous n'avez jamais remarqué que de subites terreurs agitaient son âme, et que parfois €n vous parlant, il avait l'oreille aux écoutes, l'œil aux aguets ?...

PAUL.—Mais à ce compte, celui dont vous parlez serait un malfaiteur.

PrÉTRo.—Dites-moi, est-ce de son plein gré que mademoiselle Isaure épouse le comte Léoni ?

PAUL.— Hélas | non.

Prérro. —Donc, si M. de Simiane vivait encore,

votre sœur serait résolue à ne jamais appartenir à un autre,

PauL.—Certes !.… j'en suis sûr.

Prérro.—Eh bien, faites différer ce mariage de quelques heures !

PAUL.— Pour quel rx: ‘ Au nom du ciel, expliquez-vous.

PrÉTRO.— Deux heures au moins !.. oui, il me faut bien deux heures, et encore ne suis-je pas sûr de réussir.

PAUL.—Oh! mon Dieu ! qu’alléz-vous donc tenter?

PrÉTRO.—C'est mon secret. un secret terrible ! qui me tuera peut-être |

PaüL.— Vous m'effrayez |

PrÉTRO (écoutant). —On vient !

PAUL (regardant Par la porte du fond) —Le comte Léoni !.…

PiérRo.— Grand Dieu ! qu'il ne me voie pas ici !

PAUL (2 poussant par une Petite porte au fond), —Là; au fond d: ce corridor. un escalier dé.

robé... mais au moins, dites-moi.

Prérro.—Deux heures l... Dans deux heures Vous saurez tout. (77 sort.)

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ide 6 re SCÈNE IX.

: {ANDRIN, PAUL.

Manprin.—Vous êtes seul, Paul ?

PauL.—Seul... oui, monsieur.

MaANDRIN.—J'avais cru entendre... il me semblait que vous parliez à quelqu'un.

Paur.—Vous vous êtes trompé.

MANDRIN (/'observant avec attention).—Ce trouble, cette agitation. Paul, vous me cachez quelque chose.

PAUL (même jeu).—En vérité... que pourrais-je aveir à vous cacl'er P

Manprin.—Allons ! je vous crois ; mais voyezvous, j'aurais tant désiré moins de froideur de votre part; car enfin dans quelques instants je serai votre beau-frère !.… aie

PAUL (vivement).— Dans quelques instants !..

oh ! non! c'est impossible |.

ManpDkriN.—Impossible |. quel obstacle imprévu?

PauL.— Monsieur, si vous aimez ma sœur, comme vous le dites. vous lui accorderez au moins le temps de se recueillir.

MANDRIN.— Paul... vous vous troublez... je ne puis en douter, il se passe ici quelque chose d’indéfinissable.

Pauz.—Que voulez vous dire ?

Maxnprin.-—Vous avez un motif... un motif que vous ne voulez pas me confier, pour différer ce mariage.

PauL:-—Quel motif pouvez-vous supposer ?

Manprin.—Le sais-je? mais ce que j'afirme avec certitude, c'est qu'aujourd hui même, il n’y a qu’un instant peut-être, il s'est passé ici quelque événement étrange.

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PAUL (à part).—Oh ! qu'il ne soupçonne pas !

(Æaut.) Vous vous trompez, monsieur, et la preuve, c'est que je n’insiste plus. je ne vous demande que le temps strictement nécessaire, à ma Sœur et à moi, pour paraître aux yeux de nos amis et aux vôtres, dans une toilette plus convenable. (7 sort.)

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