‹ Les aventures de Mandrin [microforme]Chapitre 7 sur 41 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les MÊMES, DE SIMIANE, UN DRAGON suit,

DE SIMIANE.— Monsieur Beauvoisin !.… monsieur Paul!,., quelle heureuse rencontre, ..

(Saluant Lambert.) Monsieur !

BEAUVOISIN.— Monsieur Lambert, de Lyon, mon beau-frère,

DE SIMIANE (a/ant à Lambert).—Ah | monsieur, j'ai si souvent entendu mademoiselle Isaure faire votre éloge que je suis fier de serrer la main loyale de l’homme que je regarde comme sou second père.

LAMBERT ( fatté).—Monsieur !.… (Bas à Paul.) Il est charmant,

PauL.— N'est-ce pas ?...

BEAUVOISIN (à De Simiane). — A quel heureux

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hasard devons-nous votre présence dans ce village ?

De SimrANe.—Ce n'est point au hasard; j'ai sollicité moi-même une mission dans le Dauphiné. Je n'ai pas besoin de vous dire les motifs qui m'y attirent. vous les devinez, n’est ce pas P

BEAUVOISIN.—Oui, oui, nous causerons de cold,

: DESIMIANE.—Ah ! monsieur, j'étais si impatient d'arriver, que n’ai pas eu la force de me résigner aux lenteurs dé la route ; j'ai piqué des deux à quelques lieues de ce village, après avoir confié ma compagnie à mon lieutenant, et je me dirigeais à franc étrier vers la Côte Saint André quand votre présence.

BeauvoisiN.—Votre compagnie ! Comment ! vous venez nous rendre visite à la tête de votre compagnie ?

De SiMrANE (riant).—C'est la vérité !.… le roi a daigné me confier le soin de purger la province des bandits qui l'infestent.… une promesse d'avancement même m'a été faite, si je parviens à m’emparer du célèbre Mandrin.

ROQUAIROL (gui a écouté, sortant vivement). —

LAMBERT.—C'est une mission périlleuse, mais honorable, monsieur ; délivrer la société d'un pareil monstre, c'est rendre service à l'humanité, et Sa Majesté ne saurait trop récompenser le succès d'une pareille entreprise.

De SIMIANE. — Oh ! je réussirai, je le jure !

BEAUVoISIN, — Je vous félicite, monsieur, de l'honneur qui vient de vous être accordé, mais le succès est au moins problématique, et jusque là rien n'est changé dans votre position.

De SIMIANE.— Pardon !.… j'ai fait un héritage,

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BEAUVOISIN (vivement).—Vous !

De SIMIANE (7iant).—J'ai oublié de vous parler de cela. Etourdi !... je devrais savoir pourtant que c’est une nouvelle importante pour de grandbsparents... Que voulez-vous? je n’ai jamais pu apprendre j'arithmétique, moi! et j'aimerais votre fille, le chiffre de sa dot füt il tout simplement un zéro.

LÉONI (gui vient de rentrer et qui écoute au fond).—Ouais! ur rival!

DE SIMIANE,—Comme je vous le disais, j'ai fait un héritage, oh! bien modeste, si j'en juge par les renseignements que j'ai pris hier à Vienne. Un c£cie, ancien procureur au Parlement, mort il y a six mois, m'a institué son légataire universel ; l'héritage se compose de cinq ou six mille livres en espèces et d’un vieux château situé au beau milieu de la forêt de Flachères, à quelques lieues à peine de ce village.

BEAUVOIsIN.—Comment nommez-vous ce chàäteau?

DE SiMIANE —Jadis on l’appelait le château de Valvans, mais depuis la mort de mon oncle, qui habitait seul ce vieux manoir, les paysans des environs, effrayés de prétendues apparitions, d’histoires de fantômes, de revenants, l'ont appelé autrement ; ils le nomment...

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