SCÈNE VIII
Les MÊMES, LÉéoni.
LÉONI (s'avançant).—1,e château du Diable.
DE SiMiaNe.—C'est cela, le château du Diable !.. Mais, pardon, monsieur, vous connaissez cet antique manoir ? .
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LÉONI.—Oui, monsieur.
BEAUVoISIN (à De Simiane), — M, le comte Léoni, un de nos amis.
DE SIMIANE.— Pardon, monsieur, vous m'obligerez fort en me disant quelle est la valeur de ma propriété et pourquoi l'on s’est permis de la débaptiser.
LÉonI.—C'est un vieux castel féodal dont les tours menacent ruine, sombre, ne inhabitable, sa valeur est peu considérable, se$ revenus sont presque nuls.
De SIMIANE (riant). Merci ! le portrait n'est pas flatteur.
LÉONI.— Quant à ce nom qui lui a été donné, ce n’est pas sans quelque raison.
DE SIMIANE.—Eh quoi, monsieur le comte, vous Croyez à ces histoires de bonnes femmes ?
LÉONI.—Je crois aux apparitions surnaturelles, oui, monsieur ; le monde créé ne s'arrête pas aux limites du monde visible, De même qu’il y a des animaux si petits qu’ils échappent à notre vue, ne peut-il y avoir aussi des Corps si diaphanes qu'ils deviennent invisibles, excepté dans de certains moments, à de certaines heures et dans de certaines conditions ?
BEAUVOISIN (wn peu effrayé).—Oui…. oui. cela peut être.
De SIMIANE.— Allons donc, monsieur le comte, vous voulez rire. Parbleu ! si j'osais vous proposer un moyen d'éclaircir vos doutes et les miens, Car je commence à trembler pour mon héritage. je vous dirais : Ja soirée est superbe... la forêt est pleine d'ombre et de fraîcheur. à défaut d'aventures surnaturelles, je puis vous offrir une déli-
cieuse promenade... allons visiter le château de mon oncle,
LamBerr.—C'est une idée !.. {
mte PauL.—M. le marquis de Boissec, un ami de M. le comte a bien voulu nous proposer son carbi rosse.…., ma LaMBErT.—Nous alhions errer au hasard dans la dé- forêt, voici un but.
BEAUVOISIN (bas).—Y pensez-vous, mon frère, les un lieu hanté par des esprits, je n’irai pas. ble, THoMas.—Non, monsieur... ce n’est pas notre ont place. L LÉoONI.—TJe vous ai prévenu du danger, libre4 À est vous de le braver.
Pauz.—Oh! je n'ai pas peur, moil né, DE SIMIANE (appelant un dragon).— Lombard, tu attendras ici M. de Lorsay, mon lieutenant, et Jus tu lui diras que je vous s rejoindrai ce soir à la Côte Saint-André. | < es, LoMBarD.— Oui, mon capitaine.
UX DE Boissec.— Le carrosse est à vos ordres, mes- 5 les sieurs.
ne BEAUVOISIN., — Viens avec nous, Thomas, tu | ils monteras sur le siège avec le cocher... plus nous | ins serons nombreux, moins nous aurons de dangers er- à courir.
re THoMas (remblant).—Des dangers... permettez, la monsieur, chaque visiteur courant un danger, plus il y aura de visiteurs, monsieur, plus il y aura de | te, dangers courus.
)O- LAMBERT. — Poltron !
IS, BEaAuvoIsiIN.—Si nous emportions des armes P . DE SIMIANE (souriant\.— J'ai mon épée ; d’ailst leurs il est probable que nous n’aurons à lutter que n- contre les hiboux et les chauves-souris.
l1- THoMAs.—Je frémis. :
de LAMBERT.—Partons. (1/5 sortent par le fona.
Léoni va les suivre, il aperçoit Piétro.)
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