XII. — COLÈRE
A peine fut-il hors de la vue de son jeune camarade, que Poyer se mit à courir du côté de la Prévalée. Rien ne saurait donner une idée de l'effrayante rapidité de cette course. Nous l'avons dit souvent : en fait de force et d'agilité, Poyer dépassait tout ce qu'on pouvait imaginer, lorsqu'il s'amusait à faire, preuve, en jouant, de son énorme puissance physique ; mais, au moment dont nous parlons, il y avait dans la course de Poyer quelque chose de frénétique et d'éperdu, qui épouvantait tous ceux qui le virent passer, pâle comme un cadavre, rapide comme s'il eût été lancé par un instrument de guerre. Ce fut ainsi qu'il arriva dans la cabane de la mère Leleu, en moins de temps qu'il n'en eût fallu au cheval de course le plus nerveux et le mieux monté.
La bonne femme, en le voyant entrer dans cet état, devina qu'un grand malheur était arrivé ou allait arriver. Elle resta immobile et muette devant Poyer, qui lui-même demeura un moment sans pouvoir parler. Enfin un cri s'échappa de sa poitrine haletante.
— La vérité, la vérité ! dit-il en prenant la mère Leleu par le bras. Celle-ci devina bien de quoi il s'agissait, mais elle ne l'osa pas
montrer sur-le-champ.
— La vérité sur quoi? dit-elle en tremblant.
— Sur elle, sur lui... reprit Poyer.
— Elle, lui ? fit la mère Leleu, qui faisait tous ses efforts pour avoir l'air de ne pas comprendre.
— Carmélite, Fabien, le marquis de Lcsly... reprit Poyer.
— Et que voulez-vous que je vous dise, moi! reprit la vieille en reculant devant l'effrayante expression qu'avait prise la figure de Poyer en prononçant ces noms maudits.
— Carmélite connaissait Fabien?
— Oui.
— Et tu ne me l'as pas dit, malheureuse!
— Mais qu'esl-il donc arrivé? dit la mère Leleu.
Poyer ne répondit pas; d'autres pensées le détournaient de l'interrogatoire qu'il venait de faire subir à la vieille femme.
— Carmélite va-t-elle venir? reprit l'étudiant après ce silence.
— Je ne le crois pas, répondit la mère Leleu.
— Où est-elle?
— Je ne sais pas.
— Comment! tu ne sais pas où va travailler ta meilleure ouvrière ?
— Voilà huit jours qu'elle demeure chez son père, et je ne sais ce qui lui est arrivé à elle aussi; car lorsqu'elle me quitta la semaine dernière, elle avait terriblement pleuré.
— Quel jour?
— Lundi.
— Ah ! fit Poyer en baissant la tète... et qu'a-t-elle dit?
— Qu'elle avait été trompée.
Poyer se tut.
— Qu'est-ce qui l'a trompée? fit la mère Leleu, en reprenait, courage.
— Je ne le sais pas.
— Mais probablement elle avait raison de dire : « Malheur aux pauvres filles qui croient aux serments des hommes!... »
La date de cette scène se rapportait exactement au jour où Poyer avait fait entendre clairement a Carmélite qu'il ne consentirait point à l'épouser. Un remords se glissa dans sa colère; n'était-ce pas sa
I ONI i SSIOM um l; m.!
trahison a lut qui avail imetu! la trahison de CariuëllU il avail raison en ce point, que c'élail le manie Jour, comme noui l'avons
dit. qu'oltu >''Mii laisse emporter à un sentiment de vengei i, il
;i\.ni i , ,1c ,in\ sollicitations de Melchior de Lcsly.
Mais il j avail autsi le mystère de u liaison avec Fabien; ai i celte prisée la uireur de Poyor le reprit, et il s'écria : — Tu dl qu'elle est i tiei son père ' i h b en ' j'y vais.
Quelques îiiiiniics après, Poyer était chei le vieui Leroéx. S'il eût rencontre' le père ou l'un des frères de Carmélite, il est probabil qu'il eût perdu beaucoup de temps avant d'oser les Interroger but la jeune tille, el il est probable qu il p'eûl point obtenu de renscigne- 1 1 ii -i 1 1 > i ce sujet. Mais, (Mi u lie d'habitude, les fermiers se trouvaient dans les champs, el Poyei ne rencontra qu'une petite servante de ferme à laquelle il «lit en lui glissant quelque nu niiaie dans la main . — i;ii : Manette . la mère Lcleu a besoin de Carmélite; et comme j1' vais repasser ches la vieille, elle m'a prie" de lui apporter la réponse, pour qu'elle aille trouver Carmélite <>ii elle est.
— Eh Mon ! reprit la petite lille, elle doit bien le savoir; elle esl chez la nouvelle pratique qui a acheté une petite maisoO| là-bas, à droite* sm la route.
— Très-bien, très-bien, dit Poyer; et comment •'appelle cette pratique?
— Ah' dame, dil la petite li'.le, ce n'est pas un nom du | c*esl un drôle de oom..i c'est une madame Hacoj Marco.». Tout ce que je puis vous dire, c'esl qu'Û y a une dame du pays qui prétend que c'est une femme qu'on ne mettrait pas en terre chrétienne si elle mourait. Mademoiselle Carmélite m'a défendu de le aire à maître Leroèa : mais je crois que c'est une vieille dame de la comédie de Rennes.
Cette désignation* jointe au nom, tout estropié qu'il était, qu'avait prononcé la jeune Iule, éclaira Poyer, et il ne douta pas qu'il ne s'agit do m&dame Marient.
S'il ne se trompait pas, si c'était bien chez la vieille comédienne que se trouvait la jeune tille, Poyerne se douta pas qu'elle ne fût plus perdue qu'elle ne le croyait encore.
Par une assez rare exception, Poyer dédaignait profondément les femmes de théâtre. Quoique, par vanité, il eût essayé, comme la plupart des jeunes étudiants de Rennes, de compter une maîtresse parmi les actrices de la troupe, il avait été bientôt dégoûté de ce monde où il avait à peine mis le pied. La nature de Poyer était trop liante, trop large, trop sauvage, trop ardente, trop passionnée et trop positive à la fois pour se laisser séduire, de l'autre côté du rideau, par ces poupées dont il voyait le tard et les oripeaux.
Indépendamment du peu de sympathie que lui avait inspirée celle qui avait obtenu son attention, il avait jugé l'étrange moralité de ce monde dont la vanité est la première passion, dont la vénalilé est le premier moyen de la satisfaire. 11 appréciait à son exacte turpitude le métier qu'une femme comme madame Maricot pouvait faire en appelant dans sa maison une tille comme Carmélite, et il appelait ce métier du nom qui lui est propre. Poyer ne doutait plus de son malheur, et cependant il voulait en avoir, à ce qu'il semble, des preuves irrécusables, pour pouvoir sans doute justifier la résolution qu'il avait prise. Il ne marchait plus avec la violence des premiers moments: mais son attitude dénotait cependant la volonté irrévocable d'un homme qu'aucun obstacle ne devait arrêter.
11 arriva ainsi devant la petite maison de madame Maricot. Il frappa avec force, et un nègre vint lui ouvrir.
On se rappelle ce Philopémen, valet de chambre de M. de Lesly, et dont les mains avaient déteint dans le savonnage qu'il avait fait du linge de son maître. C'était, sous une couche de noir, le valet de grand seigneur le mieux conditionné. Le nez en l'air, l'œil railleur, tes dents blanches, la taille bien prise, l'air impertinent, la voix haute et accentuée, parlant vite et sec, et n'attendant pas une seconde question lorsqu'il avait répondu à la première.
— Madame Maricot? dit Poyer en voyant le nègre.
— Elle n'y est pas. # Et Philopémen poussa la porte pour la fermer.
Poyer plaça son pied devant la porte et repartit : — Si elle n'y est pas, je l'attendrai.
— Attendez-la sur la route, dit Philopémen en essayant de pousser la porte.
— Un moment, reprit Poyer, comme s'il eût voulu prévenir une querelle. Ce n'est pas précisément à madame Maricot que j'ai affaire, mais à une repasseuse qui s'appelle Carmélite. N'est-eîle pas ici?
Au nom de Carmélite, Philopémen avait dressé l'oreille, et, malgré l'impertinente indifférence avec laquelle il répondit : — Je ne connais pas ça!
Poyer comprit, sinon qu'elle était dans la maison, du moins qu'elle y était très-connue. 11 garda un moment le silence.
Philopémen voulut essayer de fermer la porte, et se mit à dire assez brutalement : — Allons donc, ôtez votre pied de là, animal, et laissez-moi fermer la porte.
— Je la fermerai bien moi-même, dit Poyer, et avant que Philopémen eût eu le temps de faire la moindre résistance, Poyer était dans la maison et avait refermé la porte derrière lui.
Le laquais, luricui d'avoir été* si lestement repoussé Be mil \ jurer sui loun Ici tons, el s'emparaul enfin d'un énorme gourdin, il se mit i dire, en le brandissant au dessus de la tôle de Poyer : — Sa-
VCZ-VOUS bien, mauvaise canaille, que m VOUS ne VOUS en .illc/ pftg tout de suite, je \ais VOUS casser les reins!
— Si la Maricol ou Carmélite soûl icia dit l'étudiant, va leur dire
que ( 'esl Poyei qui demande à leur parler, Gt ni l'une ni l'autre ne
le conseilla o de i éslstei •
— \b i.î ! est-ce que lu i rote me faire peur? dil Phllopéfflcn. Vu-
t «II, OU je lape !
— Eli bien! 08e donc, répondit Poyer d'un air Indifférent.
Le laquais, emporté par ta colère el aussi sans doute pai ion bon droit, leva le bâton el en adressa un coup terrible à Poyer; mus celui-ci leva légèrement le bras au-dessus de sa léto, recul le bâton
dani Sa main ouverte, l'ai radia a Philopémen, et le jet uit dédaigneusemonl à l'autre bout du vestibule où il se trouvait, il rcpi'il avec une certaine imp aliénée, el avec la bailleur d'un liomme qui,
avant déclaré ses qualités, l'Irrite de les von méconnues : — Je i ai dit que j'étais Poyer el 'i'"' l'en tuerais dix couine toi Va dire a madame Maricol el a Carmélite qu'il tant quej i l< ur parle absolumi ni. Philopémen ne se tint pas pour battu cl crut trouver un obsl icle à la persistance de Poyer en lui disant : — Mais vous ne savez donc pas que vous n'êtes pas chez madame Haricot? Voua êtes" ici chez le marquis de Les!] .
— Oh! s'écria Poyer à ce nom, si le marquis de Lcslj est Ici, va lui dire que c'est le vicomte Hcrbius de Karadec qui le demande; il viendra, lui, j'en suis sûr.
Ce que n'avait pas pu la certitude (pue Poyer avait donnée à Philopémen de la supériorité de sa force, le titre de vicomte le lit l'inslanl même.
— l'ai ilon. monsieur, dit-il plus poliment ; mais monsieur le marquis n'est point ici, elje dois avertir monsieur (pie mon maille m'a défendu de laisser entrer qui que et; soit en son absence.
Poyer n'avait rien à dire à la raison du domestique. Alms. se jetant dans une de ces résolutions soudaines et violentes par lesquelles il sortait d'ordinaire des cas embarrassants où il se trouvait, il écarta vivement Philopémen en Jui disant : — Eh bien! tu lui diras que je suis entré par force, et, s'il te chasse, je te prendrai à mon service.
Aussitôt, et sans attendre la réponse du nègre, Poyer traversa le vestibule du rez-de-chaussée et gagna l'escalier. L'altercation que l'étudiant venait d'avoir avec le faux nègre avait été entendue dans la maison , et Poyer fut cruellement désappointé en trouvant fermées les portes qui donnaient sur les paliers du premier et du second. A ce moment, il était de fait le maître -de la maison, et il pouvait briser ces portes sans que personne lui fit obstacle. Cependant il s arrêta. Un léger bruit lui apprit que quelqu'un était dans une des chambres du premier.
11 s'approcha de la porte et prêta l'oreille.
Tout était muet. Alors il usa de ruse et fit semblant de descendre, ouvrit la porte de la rue, la referma avec violence, el remonta avec la légèreté et la rapidité d'un chat. Il arriva juste au moment où madame Maricot entr'ouvrait la porte, taudis que Carmélite regardait sur la route, à travers le rideau de mousseline de la fenêtre, et s'écriait : — Prenez garde, il n'est pas sorti.
Mais la Maricot avait été repoussée par Poyer au milieu de la chambre, à l'instant même où elle recevait cet avis de Carmélite.
La jeune fille se retourna au cri que poussa la vieille dugazon, et resta anéantie en se trouvant en présence de son premier amant.
— Prends ton châle et ton bonnet, et suis-moi, lui dit Poyer. ■ — Moi?... fit Carmélite.
Madame Maricot, revenue de sa surprise, pensa à une scène d'opéra -comique et, se posant en tante aurore, elle s'écria : — Qu est-ce que c'est que ça? Monsieur, d'où vous vient cette impertinence?
Poyer se tourna de son côté, et, au lieu de menaces et de paroles, il laissa échapper un sifflet aigu.
La Maricot resta abasourdie. Elle connaissait ce bruit, il lui avait bien souvent écorché les oreilles ; mais jamais il ne lui avait dit si directement et avec tant de force : Tu es mauvaise.
Carmélite, qui n'était pas très-savante dans les choses du théâtre, resta à son tour toute stupéfaite de l'abasourdissement de madame Maricot pour un méchant sifflet qui ne signifiait rien.
— Prends ton bonnet, et suis-moi, répéta Poyer.
Carmélite ne pouvait supposer dans Poyer d'autre projet que celui d'une vengeance brutale, matérielle; aussi se prit-elle à crier de toutes ses forces : — Au secours!... au secours!...
— On ne tue pas des filles de ton espèce, lui dit Poyer. Prends ton bonnet, et suis-moi. N'aie pas peur, je ne te ferai pas de mal. Il faut que nous avons ensemble une explication.
Carmélite jeta autour d'elle un regard éperdu, et voyant, au silence qui régnait dans la maison, que personne ne viendrait à son aide, elle préféra sortir avec Poyer.
CONFESSION GENERALE
ttt
Fcmlilo. un moyen <i'ai réter ou de désarmer 1» vengeance de Poyef. En un instant Carmélite lui proie, et elle dit à Poyer : — Je "suis prèle à vous suivre : où allons-nous?
— A Rennes.
— Chez qui?
— Vous le verrez.
Carmélite ne douta point que ce ne fût chez le marquis de Lesly.
En sortant, et tandis que Poyer, préoccupé du projet qu'il méditait depuis le malin, prenait la route de Rennes, Carmélite aperçut à l'angle d'un bouquet d'arbres la mère Leleu qui semblait guetter les événements.
— Va chercher mon père et mes frères, lui cria-t-elle.
Poyer la saisit brusquement par le bras, et regarda autour de lui.
La mi iv Leleu s'était blottie derrière un buisson.
Après ee premier mouvement de violence, Poyer retomba dans la sombre résolution qu'il avait prise, et entraîna Carmélite en lui disant : — Ton père, ni tes frères n'y feront rien. Qu'ils viennent, s'ils veulent... ils sauront ce que tu es; il n'y a pas de mal à cela.
Carmélite, très-décidée en apparence, sentit cependant son courage faiblir à mesure qu'elle approchait de Rennes. S'il n'y avait pas de pudeur timide dans son âme, il y avait un orgueil extrême qui arriva au même résultat. Elle n'avait pas cette terreur tremblante d'une pauvre fille qui sait qu'on va proclamer sa honte; «nais elle éprouvait la colère d'une femme qui ne reconnaît à personne le droit de l'insulter.
Aussi s'arrêta-t-elle tout à coup, et dit à Poyer : — Je n'entrerai pas à Rennes avec vous.
Poyer se mit à rire.
— Vous êtes assez fort pour m'y porter, lui dit Carmélite ; vous êtes assez brutal pour me battre... "mais je ne marcherai pas.
Et elle s'assit au bord d'un fossé.
— Il faut pourtant que tu viennes, dit Poyer, que cette résistance surprit.
— J'irai où vous voudrez... je ne vous crains pas... Mais j'irai seule... vous d'un côté, moi de l'autre... comme si nous ne nous connaissions pas.
— Tu veux m'échapper... n'y compte pas... Je suis1 résolu à tout. Allons, prends mon bras et suis-moi.
— Je ne veux pas... je ne veux pas passer dans les rues de Rennes comme une fille perdue.
Poyer la regarda avec "stupéfaction.
— Non, reprit Carmélite, je ne veux pas être perdue de réputation.
— Toi, lui dit Poyer en ricanant, c'est par trop plaisant !
— Ecoute, Poyer, lui dit Carmélite, lu es fou... tu ne sais pas ce que tu vas faire; mais tu vas jouer un jeu où tu perdras plus que moi. Prends garde.
— Oh ! dit Poyer avec une sombre amertume... ce que j'ai à perdre est perdu. Que puis-je risquer encore? d'être tué !... Eh! mon Dieu, je ne demande pas mieux.
En prononçant cette dernière parole, une larme s'échappa de l'œil de Poyer : Carmélite la vit.
— Où veux-tu que j'aille? lui dit-elle; j'irai...
La faiblesse qui s'était emparée du cœur de Poyef fit place à un mouvement de rage extravagante.
— Viens... viens, lui dit-il, il faut que ce soit comme ça... Je le veux... je le veux !
Carmélite savait que la volonté de Poyer deviendrait d'autant plus implacable qu'elle y opposerait plus de résistance.
La force de Poyer, comme toutes les forces excessives, était de celles qu'on fatigue en leur cédant.
Carmélite se leva d'un air tremblant et soumis, et se reprit à marcher à côté de Poyer, mais sans prendre son bras cette fois.
Elle-même accéléra sa marche; si bien qu'au bout de quelques instants, ce fut elle qui devança Poyer. L'étudiant la considéra marchant ainsi devant lui, le visage au ciel, essuyant avec colère les larmes qui l'inondaient, belle de toute la splendide beauté de la jeunesse, avec sa taille flexible, déliée, son allure assurée, ses membres fluides et délicats, sa haute stature, et mille pensées venaient à l'esprit du terrible jeune homme.
— Oh ! se disait-iL c'est moi qui ai pris cette jolie fille dans son innocence ! c'est à moi qu'a appartenu cette beauté accomplie dans sa virginité! J'ai senti frémir dans mes bras, bondir sous mes baisers cette enfant s'enivrant de mon amour; et c'est maintenant à un autre qu'appartiennent ces transports, ces caresses, ces enivrements.
Et alors il prenait à. Poyer un de ces mouvements de rage qui font qu'on tue sur place la femme qu'on aime et qui vous trompe.
Puis un moment après, lorsqu'il songeait au malheur qu'il allait jeter sur cette jeune fille sans défense, et dont le premier tort était de l'avoir aimé et d'avoir cru à ses serments, il se sentit arrêté par un remords qui l'irritait contre lui-même.
Mais Poyer souffrait trop pour que ce retour gui lui-même fût de longue durée.