CONCLUSION
Bien des années après, quand celui qui publie ces manuscrits et /qui les a mis en ordre voulut savoir de celui qui les lui confia quel pouvait être le mystère que renfermait le dernier manuscrit de madame de Varneuil, voici ce qui lui fui répondu :
— Comme je vous l'ai dit, j'ai connu Valvins, Fabien et Deville, dans les Etats de l'Amérique du Nord; ils habitaient tous trois une magnifique ferme qu'ils faisaient valoir. Ils passaient pour les plus riches propriétaires du canton, et leur existence' solitaire avait donné lieu aux plus étranges suppositions.
Les uns disaient que c'étaient de grands criminels, qui cachaient leurs véritables noms pour éviti r l'exécration universelle qui les eût frappés, même dans ces contrées éloignées, si on les avait connus; d'autres prétendaient que c'étaient des hommes politiques qui voulaient fonder un parti pour amener une révolution dans le pays.
Enfin, il n'est sorte de propos auxquels les trois solitaires ne fussent en butte.
Cependant la régularité de leur conduite ramena bientôt les esprits; quelques familles notables essayèrent d'établir des relations suivies avec eux. On disait même que' quelques unes des plus belles et des plus riches héritières des environs avaient souvent laissé
croire à ces messieurs qu'une visite de leur part serait favorablement accueillie; mais la coquetterie des jeunes filles les avait trouvés aussi insensibles que les avances des grands parents, et on avait enfin renoncé à l'espoir de les arrachera leurs habitudes taciturnes et solitaires.
Vingt ans s'étaient écoulés depuis que Fabien, Valvins et Deville s'étaient établis en Amérique; j'étais devenu leur ami, après avoir été appelé près d'eux comme leur médecin.
Lue maladie contagieuse s'était déclarée : Fabi mba le pre-
mier, Deville le suivit quelques jours après, et Valvins, atteint à son tour, vil approcher la mort avec une sotte de joie.
Depuis longtemps je savais le secret de l'existence de ces trois homme.--: depuis longtemps je savais pourquoi ils s'étaient condamnés à celle complète séparation du monde. Ce fut alors que Valvins, sentant venir ses derniers moments, me remit ces manuscrits que je vous confie à mon tour; et c'e>t alors que je lui adressai a lui-même la question que vous venez de nie l'aire.
Voici quelle fut sa réponse :
— Croyez-vous qu'il y ait quatre hommes capables d'avoir dit à une femme :
CONl'KSSION f.ÉNÉR \I.K
«Ta tête lit prosci ite: il -iiiiii que je prononce ton lonteras mr l'ecliafaud. Veux lu que ie te sauve? Si
nom , et lu monteras sur rechataud. veux lu que je te sauveT si tu le veux, donne>moi le prix de mon silence. >■ ^
Penaes-vous qu'une pauvre Bile tremblante, sans couran»4fllis conseil, Bans appui , ail pu succomber dpyajjL.une pa yille ,ineK
gpnsez-vous qu'il ail pu se présenter nue reumon de cïApnstances *i extraordinaires, que ces quatre hommes aient pu faite subir à J.i même femme le même outrage, dans un^gpacc de temps qui nnnW
prend à peine doux joursr^royei voks cela possible? Les supportions >iu«' me^foumettait \al\uis étaièVrt si extraordi-
naires, que je lui répondis immédiatement: — Non, je m' puis
■ i .1 de pareils crimes SI à de si bizarres événements.
— En ce ca i, me répondit Valvins, si ce n'est pas ce que je viens de vous dire; si Noël ne s'est pas trouvé dans celle horrible position, de ne savotiL&uqucI de ces quatre hommes il devait le mgjheur de vivre, si cela n'csl pas ainsi, personne au monde ne pourra écrire le véritable dénoûmenl de celle histoire.
\WLl ce qui lui répondu par Valvins au docteur... voila Ce «pie le
octetnM*.. a répéteau collecteur de. ces manuscrits, el vona la
ulr conclusion <p4»! celui-ci puisse, dofnier à se\lectcui .
Hur le lit où elle était morte, on trouva Noël étendu.
FIN DUNE CONFESSION GÉNÉRALE
Paris. — Imprimerie Walder, rue Bonaparte, 44.
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