Chapitre XXXIII. Les Allemands étaient autrefois dans
l'usage d'ajouter au nom du mari une désinence féminine pour former le nom de la femme. Par exemple , le mari de l'aubergiste dont il est parlé dans ce chapitre pouvait s'appeler Kœnig, Roi. Dès lors la femme s'appelait madame Kœnigin, ce qui signifie littéralement la Reine^ mais doit être rendu en français par madame Leroy.
Chapitre XXXIV. Les Allemands ont plusieurs proverbes qui prouvent que les pèlerinages à Rome n'étaient pas chez eux en grande estime. Celui qu'on cite dans ce chapitre est un des moins connus. Voy. chapitre LXXXIV.
Chapitre XXXV. La source de cette histoire est dans le Fabliau de la m.... (Barbazan, III, 35), ou dans une bouffonnerie attribuée à Gonella par le Pogge, ou dans les facéties de Bebelius.
Je n'ai aucun renseignement à donner sur le poisson nommé Levulvonder, qui produit l'ambre. On sait aujourd'hui d'où vient cette substance.
Chapitre XXXVI. Lappenberg cite plusieurs contes de gens peu confiants, qui se sont laissé tromper en prenant leur propre bien en garantie de ce qu'ils livraient. Il aurait pu mentionner le Fabliau du Bouchier d^Abeville (Barbazan, IV, i) et la nouvelle CXVill de Bonaventure Despériers. Voy. Édition Louis Lacour. Paris, 1856. In- 16, p. 1 1. [Bibliothèque elzevirienne.)
Chapitre XXXVII. Haut Egelsheim est un village entre Brunswick et Hildesheim.
Chapitre XLIII. Il manque, dans l'original, un chapitre entre celui-ci et le quarante-unième. On a numéroté les chapitres ici comme dans l'original, afin d'éviter les erreurs dans les citations et renvois.
Chapitre XLVI. Ce qu'Ulespiègle donne ici pour du suif, d'autres l'ont donné pour des friandises. Il y a une histoire de ce genre dans les facéties de Gonella. Voir aussi VHeptaméron de la Reine de Navarre^ Nouvelle LU, Du sale déjeuner préparé par un valet d^ apothicaire à un avocat et un gentilhomme.
Chapitre LV. On trouve dans Barbazan, III, 87, Thistoire de Chariot le Juif, qui, mécontent de ce qu'on ne lui avait donné qu'une peau de lièvre, met dans cette peau tout autre chose qu'un chat, et fait si bien que celui qui la lui a donnée y fourre la main. Dans le chapitre XCII d'Ulespiègle, un vase joue le même rôle que la peau de lièvre de Chariot le Juif.
Chapitre LVII. Ce tour de passe-passe, avec deux cruches dont l'une est pleine et Pautre vide, est raconté dans les Repeues franches. Voyez Œuvres de Villon, édition citée, p. 265.
Le cellier du Conseil, à Lübeck, existe au moins depuis le Xllic siècle. Le Sommelier était un personnage important
Chapitre LVIII. La condamnation au gibet prononcée contre Ulespiègle pour vol d'une cruche de vin paraît bien rigoureuse. Lappenberg fait observer que, d'après le Sachsenspiegel, un voleur ne pouvait être condamné à être pendu lorsque le vol n'atteignait pas la valeur de trois escalins ; mais c'était là le droit commun. Pour un vol commis au préjudice du cellier du Conseil, la pendaison était ordonnée si la valeur s'élevait à dix-huit deniers {pfenninge). Le simple fait d'avoir quitté le cellier du Conseil sans avoir payé la dépense faite était puni du bannissement à perpétuité.
Pour rendre le dénoûment plus vraisemblable, j'ai adopté la leçon d'une édition d'Anvers, relativement à ce qui devait être fait après la mort d'Ulespiègle.
Chapitre LXî. Dans les Repeues franches (édition de Villon déjà citée, p. 285), un galant paye son hôte en lui faisant entendre le son de son argent et en chantant : Faut payer son hoste, son hoste! Imité par Despériers, édition citée, p. 122.
Chapitre LXIII. Il y a ici un anachronisme. Le comte de Supplenburg fut élu empereur d'Allemagne en 1125, sous le nom de Lothaire II, tandis qu'Ulespiègle mourut, dit-on, en 1 3 ço. Mais c'est à tort qu'on a prétendu que les lunettes n'ttaient pas inventées à l'époque où vivait notre héros.
Regarder entre les doigts est une locution allemande qui désigne l'art de ne voir des choses que ce qu'on en veut bien voir.
Chapitre LXV. Encore un chapitre dont le titre n'est pas d'accord avec le texte. Au lieu d'un tour joué à un Français, à Paris, on voit une malice faite à un maquignon de Wismar.
Chapitre LXVII. Gerdau est un village dans le voisinage de Bodenteich. Il y avait à Ebstorf un cloître de bénédictines pour quarante-six religieuses, avec un prévôt. Inutile de dire que la célébration de la cinquantaine n'est pas nécessaire pour confirmer la validité du mariage, pas plus que les moines n'ont besoin de renouveler leurs vœux.
Chapitre LXVIII. Un conte analogue se trouve dans le Pantchatantra et dans une foule de recueils de l'Orient et de l'Occident.
Le texte dit : Grun lundisch tuch, drap vert de Londres. L'Angleterre fournissait en effet beaucoup de drap à PAllemagne.
Les moines écossais avaient un couvent à Erfurt. Ils étaient de l'ordre de Saint-Benoît, et valaient au moins autant que les autres moines.
Chapitre LXIX. Ulespiègle, qui employait toujours le mot propre, se moque ici à sa manière d'un baigneur prétentieux et beau parleur.
Chapitre LXXI. Voir le Fabliau de Cortebarbe , des trois avugles de Compiengne [Barhazàn, III, 398). Un clerc rencontre trois aveugles, et leur dit qu'il leur donne unbesant. Us vont le dépenser. Il les dégage ensuite des mains de l'hôte de la même façon qu'Ulespiègle. Dans les Repeaes franches (édition de Villon déjà citée, p. 259), le garçon chargé de porter le poisson acheté à crédit est mis entre les mains d'un confesseur, qui le retient pendant qu'on emporte sa marchandise. Dans Morlini, nouvelle XIII, un Espagnol agit de même envers un paysan qui lui avait vendu des poules. Cette histoire a été reproduite par Straparole ,
XIIF nuit, fable II. Voir mon édition de ses Facétieuses Nuits, 1857. T, I, p. LIV.
Chapitre LXXII. Le procédé employé par Ulespiègle pour dégoûter ses hôtes de manger du rôti a beaucoup d'analogie avec la manière d'avoir des trippes pour dîner, décrite dans les Repeues franches, édition de Villon déjà citée, p. 263.