SUR LOUVET. XV
pliquer la peine. « Représentants, dît Louvet, » après avoir renouvelé son opinion, vous allez » prononcer un Jugement irréparable : puisse le » génie tutélaire de ma patrie détourner les maux » qu on lui prépare ! puisse sa main toute puîs- » santé vous retirer de labîme où quelques am- » bilieux auront contribué à vous précipiter! » puisse sa main vengeresse écraser les nou- » veaux tyrans qu'on nous garde! Les dangers » de la république deviennent immenses et pres- » sants. Mais son salut est encore dans vos mains, » Gardez de passer vos pouvoirs; rendez hom- » mage aux droits de ceux qui vous ont envoyés; » et si, pour avoir rempli vos devoirs, vous devez » tomber sous le poignard, vous tomberez du » moins dignes de regret, dignes d'estime. Le » temps, les hommes, les circonstances peuvent » changer. Mais les principes ne changent Ja- » mais; Je ne changerai pas plus que les prin- » cipes. »
La voix de Louvet fut une de celles qui ne comptèrent pas pour la mort.
L'appel nominal était à peine terminé, qu'on remit au président deux lettres dont Garon- Cou- Ion demanda la lecture. Mais Danton s'étant levé, empêcha ce représentant dé motiver son opinion. .Le fougueux Louvet lance sur lui des regards terribles, et s'écrie : « Tu n'es pas encore » roi, Danton! quel est ton privilège pourétoufi fer nos voix ? »
byGoogk