XVI NOTICE
Louvet se prononça avec la même force en faveur du sursis. Son courage et son éloquence semblaient s'accroître avec les dangers. Ce fut à son sang-froid et surtout à sa prévoyance active que les Girondins durent leur salut dans la journée du 10 mars. On sait qu'à cette époque le général Dumouriez, battu à Nerwinde, cherchait à sauver sa tête en négociant au-dehors avec Cobourg, au-dedans avec la faction d'Orléans.
Robespierre, Danton et Marat étaient, chacun avec des vues différentes d'ambition personnelle, les principaux agents de ce parti, et Louvet n'a jamais douté que, vendus aux pui^ssances, mais en même temps tout prêts à s'emparer de l'autorité, si l'occasion devenait favorable, ils dirigeaient leurs crimes d'après ce double intérêt. C'est ainsi qu'il en avait parlé aux Girojidins, mais aucun d'eux n'osait faire de cette hypothèse la base de sa conduite politique. Aussi, disait-jl souvent : Ces hommes courent à l'échafaud ; il faudrait promptement me séparer d'eux, si leur cause n'était pas celle du devoir et de la vertu. /
Le hasard vint enfin dessiller leurs yeux. Un ami de Guadet, récemment sorti des prisons d'Autriche, lui apprit que le général Cobourg se flattait que vingt-deux têtes tomberaient avant peu dans la convention. Le représentant rit d'abord de cette étrange prophétie ; mais quel fut son étonnement, lorsque huit jours après le m^ire Pache se présenta à la barre de l'assemblée