SUR LOUVET. XXIII
» leur, péril et tourment par sa continuité. »
Louvet avait rejoint Lodoiska, mais ses cruelles épreuves n'étaient point à leur terme : à Paris comme dans la Gironde, il tenta tour à tour, et tour à tour éprouva la constance de ses amis; comme dans la Gironde, il fut forcé de reconnaître que le malheur porte avec lui le sceau de la réprobation, et que semblable à un fléau contagieux, il éloigne tout de ses approches.
Le Jura lui offrait d'impénétrables cavernes, Louvet courut s'y réfugier. « De l'antre profond » où Je m'étais Jeté, sur les âpres montagnes qui » de ce côté limitent la France, je voyais, je tou- » chais, pour ainsi dire, l'antique Helvétie. Au » premier bruit, à la moindre alarme, je pouvais » me précipiter sur le territoire neutre, puis » ayant vu passer Tennemi, remonter à ma re- » traite, et rentrer en même temps dans ma pa- » trie. »
C'est dans cet asile que Louvet, pressé par le besoin de soulager son cœur, entreprit de raconter, avec cette vivacité d'expression qu'il sut répandre dans tous ses écrits, les détails de sa fuite et de ses périls. Son ouvrage, dicté pour l'histoire, produisit à sa naissance beaucoup de sensation ; il fut traduit dans presque toutes les langues de l'Europe.
Mais le 9 thermidor vint rendre Louvet à sa patrie. Non pas à ses fonctions ; tous les jacobins de la Convention n'étaient pas encore abattus, et
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