‹ Les aventures du chevalier de FaublasChapitre 19 sur 37 · XXVI NOTICE · texte numérisé non relu

XXVI NOTICE

les lois organiques de la constitution, il s opposa à la création d'un comité unique de gouvernement, et soutint la nécessité d une loi contre les provocateurs. Sa constance lui mérita la haine des contre-révolutionnaires. Ces anarchistes qui, sous le règne de La Montagne, n'avaient pas trouvé assez de bassesses pour se faire oublier, fiers alors par l'absence du danger, se montraient escortés d'assassins, vieux compagnons de Marat, et haranguaient la populace, du haut de ces mêmes bornes où les avaient précédés Hébert et Henriot. Louvet eut plusieurs fois l'honneur de s'entendre insulter par eux. Un jour, poursuivi dans les rue^ par une troupe de gens armés de bâtons, qui le menaçaient en chantant derrière lui le réveil du peuple, il les conduisit sans se déconcerter jusqu'à sa demeure, ouvrit sa porte, se retourna vers la foule, et ne rentra dans sa maison qu'après leur avoir adressé ce vers de la Marseillaise : « Que veut cette horde desclaves? »

Louvet menacé par les terroristes de 1795, comme il l'avait été par ceux de 1793, demeura fidèle aux principes d'éternelle justice qui réprouvent les instruments de toutes les tyrannies. Il vota avec véhémence pour que les députés, accusés de complicité dans les excès du i^r prairial, ne fussent pas traduits devant une des commissions militaires, dont l'existence lui paraissait aussi barbare, aussi attentatoire à la liberté que celle

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