‹ Les aventures du chevalier de FaublasChapitre 5 sur 37 · NOTICE · texte numérisé non relu

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lui témoigner leur reconnaissance et leur estime, ils le désignèrent pour le département de la justice. Efifrayée de cette résolution, la faction ennemie employa toutes ses ressources pour la combattre. On n'épargna ni les menaces ni les calomnies, et le portefeuille fut confié à un homme nul. Cette faiblesse du gouvernement enhardit des ^adversaires qu'il avait cru calmer par une condescendance. On sait jusquà quel point ils poussèrent depuis leur audace.

Lié d'une étroite amitié avec le ministre Rolland, dont Thôtel était le rendez-vous des partisans d'une sage liberté, Louvet devint l'âme de ses conseils. Ce vertueux citoyen le chargea de rédiger la Sentinelle, journal affiche qu'il destinait à neutraliser les funestes doctrines des démagogues. Louvet en s'acquittant de cette tâche n'observa pas toujours les principes d'une rigoureuse justice, et son excès de zèle pour la liberté lui fit perdre Tambassade de Constantinople, que Dumouriez, alors tout puissant, lui destinait. Ses amis crurent re'parer cette disgrâce en lui offrant la place de commissaire à Saint-Domingue; mais il la refusa, pour ne pas quitter sa patrie au moment où elle était en proie aux plus épouvantables convulsions.

Louis XVI était dans les fers, et la Montagne s'élevait sur les débris de ia royauté : la Convention, à peine formée, était déjà en butte à de voilentes attaques. Ceux de ses membres qui pro-

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