SUR LOUVET. XI
fessaient des opinions honorables, voyaient planer sur les têtes le fer des terroristes. Louvet, que le département du Loiret avait spontanément choisi pour le représenter» méritait Thonneur d^une proscription spéciale. Il n'avait vu, dans la journée du 10 août, que le salut de la France; mais son erreur ne dura pas longtemps. Il entrevit bientôt qu'un grand amour pour la repu* blique pouvait servir de masque à d'ambitieux projets. Persuadé, d'ailleurs, que les fureurs révolutionnaires ne tendaient à rien moins quà faire regretter l'ancien ordre des choses, il déclara une guerre à mort à la faction des cordeliers. En vain lui fit-elle des offres de rapprochement, pouvait-il en exister entre une âme si généreuse et cette horde de bourreaux? Un rapport de Rolland à la Convention lui fournit l'occasion de faire éclater son indignation. Robespierre, qu'on y désignait comme aspirant à la dictature, se leva pour se justifier. « Quoi, disait il, il suffirait, » pour nous interdire la parole, que quelques n intrigants abusassent de votre confiance et de » l'immense autorité dont vous êtes investis! » Quoi î lorsqu'ici il n'est pas un seul homme qui » osât m'accuser en face en articulant des faits » positifs contre moi ; lorsqu'il n'en est pas un » qui osât monter à cette tribune, et ouvrît avçc » moi une discussion calme et sérieuse.... »
Louvet (1 interrompant) : Je demande la parole pour accuser Robespierre !
byGoogk