AMOUR
Les heures éblouissantes Et passagères, t'ont lui ; Et les bouches caressantes Et menteuses, t'ont dit oui ; Juste assez pour que tu sentes Que tout ton bonheur a fui...
ESPOIR DAIMER
Espoir d'aimer
Miranda, relève les i-ideattx frangés de tes yeux et dis-moi ce que tu vois là-fias... Shakespeare. — La Tempête.
MALGRÉ notre ironie et la fièvre de voir, Triste ou gai, laid ou beau, le vrai dessous du inonde, Nous n avons pu tuer encore tout espoir De quelque passion profonde.
Il n'est pas mort, l'espoir d'aimer et d'être aimé, Cet espoir enfantin dont notre esprit se raille. Et qui fleurit en nous, comme une fleur de Mai Aux crevasses d'une muraille.
Notre Ame est le palais des légendes où dort Une jeune princesse en robe nuptiale, Immobile et si calme!... On dirait que la Mort A touché son visage pâle.
Elk dort, elle rêve, et soupire en rêvant ; Une larme a roulé lentement sur sa joue. Elle se rêve errante en barque au gré du vent Sur l'Océan qui gronde et joue.
Elle ne le voit pas, le beau Prince Charmant, Qui chevauche parmi les plaines éloignées, Et s'en vient éveiller sa Belle au bois dormant De son sommeil de cent années.
Un manteau de velours aux agrafes d'argent Flotte sur le jeune homme, et son cheval qui fume Hâte vers le château son pas intelligent Sous le soleil et dans la brume.
Mais elle, oh ! que ses yeux tendrement souriront. Lorsque, se relevant sur sa couche embaumée, Tout son sang virginal inondera son front A s'entendre tout bas nommée !
Nous aussi, ce sera la fête dans nos cœurs, Quand l'Amour, cavalier ailé que rien n'arrête, Viendra nous réveiller du sommeil et des pleurs En rouvrant la porte secrète.