‹ Les aveux; poésiesChapitre 2 sur 56 · ESPOIR D AIMER · texte numérisé non relu

ESPOIR D AIMER

Amour, Amour, le lierre enlace le château, Les mousses ont rongé le blason qui s'efface, Les cent ans vont finir ce soir ; oh ! viens bientôt. Beau cavalier que rien ne lasse!...

L'Amour naissant

L'amour naissant remplit l'Ame qu'il va griser D'un frémissement chaste et doux comme un baiser D'une sœur à son frère, ou d'une fiancée A l'amant qui n'a d'elle encor que sa pensée... L'amour naissant est pur comme une piété. Tout ce qui frémissait en nous de révolté, De mauvais, de haineux contre le passé même, S'apaise a ces seuls mots mystérieux : fe l'aime! Et ces seuls mots sont un abîme de douceur Insondable, où l'on sent défaillir tout son cœur.

Analyse

QUAt^D f aimais, quand j'étais aimé, — joie- iiuioceiilc, Faut-il que plus jamais mon cœur ne te ressente? — Les Arbres où passait l'âme des vents glacés N'attristaient pas mes yeux. . . Ah ! Beaux matins passés!. . . Et l'automne lointain de cette unique année A-t-il donc épuisé ce que la destinée Me gardait de bonheur et de vrai sentiment?... Aujourd'hui, si mon cœur tremble, je crois qu'il ment; J'ai peur de retrouver dans ses folles extases Le souvenir umudit des livres et des phrases, Et si, seul avec vous par ce frileux matin. Je regarde en rêvant les arbres du jardin, C'est que la douloureuse et secrète pensée Me vient en revoyant sous la brise glacée Les arbres effeuillés joncher le vert ga^on Comme aux matins enfuis de l'ancienne saison.

Les Yeux et la Voix

Elle avait la voix chuchotante comme il sied a une femme...

Shakespeare. — Le Roi Lear.

QUAND l'Amie est là qui nous laisse Nous anéantir dans ses yeux^ Les longs regards silencieux Suffisent presque à la tendresse.

Mais quand elle est loin, l'on voudrait Se rappeler quelque mot tendre Dont l'accent seul eût fait entendre Ce quelle éprouvait en secret.

On voudrait quelle eût dit : a Je t'aime l » Qu'elle l'eût répété cent fois ; Il nous semble que dans la voix Était l'évidence suprême!...

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