‹ Les aveux; poésiesChapitre 23 sur 56 · LA ROMANCE D'ARIEL · texte numérisé non relu

LA ROMANCE D'ARIEL

DANS l'âme d'Ariel une musique vibre, — 0 Miranda, — c'est la musique de ta voix, Oui lui donne un regret du lien d'autrefois Et la haine de l'heure oh le Duc l'a fait libre.

Il cherche un frais recoi)i de Vile pour s'asseoir, Frêle esprit au milieu de la fougère frêle ; Autour de lui l'eau bleue aux arbres verts se mêle Et sa lente chanson s'élève avec le soir. . .

« Au long de ces montagnes douces, Dis, viendras-tu pas à l'appel De ton délicat Ariel Qui velouté à tes pieds les mousses ?

« Suave Miranda, je veux Quil fasse juste asse^ de brise Pour que ce souffle tiède frise Les pointes d'or de tes cheveux.

« Les clochettes des digitales Sur ton passage tinteront.

Les êglantines sur ton front Effeuilleront leurs blancs pétales.

(( Sous h feuillage du bouleau Blondira ta tête bouclée, Et dans le creux de la vallée Tu regarderas bleuir Veau,

« L'eau du lac lumineux ou sombre, Miroir changeant du ciel d'été.

Oui sourit avec sa gaîté, Et qui s'attriste avec son ond^-e;

« Symbole, hélas! du cœur aimant.

Où le chagrin, où le sourire.

De l'être trop aimé, se mire Gaîmcnt ou douloureusement. . . >•

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