NOSTALGIE AU BORD DE LA MER
SI nous n'avions jamais quitté La maison que nous habitâmes Près de la mer, durant Vété Oh se mêlèrent nos deux âmes;
Si l'obscur, le cruel destin N'avait pas exilé ma vie Loin des tamarins du jardin Où je t'ai connue et chérie;
Si les flots, 710S vieux confidents, Nous avaient toujours fait entendre, Tantôt leurs cris durs et stridents.
Tantôt leur plainte triste et tendre,
Vois-tu, nous n'aurions pas cessé
De nous aimer sans défiance :
Je le sens au regret glacé
Oui frissonne en moi quand j'y pense!.
Et je ne viendrais pas ce soir.
Tout seul, dans le vent et la bruine, Près de la mer morne m'asseoir Le cœur inondé d'amertume,
Tandis que sur mon pâle front De grands oiseaux aux cris sauvages Éperdunient tournent en rond Sous un ciel chargé de nuages.
J''iiCRivis un nom sur la grève.
Mais le flot Vent vite effacé. . .
— Ainsi s'efface, comme en rêve, Jusqu'au, nom d'un amour passé.
Ce nom gracieux, que de femmes, Têtes charmantes, l'ont porté!
— Mais le temps est semblable aux lames, Il a balayé leur beauté.
Et toi-même, enfant adorable A qui je songeais ce matin En gravant ton nom sur le sable, Tu n'auras pas d'autre destin ;
Et dans cent ans, lorsque la terre Tous les deux nous recouvrira, Sur cette grève solitaire Un autre jeune homme viendra
Ecrire un autre nom de femme, Le nom de sa maîtresse à lui, Nom délicieux que la lame Effacera comme aujourd'hui.