‹ Les aveux; poésiesChapitre 31 sur 56 · AUTRE SOUVENIR · texte numérisé non relu

AUTRE SOUVENIR

EN respirant l'odeur si douce d'un tilleul, Dans cet air étranger où je me sens si seul, Je me suis souvenu de V ancienne Aimée, Et parmi tant de soirs, d'un soir déjà lointain, Et de la longue allée obscure d'un jardin Que ce même arbre en fleur avait toute embaumée.

Ce parfum, par ce soir de songe, était si doux Ou il semblait défaillir d'ivresse comme nous; L'âme des fleurs s'était à la nôtre mêlée. Tant nous nous embrassions dans l'arôme enchanté, Frisson voluptueux du soir mourant d'été Oui traînait tout au long de la féerique allée.

Il passe ces soirs-là des anges dans h vent; Sur leur aile invisible ils errent, enlevant Son âme extasiée à la fleur qui se pâme, Car il est pour les fleurs un divin paradis Où vivent les parfums des printemps de jadis. Ah ! si l'ange des fleurs eût pris aussi notre âme !

S^il eût cueilli parmi ces tilleuls reposés

Nos deux souffles unis dans ces heureux baisers.

Il n'eiit pas distingué ton âme de la mienne.

Et le meilleur de nous pour l'immortalité

Demeurait confondu, comme en ce soir d'été

Mon rêve et ton amour, les fleurs et notre haleine.

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