‹ Les Avocats du Parlement de Franche-ComtéChapitre 5 sur 117 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

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« Bon droit a besoin d'aide », nous dit un vieux proverbe. Il semble bien que ce soit dans cette brève formule, dictée par la sagesse de l'expérience, qu'il faille chercher la plus claire et la plus noble définition du rôle de l'avocat. Prêter son aide et son secours à celui qui à pour lui le bon droit, mais qui par inexpérience, par ignorance, ne peut le faire valoir comme il faut, c'est là une belle acception de la profession de l'avocat, c'en est indiquer la raison d’être. C’est dire en même temps que dès que la justice a reçu dans un pays un commencement d'organisation, que des règles et des formes lui sont imposées, le besoin de l'avocat se fait sentir, la nécessité de son rôle pour la bonne administration de la justice se précise. L'avocat devient « comme le complément nécessaire de la magistrature, comme le surveillant naturel des tribunaux, comme suppléani à leurs défauts, comme faisant presque partie de l’erdre judiciaire ! ».

Aussi, dans tous les temps et à loutes les époques, on a connu les avocats. En Grèce, ils occupaient la pre-

1. Meyer, Esprit, origine et progres des institutions judiciaires des principaux pays de l'Europe, t. Ie', p. 543.

Die

mière place dansla république. A Rome, on les comblait d'honneurs. En France, le ministère des avocats S’affirma, dès que la justice s'éloigna du chaos de la féodalité. Par leur savoir, par leur talent, par leur mérite, les avocats arrivérent vite à prendre une place prépondérante dans l'administration de la justice. C’est pourquoi le chancelier d’Aguesseau a pu dire, en parlant de l’ordre des avocals, qu'il élait « aussi ancien que Ja magistrature, aussi nécessaire que la justice, aussi noble que la vertu ! ».

La reconnaissance par le plus grand nombre des qualités d'indépendance et de liberté de cet ordre n'allait point parfois sans quelque envie de la part de ceux-là même qui, appelés à collaborer tous les jours avec lui, auraient dû proclamer bien haut son mérile el sa verlu. « [1 y a dans la ville, dit La Bruyère, la grande et la petite robe; la première se venge sur la seconde des petites humiliations que la cour lui fait essuyer : de savoir où la grande finit et où la petite commence, ce n’est pas chose facile; il s'y trouve même un corps considérable qui refuse d’être du second ordre et à qui l’on conteste le premier. On l’entend dire avec raison que la noblesse de son emploi, l'indépendance de sa profession, le talent de la parole et le mérite personnel balancent au moins les sacs de mille francs que le fils du partisan ou du banquier a su payer pour son office ?. »

Dans l'étude que nous nous proposons de faire des avocats du parlement de Franche-Comté, nous verrons tout cela. Nous assisterons à la naissance de l’ordre des avocals dans la province, nous constaterons son dévelop-

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