Collection Dunand, man. 13, B. B
2. Recueil, n° 4149, B. B. Op. cit, t. I, p. 132. | 3. Même recueil, p. 136.
remettre les sacs des procès ‘et discutant les moyens de l’une et de l’autre partie. Avec une indépendance qui les honoraïit, les avocats généraux s’excusèrent, ne voulant point usurper une place qui n'était point la leur ?.
En apprenant, du reste, les condamnations des parlementaires à l'exil, les avocats qui n'avaient pas encore donné leur démission l'avaient aussi envoyée au greffe ; devant les événements, la lettre conciliante du chancelier ne pouvait plus rien.
Pour remplacer les avocats défaillants, la Cour autorisa les procureurs à plaider. Quelques-uns acceptèrent de plaider dans les causes ouvertes, mais ensuite ils S'Y refusérent ; cette dernière ressource, la suprême espérance de M. de Boynes, venait encore à manquer *.
Durant trois années, jusqu’en novembre 1761, les avocats restèrent éloignés du palais. Il fallut la démission de M. de Boynes pour leur permettre de reparaitre à la barre. Les parlementaires exilés furent rappelés, et dans leurs remerciements adressés au roi le 25 novembre 1761, rendant justice au barreau qui n’avail pas craint de les soutenir, quoi qu'il lui en coûtât, ils s’écriaient : « Si la retraite du barreau nous laisse encore quelques souhaits à former, nous osons nous flaiter que ce nuage se dissipera, et que cet ordre, si fécond en vrais citoyens, dont la conduite est toujours dirigée par
1. Les sacs contenaient les différentes pièces des affaires ; ils correspondaient à ce que l’on appellerait aujourd'hui le dossier d’une affaire.
2. Recueil de pièces, n° 4151, B. B., t. IV. Journal de ce qui s’est passé au parlement de Franche-Comté séant à Besançon,.et de ce qui a donné lieu à la dispersion de trente des soixante-trois membres qui composent ce parlement, p. 51.
3. Recueil de pièces, n° 4151, B. B., t. IV. Journal de ce qui s’est passé au parlement, op. cit., p. 52 et suiv.
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des motifs dignes de la noblesse de leur profession, concourra de tous ses efforts au retour d’une tranquillité solide 1 ». Les avocats avaient eu part à l’allégresse générale qui célébrait le retour des exilés ?, mais ils hésitaient encore à reprendre l'exercice de leur profession, inquiets de savoir si on allait leur imposer la réglementation édictée par le parlement de Boynes, c’est-à-dire les fameux règlements de 1695 *.
La Cour se hâta d’écarter ces craintes en associant à son triomphe un ordre qui avait su si longtemps partager ses infortunes. Elle annulait, dans un arrêt du 12 décembre 1761, les arrêts rendus contre les avocats, dans des termes où elle laissait percer sa reconnaissance à leur égard : «En rendant aux parties tous les secours dont elles ont besoin pour l’éclaircissement de leurs droits, et qu'elles puisent toujours abondamment dans les lumières et la sagesse des avocats, la Cour a déclaré . et déclare lesdits référés, réquisitoires et jugements nuls et comme non avenus, sans quils puissent, en aucun temps, être opposés soit à l'ordre en général, soit aux particuliers y dénommés ; déclare, en outre, que les avocats pourront retirer et faire retirer du greffe les déclarations qu'ils y ont remises, pour être ensuile par eux procédé, dans une assemblée générale, convoquée à la