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plus se présenter à la barre. Le 18 décembre 1758, quand le premier président tint son audience, un seul avocat se présenta, non point pour plaider, mais pour demander un acte de désistement. Les jours suivants, aucun avocat ne parut plus à la barre. De son cabinet, assislé de onze magistrats, M. de Boynes lança alors des arrêts contre les avocats, remettant en vigueur les règlements de 1695, pour mieux assujettir le barreau. Il voulait leur faire décider que l'assemblée des chambres, continuée par la pluralité des conseillers, n’existail pas, s’emportant jusqu'à menacer le syndic de le faire passer hors du royaume, sans espoir de retour, s’il n’oblenait pas la rentrée de ses confrères au - Palais. Tous les jours, dans de nouveaux arrêts, le parlement de Boynes ordonnait à tel ou tel avocat de se rendre « aux pieds de la Cour ». L'expression n'était point pour plaire aux avocats, qui, se pliant déjà avec peine au titre cérémonieux de Nosseigneurs pour les parlementaires, trouvèrent sans doute que c'était trop leur demander que de s abaisser jusque-là. Ils persistèrent dans leur résistance. Les avocats Huot et Passeret, ainsi mandés aux pieds de la Cour, furent condamnés l'un à cent, l’autre à cinquante livres d’aumône pour ne s’y être point rendus. Plusieurs virent leurs meubles saisis et vendus par arrêt sur les places publiques. . L'avocat Verny fut même exilé, en 1759, pour avoir dit trop haut ce qu’il pensait de l'exil des magistrats Pour se soustraire à ces abus de l'autorité, les avocats pe virent qu'une ressource : au nombre de soixanle-
1. Recueil de pièces, n° 4149, t. I, p. 97, 101, 106, 108, 118, 125 et 127.
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douze, ils remirent leur démission au greffe de la Cour, les 2 et 5 janvier 1759 !. Par solidarité, ils s'engagérent aussi à payer en corps les amendes de leurs confrères. En même temps (le 3 janvier), M. Guye, le doyen de l’ordre, adressa une lettre au chancelier pour lui exposer la cruelle position des avocats. «Flétris dans leur honneur, écrit-il, par plusieurs arrêls qui prononcent contre eux des condamnations humiliantes, des amendes, des aumônes, des interdictions; dégradés par ces arrêts, perséculés au moment présent, effrayés pour l'avenir, ils ont préféré de perdre leur état à la honte de l’exercer sans honneur et sans liberté. Ce n’est point aux avocats à décider entre le parlement et le parlement ; c’est précisément cetle raison qui a dù suspendre leurs fonctions... La seule grand’chambre a rendu des arrêts, et, ce qui est sans exemple, ils ont été rendus contre des avocats dessaisis de pièces par les clients même, qui ont craint d’être jugés dans des circonstances si criti- GUEST)
Le chancelier, à la réception de cette lettre, où se trouvaient fidèlement rapportés les événements, engagea l'avocat général Desbiez à user de foutes les voies de douceur et de conciliation, d'autant plus qu’une partie des avocats n'avait pas encore donné leur démission ?. M. de Boynes ne l'entendait point ainsi, il fit tenir la lettre secrète et pria les trois avocats généraux de porter la parole à la place des avocats, comme ils y sont autorisés pour les mineurs et les communautés, se faisant