Estignard, op. cit., t. H, p
droit, et de quelle façon devaient être pris les votes. f)ien que le roi eut, le 27 décembre, déclaré que le tiers nurnii une représentation égale à celle de la noblesse et du clergé réunis, et que le vote se ferait par tête, le parlement de liesançon s'opposa à ce que le roi changeât en rien la constitution des I^^tals, s'en tenant à ce (pfelle était en 1f)1i. Dans deux arrêts, l'ini en date du 21, Fautredu 27 jinivier 178ÎI. il se montra nettement hostile aux revendications du tiers, sanctionnées cependant [)ar rautoiité royale.
En prononçant ces arrêts, le parlement prononçait sa IHdpre condamnation. Les cris d'enthousiasme, (]ui saluaienl trois mois auparavant les parlementaires, se ch.nigérent en clameurs de haine. Aux yeux de la masse l'alfaire était jugée, le parlement devait disparaître.
Les avocats, dont le cœur ne battait déjà plus (lue d'un nmourtrès modéré pour le parlement, l'abandonnèrent. Ils tirent chorus avec ceux <|ui ratta^juaient, se repentant de Lavoir si longtemps servi, pour avoir été si mal pavés de leur lidélitô.
Une feuille i\(' ré|)nque attribue à un avocat les paroles suivai]tes, qui, si elles ne soid pas authentiques, doivent pourtant exprimer le sentinKMd de la plupart de ses confrères : « Vous souvient-il de ce jour où, muni d'une palme d'une aune de long, fier comme un empereur romnin. je mnrcb.iis a la suite de nos sénateui's franc-comtois^^ Ouel triiMnphe ! Quel moment î.. , Ils sont passés, ces jours de fête, ils sont passés, ils ne reviendront plus ^ »
1. Recueil, n° 4564, B. B. FeuiUe liebdomadaire ou petites atUches à l'usage de la province de Franche-Comté, du 26 janvier 1789.
Le parlement est chargé de toutes les iniquilés. Dans un libelle, trop documenté sur les questions juridiques pour n'être [loint Tipuvre d'un avocat, on dépeint la fficheuse silualion de l'avocat obligé de paraître à la barre dans les affaires qui regardent les parlementaires : (c Les défenseurs que la lui doinie aux [)auvres, à la veuve, aux orplielins, les membres d'un ordre libre el respectable, les avocats, enlin, ne se chargent qu'en tremblant de la meilleure cause, quand il s'agit de la défendre contre l'iniquité d'un parlementaire; leur plume mollit, leur voix ex[»ire, ou ne porte les vérités à l'oreille des juges, qu'énervées par les éloges mensongers qu'ils sont forcés de prodiguer au [laiienientaire contre leiiuel ils plaident '. »
Les avocats allèrent jusqu'à demander le remljoursement des charges el la suppression du [jarlemeni, pour le remplacer par une juridiction nouvelle [)lus en rajiporl avec les besoins de l'époque. Les avocats auraient eu la belle part dans cette réforme, devenant les juges de la nouvelle juridiction : (^ La législation étant partout la même, dés que dans un tiiliunal va(iuerait une [ilace de juge, elle serait concourue par les plus célèbres avocats du royaume ; bienlnt les [larlements seraient composés des hommes les plus éclairés, les plus amants de la gloire, les plu> incorruiilibles, les plus im[)ailiaux, les plus fidèles au Koi ^ »
L'auteur duii ()[)uscule paru à l'époque, sous le litre de « lléllexions d'un député de la campagne à l'assem-
1. Recueil, n* 4564, B. B. Supplément au cahier de doléances dune communauté de Franche-Comté.