Manuscrits dAuxiron, U. B
2. Recueil de pièces servant à Thistoire du parlement, n" i\49, B. B., l. 1, p. 76.
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président annonça aussi que de son cùlé les mêmes instructions lui avaient été transmises. Les magistrats décidèrent alors de délibéiur sans tenir compte des ordres i]n lioi.
lliiil des conseillers venaient d'émellic leur opinion, il n -liil iiutrinle-cinq sufîrages à recueillir, quand le premier président s'écria qu'il y nvnit des magistrats ijuj liahissaient les intérêts de la province. L'indignation fil! à son comble. M. de Roynes, craignani un écliec, se retira, suivi de quelques conseillers. Trente autres, plus de In mnjnnlé restèrent en séance, soutenant que la délibération devait se continuer ^
On vit pendant un mois cette bizarre situation 'Fan parlement coupé en deux parties dont chacune prétendait exercer seule le pouvoir • l'une parce qu'elle avait jMjur elle la majorité, Tautre parce que les autorités étaient de son coté. Le 28 décembre, le Roi manda à Paris huit des conseillers protestataires. Cependant les vingtdeux restant contiîiuaient toujours à se réunir, inébranlables dans leur volonté. L'autorité royale en eut bientôt assez. Le ^2\ innvjnr 1759, les vingt-deux conseillers furent envoyés en exil, etle 2i, les huit qui se trouvaient à Versailles eurent le même s'ort '.
Les parlements de France lireul ious entendre de véhémentes protestations. Le barreau bisontin ne pouvait rester insensible devant des événements aussi graves. Les avocats, pour ne point avoir k se prononcer entre les deux parties du parlement, décidèrent de ne
1. Recueil, n» 4148, B. B. Relation des troubles actuels du parlement de Franche-Comté.
2. Estignard, Le parlement de Franche-Comté, t. I, p. 294 et suiv.
pins se présenter à la fsnrre. Le 18 décembre 17.^8, quand le premier président tint son audience, un seul avocat se présenta, non point pour plaider, mais pour demander un acte de désistement. Les jours suivants, aucun avocat ne parut plus à la barre. De son cabinet, assisté de onze magistrats, M. de Boynes lança alors des nrrêts contre les avocats, remettant en vigueur les règlements de IGOo, pour mieux assujellir le barreau, f! voulait leur faire décider que l'assemblée deschnmbres, continuée par la pluralité des conseillers, n^existaif pas, s'emportani jusqii'n menacer le syndic de le faire passer hors du royaume, sans espoir de reinnr, s'il n'obtenait pas la rentrée de ses confrères au Palais. Tous les jours, dans de nouveaux arrêts, le parlement de Boynes ordonnait n \p] ou tel avocat de se rendre « aux pieds de la Cour ». L'expression n'était point pour plaire aux avocats, qui, se pliant déjà avec peine au titre cérémonieux de Nosseigneurs pour les parlemenlniro^:, trouvèrent sans doute que c'était trop leur demander que de s'abaisser jusque-là. Ils persistèrent dnns leur résistance. Les avocats Huot et Passeret, ainsi mandés aux pieds de la Cour, furent condamnés l'un à cent, l'autre à cinquante livrn- fl'aumône pour nn s'y être point rendus. Plusieurs virent leurs meubles saisis et vendus par arrêt sur les places pnbliques. L'avocat Verny fut même exilé, en 1759, pour avoir dit trop haut ce qu'il [>ensait de l'exil des magistrats K
Pour se soustraire à ces abus de l'autorité, les avocatsne virent qu'une ressource : au nombre de soixanle-
1. Recueil de pièces, n<» 4149, t. I, p. 07, 101, 106. 108, 118. 125 et 127.
douze, ils remirent leur démission au greffe de la Cour, les 2 o! n janvier 1759 K Par solidarité, ils- s'engagèrent aussi à payer en corps les amendes de leurs confrères. En môme temps (le 3 janvier), M. Gnve. le doyen de l'ordre, adressa une lettre au chancelier pour lui exposer la cruelle posilion des avocats. «Flétris dans leur lionni'Lii , ècril-ii, par jilusieurs arrêts qui prononcent contre oiix des condamnations luimiliantes, des amendes, des aiiiiiuiies, des inlerdiclions; dégradés par ces arrêts, perséculés au moment présent, effrayés poui l'avenir, ils ont préféré de perdre leur état à la houle de l'exercer sans lionneur et sans liberté. Ce n'est point aux avocats à décider tiilre le parlement et le parlement ; c'est précisément cette raison qui a du suspendre leurs fonctions.... La seule grand'chambre a rendu des arrêts, et, ce qui I <! sans exemple, ils ont été rendus contre des avocats dessaisis de pièces par les clients même, qui ont craint d'être jugés dans des circonstances si critiques ^.... »
Le chancelier, à la réception de cette lettre, où se trouvaient iiiièlement rapportés les événements, engagea l'avocat général Desbiez à user de loutes les voies de douceur et de concili tUon, d-aulant plus qu'une partie des avocats n'avait pas encore donné leur démission \ M. de Boynes ne IVnlendait point ainsi, H lil tenir la lettre secrète et pria les trois avocats généraux de porter la parole à ! i {dace des avocats, comme ils y sont autorisés pour les mineurs et les communautés, se faisant