‹ Les Aztèques; histoire, moeurs, coutumesChapitre 2 sur 61 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

d'une objection — répéter au bas de nombre des pag'es de ce volume les noms des g"uides que j'invoquais tout à l'heure, et plus particulièrement ceux de Tézozomoc, de Sahag-un, de Torquémada, de Clavig-éro, d'Orozco, auteurs dont les ouvrag-es, ceux des deux premiers exceptés, n'ont pas été traduits dans notre lang-ue. Mais, je le sais par expérience, ces notes multipliées impatientent les simples curieux, et les américanistes connaissent trop bien les sources auxquelles il m'a forcément fallu puiser pour qu'il soit besoin de les leur rappeler sans cesse. Toutefois, comme Acosta a été accusé — non sans raison il est vrai — d'avoir tranquillement copié Duran et Tézozomoc, lesquels avaient eux-mêmes copié l'auteur anonyme du manuscrit aujourd'hui connu sous le nom de « Codex Ramirez »; puis, comme, d'autre part, on a reproché à Torquémada de s'être inspiré de Sahag-un, et à Glavig-éro de s'être modelé sur Torquémada, je veux aller au-devant de toute accusation de cette nature.

Je préviens donc mes lecteurs que j'ai dû à mon tour — nécessité à laquelle ne peuvent échapper, je crois, les liistoriens qui ont à parler du passé — imiter, amplifier, réduire, commenter, traduire, fondre, pour les ajouter à ce que j'ai moi-même vu ou découvert, tous les passag'es qui, dans les écrits des pères de l'histoire de la Nouvelle- Espag'ne, pouvaient m'aider dans mon entreprise. J'aurais pu inventer, cela est certain, car rien ne prête mieux que l'histoire aux fantaisies de l'imag'ination. Je ne l'ai pas fait, me souvenant qu'un roi des Golhuas voulait que les historiens inexacts fussent punis de mort, et peut-être les esprits sérieux me sauront-ils g-ré de ma réserve.

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