‹ Les Aztèques; histoire, moeurs, coutumesChapitre 46 sur 61 · INDUSTRIES · texte numérisé non relu

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mort on leur en suspendait une à la lèvre inférieure afin qu'elle leur servît de cœur dans l'autre monde.

Une quantité considérable de ces pierres fut envoyée en Europe dans les années qui suivirent la conquête, et Cortez, lors de son premier voyage en Espagne, en emporta plusieurs dont cinq devinrent célèbres. D'après Gomara, qui eut occasion de les voir, une de ces pierres avait la forme d'une rose, une autre celle d'un cor, une troisième représentait un poisson dont les yeux étaient d'or, et la quatrième une clochette à laquelle une perle servait de battant. Enfin, la plus précieuse, pour laquelle des marchands génois offrirent jusqu'à 40 000 ducats, était taillée en forme de coupe et ornée de quatre fines chaînes d'or rattachées à une perle. Ces émeraudes, travaillées, sur l'ordre de Cortez, par les joailliers de Mexico, devinrent la propriété de sa seconde femme, dona Juana Ramirez de Arellano y Zuniga. De nos jours, non seulement les Indiens ne savent plus tailler les pierres fines, mais ils ignorent où sont situés les gisements si productifs autrefois.

La pyrite de cuivre, à l'éclat métallique, était souvent utilisée pour la fabrication des miroirs. Quant au cristal de roche, il servait à la confection des tentetl (pierre de bouche) dont les nobles paraient leurs lèvres, et à figurer des objets de fantaisie. Enfin, les agates, les marbres, les jades^ servaient aux joailliers aztèques de matériaux ordinaires.

Chez les Aztèques, comme aujourd'hui chez leurs descendants, tous les ustensiles de ménage se fabriquaient en terre; aussi les potiers de l'Anahuac étaient-ils très habiles. Outre les objets destinés aux usages domestiques, ils modelaient des images de dieux, des pantins, des animaux, des sifflets, des flageolets. Près de leurs vases tripodes, forme caractéristique en Amérique, et plus particulièrement au Mexique, on en trouve d'aspect tout européen. Ces vases, curieux par le ti-avail, l'étaient aussi par les

peintures dont on les décorait. Les poteries les plus renommées venaient de Gholula, qui avait conservé les traditions de la céramique toltèque; aucune n'était vernissée, mais on les eng'obait et lissait avec soin.

Les ouvriers tisseurs étaient nombreux dans l'empire de Moteuczoma, et ils suppléaient à la laine par le coton, à la soie avec les plumes et les poils du lapin, au chanvre et au lin avec les fibres de plusieurs palmiers. Pour le filage, ils se servaient de fuseaux en terre cuite (fîg. 19). Avec les fils de coton, ils tissaient des étoffes aussi fines que la toile de Hollande, étoffes qu'ils savaient teindre et orner de dessins de différentes couleurs. Avec la plume unie au coton, ils confectionnaient un tissu aussi doux au toucher qu'agréable à la vue, tissu qui servait pour les manteaux et les couvertures. Enfin, de deux espèces d'agavés, dont ils faisaient macérer les leuilles, ils tiraient des fils d'une grande solidité.

Sur les autres métiers exercés par les Aztèques, on ne sait que fort peu de chose. Leurs tanneurs, par un procédé inconnu, préparaient la peau des quadrupèdes et des oiseaux sans dommage pour les poils ni les plumes. Avec les joncs et les feuilles des palmiers, teints de différentes couleurs, leurs vanniers tressaient des corbeilles et des nattes d'une finesse extrême, qu'ils savaient orner de dessins. C'est là un art encore vivant parmi les Mistèques, dont les ouvrages en sparterie sont de véritables curiosités artistiques.

Les menuisiers et les charpentiers aztèques, dont les Espagnols ont vanté la dextérité, se servaient d'outils en pierre et en bronze, dont quelques-uns nous ont été conservés. Du reste, nous l'avons dit, les musées sont remplis de brunissoirs, de polissoirs, de mortiers, de poteries, de pierres et de molettes à

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