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broyer, d'instruments de toute nature dont, par malheur, les archéologues ont souvent peine à deviner l'usage, en dépit de l'aide des peintures idéographiques (fig. 20).

En somme, les Aztèques surprirent les Espagnols par leurs aptitudes industrielles. Tous s'entendaient aussi bien aux travaux agricoles qu'aux travaux urbains et, pour se construire une cabane, pour se procurer les différents matériaux nécessaires à celte tache, aucun d'eux n'avait besoin de recourir à ses voisins.

Fig. 20. — Arts et métiers, d'après la mappe Qiiiaaiitzia. (Collection Aubin.)

Tous savaient tailler une pierre, façonner une pièce de bois, tresser une corde ou des nattes de jonc. Les enfants, de très bonne heure, apprenaient à connaître le nom et l'utilité des animaux, des arbres, des plantes au milieu desquels ils vivaient. Ces remarques, faites par Motolinia au lendemain de la conquête, sont encore applicables aux Aztèques modernes.

L'art médical de l'Anahuac paraît avoir médiocrement attiré l'attention des auteurs espagnols. Dans leurs écrits, ils se bornent à déclarer que les médecins aztèques connaissaient très bien les plantes, et qu'ils obtenaient avec leur aide de merveilleuses cures. Il est à remarquer que les peintures mexicaines ne font ellesmêmes aucune mention de l'art de guérir, d'où il faut inférer que les médecins aztèques se contentaient de communiquer à leurs tils les résultats de leur expérience, sans les formuler en axiomes. Toutefois, ils n'étaient pas de simples empiriques, car ils savaient reconnaître les différentes phases des maladies. Her-

nandez, envoyé au Mexique par Philippe II, le déclare à plusieurs reprises dans sa grande Histoire naturelle. Ce savant eut pour guides de ses études des médecins aztèques qui lui firent connaître les propriétés et les noms de douze cents végétaux.

Notre matière médicale doit aux Aztèques le tabac, la gomme copal, le liquidambar, la salsepareille, la résine de técamaca, le jalap, le huaco. Mais l'énumération des plantes médicinales qu'ils employaient, plantes dont leurs descendants font encore usage, et entre lesquelles il s'en trouve de purgatives, de vomitives, de dépuratives, de sudorifiques, de vermifuges, nous entraînerait trop loin. Ajoutons que leurs médecins préparaient des infusions, des décoctions, des emplâtres, des onguents, des huiles, et que les plus usuels de ces médicaments se vendaient et se vendent encore sur les marchés.

La saignée était en honneur parmi les médecins aztèques, et ils la pratiquaient très adroitement, à l'aide de lancettes en obsidienne. Les gens du peuple se saignaient eux-mêmes, soit avec des épines d'agavés, soit avec celles du hérisson.

Les conquérants espagnols ont beaucoup vanté la rapidité avec laquelle les médecins aztèques obtenaient la cicatrisation des blessures et des plaies, et Cortez, grièvement atteint à la tête dans la bataille d'Otomba, fut très bien guéri par les Tlaxcaltèques. Est-ce une question de milieu? Pourtant, il est de tradition, au Mexique, que les blessures à la tête, toujours dangereuses sur les hauls plateaux, guérissent promptement dans les Terres chaudes, où, en revanche, les blessures aux jambes s'enveniment avec facilité. Remarquons, en tout cas, que le mode de pansement suivi par les Aztèques est en honneur de nos jours, car leur premier soin était de soustraire la partie malade aux influences de l'air on la couvrant de résines aromatiques.

Les médecins aztèques, cela va sans dire, appliquaient leurs

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