‹ Les Aztèques; histoire, moeurs, coutumesChapitre 48 sur 61 · ART MÉDICAL · texte numérisé non relu

ART MÉDICAL

mcclicamciUs avec mille cérémonies supcrslilieuses : invocations aux dieux et imprécations contre la maladie qu'ils devaient combattre. Ce sont là des pratiques que les modernes rebouteurs indiens n'ont pas plus oubliées que celles qui consistent à extraire, de la partie du corps siège de la douleur, des os, des pierres, des reptiles, des insectes ou des cheveux.

Les bains jouaient un grand rôle dans l'hygiène des Mexicains, mais il en était un que Torquémada se contente de nommer, et qui nous serait peut-être inconnu si l'usage ne s'en était perpétué jusqu'à nos jours. Il s'agit du témascalli.

Le témascalli est généralement construit en briques, et sa forme est à peu près celle des fours de nos boulangers, avec cette différence que le sol en est concave au lieu d'être plat. Son diamèti e ordinaire mesure huit pieds, sa hauteur, six, et son entrée est à peine assez élevée pour qu'un homme à genoux puisse la franchir. Dans la partie opposée à cette entrée, se trouve un fourneau percé à sa partie supérieure d'un trou destiné à livrer passage à la fumée. La pierre qui sépare le foyer du four est choisie de nature poreuse.

Le baigneur, muni d'une jarre d'eau et dune verge de plantes aromatiques, pénètre dans le four, dont la partie contiguë a été préalablement surchauffée, s'étend sur une natte, et jette de l'eau sur la pierre poreuse. Une épaisse vapeur est aussitôt produite; le baigneur se fouette alors le corps avec les herbes aromatiques, et une sueur copieuse couvre bientôt ses membres. C'est là, on le voit, le fameux bain de vapeur que nous avons emprunté aux Russes, qui peut-être l'ont emprunté eux-mêmes aux Aztèques.

Le bain de témascalli passe pour être efficace contre les rhumatismes, la fièvre et la morsure des animaux venimeux. Il est d'un usage si commun, surtout pour les lemmes après leur déli-

vrance, qu'il n'est guère de village, au Mexique, qui n'en possède au moins un.

Durant les longues années de misère passées dans les îles de leur lac, la faim obligea les Aztèques à se nourrir de tout ce qu'ils rencontraient dans les eaux. Ils s'accoutumèrent alors à manger non seulement les racines des plantes aquatiques, les couleuvres et les axolotls, ces étranges batraciens à métamorphoses, mais encore les fourmis, les mouches et leurs œufs.

h'axayacatl — c'est le nom qu'ils donnaient à la mouche dont ils firent un comestible — abondait de telle façon qu'en même temps qu'ils s'en nourrissaient eux-mêmes, ils pouvaient en rassasier les oiseaux qu'ils élevaient. Ils en formaient une pâte qu'ils assaisonnaient de sel de nitre, et qu'ils faisaient cuire dans des feuilles de maïs. Ce mets étrange, au dire des Espagnols qui en goûtèrent, n'était pas désagréable au palais. Quant aux œufs que l'axayacatl dépose en quantité sur les joncs du lac, on en préparait une sorte de caviar dont les oiseaux se montraient friands. Les Aztèques mangeaient aussi et mangent encore une substance fangeuse qui flotte sur les eaux du lac. Après l'avoir séchée au soleil, ils la conservaient pour en user en guise de fromage, dont elle rappelle le goût.

Accoutumés à ces vils aliments, ils n'y renoncèrent pas complètement quand vint la prospérité ; aussi leurs marchés étaientils approvisionnés de mouches, de fourmis, de sauterelles, de larves de palmiers ou d'agave crus, frits ou rôtis, et que les pauvres achetaient volontiers. Néanmoins, dans leurs banquets, les mets étaient abondants et variés.

Le maïs, qu'ils nommaient tlaolli et cenûi, remplaçait pour eux le blé de l'Europe, le riz de l'Asie et le millet de l'Afrique, avec cet avantage que son rendement est plus considérable que celui des autres céréales, qu'il s'accommode de tous les climats, et qu'il

Page 1