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L'ANAHUAC. S

fois, VU la configuration du sol, elles n'ont que peu de longueur et courent rapidement se perdre dans la mer.

Le centre du Mexique ne possède pas de fleuve. Le plus considérable de ceux qui arrosent son territoire, le rio Bravo del Norte, le sépare des États-Unis depuis la guerre du Texas et ne lui appartient qu'à demi. Le rio Bravo, après un cours de 2 000 kilomètres, se jette dans le golfe du Mexique. Au-dessus de lui, le rio Colorado (rivière Rouge) va rejoindre la mer Vermeille. Mais ce fleuve, dont le parcours est de 260 lieues, fait partie, depuis 1849, de la grande Confédération américaine.

Vers le midi, coule le Papaloapam, que les Espagnols ont nommé rio d'Alvarado,en souvenir du lieutenant de Cortez, qui, le premier, remonta son cours. Le Papaloapam prend sa source dans les montagnes de la Mistèque, et, après s'être uni au rio Blanco dans l'immense baie d'Alvarado, se jette dans le golfe du Mexique.

Le Goatzacoalco, que Cortez, devançant M. de Lesseps, rêva d'unir au rio Paso, au Chimalapa ou au Téhuanlépec pour mettre en communication les deux grands océans, descend des monts Mixés et vient déboucher au-dessous du bourg de Minatillan. Enfin le Chiapan, ou rio de Tabasco, aboutit près du port auquel il a donné son nom, et mêle ses eaux à celles de l'Uzumacinla.

Les grands lacs qui, à défaut de rivières navigables, servirent à développer le commerce intérieur des premiers habitants de l'Anahuac, sont aujourd'hui en voie de dessèchement. Parmi les plus importants, il faut citer celui de Texcoco, au milieu duquel fut fondée la ville de Mexico, et qui communique par un long canal naturel avec celui de Chalco. Au nord, le lac Chapalla couvre une superficie de 640 kilomètres carrés; nous le mentionnons pour mémoire, car il semble n'avoir jamais appartenu aux Aztèques. Citons encore le lac de Catémaco, dans la sierra de

San Andrès Tuxtla, le plus pittoresque peut-être des lacs connus.

Les sources, les torrents, les ruisseaux, les petites rivières sont clairsemés dans les plaines aussi bien que dans la Cordillère, et leurs eaux contiennent souvent du cuivre, de la soude, de la chaux, de l'acide carbonique. Les eaux chaudes abondent, entraînant parfois des huiles de pétrole. A titre de curiosité, ne faut-il pas nommer le rio de las Vueltas (rivière des Détours) qui traverse soixante fois environ la route de Téhuacan à Oajaca, dans un parcours de moins de douze lieues?

Sans ses pluies périodiques qui, dans les Terres chaudes particulièrement, servent à déterminer les saisons, le Mexique serait en partie stérile. Mais des orages, fréquents sur le littoral et les plateaux, journaliers dans la Terre tempérée, viennent rafraîchir l'atmosphère, gonfler les torrents, grossir les fleuves, qui, n'étant nulle part endigués, débordent et couvrent de leurs eaux jaunâtres jusqu'à 100 kilomètres de terrain. Les orages du Mexique, aussi célèbres que ses tremblements de terre annuels, commencent en juin pour cesser en octobre. Aucun spectacle n'est à la fois plus terrible, plus grandiose, plus émouvant. Le ciel est pur, l'atmosphère étouffante, un calme énervant endort tous les êtres animés et semble impossible à troubler. Tout à coup, le sommet d'un nuage aux reflets d'acier se dresse à l'horizon, du côté de l'Atlantique et grandit à vue d'œil. Des souffles intermittents rasent le sol, soulèvent des colonnes de poussière, les éparpillent dans les hautes régions de l'atmosphère, voilent l'éclat du soleil. La violence des rafales augmente, les feuilles se tordent, les branches des arbres se courbent, se brisent avec fracas. Les oiseaux effarés, poussant des cris plaintifs, fuient à tire-d'aile dans toutes les directions, tandis que les quadrupèdes brament, rugissent, hennissent, courbent la tête, grattent le sol du pied, et que l'homme s'inquiète. Le ciel devient noir, l'obscurité se fait

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