PRÊTRES ET PRÊTRESSES
Durant les jours où leur service les retenait au temple, les prêtres évitaient de se rencontrer avec une autre femme que la leur; si le hasard amenait une étrangère sur leur chemin, ils passaient en baissant les yeux pour ne pas la voir. Du reste, toute incontinence de leur part était sévèrement punie. A Téotihuacan, le prêtre convaincu d'avoir enfreint les lois de la chasteté était livré au peuple et tué la nuit à coups de bâton. A Ichcatlan, le grand prêtre devait vivre dans le temple et s'abstenir de toute communication avec les femmes. Si, par malheur, il manquait à ce devoir, il était massacré, et l'on présentait ses membres à son successeur, comme exemple.
On perforait les oreilles et les lèvres des prêtres qui, cédant à la paresse, ne se levaient pas pour assister aux dévotions nocturnes, ou bien on leur arrosait la tête d'eau bouillante. A la seconde infraction, on les expulsait du temple, puis on les noyait dans un lac à l'époque de la fête du dieu des eaux. Les prêtres, d'ordinaire, vivaient en communauté sous la surveillance d'un supérieur.
Le sacerdoce, chez les Aztèques, ne durait souvent qu'un temps déterminé, à l'expiration duquel les prêtres prenaient leur retraite ou rentraient dans la vie civile pour y occuper des emplois importants. Toutefois, certains d'entre eux se vouaient aux aulcls pour toute leur vie. Les femmes étaient admises à la prêtrise, mais leurs fonctions se réduisaient à encenser les idoles, à entretenir le feu sacré, à balayer le temple, à préparer les comestibles des oblations, à les présenter à l'autel; elles ne pouvaient ni sacrifier aux dieux ni aspirer aux dignités supérieures, quelle que fût leur capacité.
Parmi ces prêtresses, les unes étaient vouées dès leur enfance à la vie religieuse par leui^ parents, tandis que d'autres se liaient volontairement par des vœux d'un ou deux ans, soit à la suite
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iiO LES AZTÈQUES.
d'une maladie, soit pour obtenir un bon mariage, ou encore afin d'intéresser les dieux au bien-être de leur famille. La consécration des premières se pratiquait de la manière suivante. A la naissance de l'enfant, les parents l'offraient à la divinité qu'ils vénéraient, et avisaient de cet acte le prêtre de leur quartier, qui le communiquait au Tépantéohuatzin ou supérieur général des séminaires. Deux mois plus tard, on portait l'enfant au temple, on lui plaçait dans la main une fleur de grenadille {passi/lora)y un petit encensoir et un peu d'encens, comme symboles de ses occupations futures. Chaque mois on renouvelait cette cérémonie, où figuraient des écorces d'arbres destinées au feu sacré. A l'âge de cinq ans, la petite fille était remise au Tépantéohuatzin, qui la plaçait dans un séminaire. Là, on l'instruisait des règles de la religion, on lui apprenait à se bien conduire, à s'occuper des travaux propres à son sexe. Quant aux jeunes filles qui entraient dans un séminaire par suite d'un vœu, elles devaient d'abord faire le sacrifice de leur chevelure. Toutes ces religieuses vivaient très renfermées, dans le silence et le recueillement, sous la garde de supérieures. Les unes se levaient avant minuit, d'autres après, puis d'autres avant l'apparition du jour, pour attiser le feu et encenser les idoles. Bien que des prêtres assistassent à cette cérémonie, ils ne pouvaient communiquer avec les prêtresses.
Chaque matin, ces dernières s'occupaient des comestibles destinés aux oblations, et balayaient les bas côtés du temple. Les moments que leurs occupations leur laissaient libres, elles les employaient à filer ou à tisser de riches étoffes pour vêtir les idoles et orner les autels. La chasteté de ces vestales était l'objet constant de la surveillance de leurs supérieures, et la moindre faute restait sans pardon.
Lorsque la jeune fille consacrée au culte des dieux depuis son enfance atteignait sa dix-septième année, ses parents lui cher-
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