‹ Les Aztèques; histoire, mœurs, coutumesChapitre 28 sur 57 · NAISSANCE ET BAPTÊME · texte numérisé non relu

NAISSANCE ET BAPTÊME

« Que le dieu invisible descende sur cette eau, qu'il efface tous tes péchés, et qu'il te garde contre la mauvaise fortune. Gracieuse créature, les dieux Oméleuctli et Oinécihuatl t'ont créée dans le lieu le plus élevé du ciel, pour l'envoyer sur la terre ; mais sache que la vie est triste, douloureuse, pleine de misère, de maux , et que tu ne pourras manger qu'en travaillant. Que Dieu t'aide dans les nombreuses adversités qui t'attendent! » Après ce discours, elle félicitait le père, la mère et les parents.

Le bain terminé, on consultait les devins sur la bonne ou la mauvaise fortune réservée à l'enfant. On tenait alors compte du signe qui marquait le jour de sa naissance, de celui qui dominait dans la période écoulée depuis treize ans. Si Tenfant était né à minuit, on comparait le jour précédent et le suivant. Leui-s .observations achevées, les devins pronostiquaient le sort fiitur du nouveau-né. Si le jour passait pour néfaste, on rejetait à cinq jours plus tard le second bain de l'enfant.

Le second bain avait plus d'impoitance que le premier ; on y conviait ses parents, ses amis et nombre d'enfants. Si le père était riche, il donnait un banquet et faisait don d'un habit à chaque convive. S'il était soldat, il fabriquait un vêtement, un arc et quatre flèches à la taille du nouveau-né ; et, s'il était laboureur ou artisan, de petits outils pareils à ceux dont il se servait dans son métier. Mêmes soins pour les filles, auxquelles on préparait de petits fuseaux. On allumait nombre de lumières, puis la sage-femme promenait l'enfant dans la cour de l'habitation, le posait sur un amas de feuilles, près d'un bassin, et répétait les paroles déjà rapportées. Lui frottant tous les membres, elle ajoutait : « Où es-tu, mauvaise fortune? Sors du corps de cet enfant. » Elle rélevait alore au-dessus de sa tête, et l'offrait aux dieux, les priant de lui donner toutes les vertus. Elle invoquait ensuite la déesse des eaux, puis le soleil et la terre, a Toi, soleil , père de

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tous les vivants, disait-elle, et toi, terre, notre mère, acceptez cet enfant, protégez-le comme s'il était votre fils. S'il doit être soldat, qu'il meure à la guerre, en défendant l'honneur des dieux, afin qu'il puisse jouir dans le ciel des délices réservées aux braves qui sacrifient leur vie pour une si bonne cause. »

On plaçait alors entre les petites mains de l'enfant l'imitation en miniature des armes qu'il devait porter, ou des outils dont il devait faire usage, et l'on invoquait le dieu tutélaire de la profession à laquelle il était destiné. Les armes étaient ensuite enfouies dans un champ où l'on supposait que l'enfant pourrait combattre dans l'avenir. S'il s'agissait d'une fille, le petit fuseau s'enterrait dans la demeure même, sous le métatl ou pierre à broyer le maïs. D'après Boturini, le néophyte, ce jour-là, devait être passé quatre fois au-dessus d'une flamme.

Avant de placer les outils dans les mains du nouveau-né, la sage-femme engageait les enfants amenés pour la cérémonie à donner un nom à leur petit compagnon, et ceux-ci prononçaient le nom que le père leur avait indiqué d'avance. On habillait alors le poupon, puis on le déposait sur un lit en priant Xoalticitl, déesse des berceaux, de le réchauffer sur son sein, et Xoalteuctli, dieu de la nuit, de l'endormir.

Le nom donné à l'enfant s'empruntait parfois aux signes astronomiques du jour de sa naissance, coutume presque constante chez les Mistèques. Ainsi, on le nommait Macuilcoatl, c'est-à-dire cinquième serpent j ou Omécalli, seconde maison. Parfois encore on profitait d'une des circonstances remarquables de sa venue au monde pour le désigner, comme il arriva pour un des quatre chefs qui régissaient la république de Tlaxcala lors du débarquement des Espagnols. Ce chef se nommait CiUapoca {étoUe fumante)^ parce qu'il était né lors de l'apparition d'une comète.

Le garçon qui naissait le jour de la rénovation du feu prenait

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