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MARIAGE

le nom de Molpilli, et la fille celui de Xiuhnénell, noms qui rappelaient les particularités de cette fête. On donnait encore des noms d'animaux aux garçons et des noms de fleurs aux filles, selon les rêves du père ou les conseils des devins. D'ordinaire, l'enfant ne recevait qu'un nom; toutefois, les garçons pouvaient en acquérir un second pai' leurs prouesses, leurs qualités ou leurs défauts ; ce fut le cas de Moteuczoma I, dit Ilhuicamina {celui qui lance des flèches vers le ciel ou V homme colérique).

La cérémonie du bain terminée, un banquet avait lieu. On buvait un peu plus que de coutume, mais sans aller jusqu'à Tivresse. On laissait les lumières se consumer, et, durant les quatre jours qui séparaient le second bain du premier, on prenait soin que le feu ne s'éteignît pas, accident qui eût été de mauvais augure. Un nouveau banquet réunissait les convives à l'époque du sevrage de l'enfant, c'est-à-dire vers sa troisième année. La circoncision, nous l'avons dit, n'existait pas chez les Aztèques, bien qu'elle paraisse avoir été une coutume des Totonaques.

Notons que, sociables au plus haut degré, d'une urbanité qui ne s'est pas encore effacée de leurs mœurs, les Aztèques aimaient les fêtes et les banquets. Dans ces réunions, la place de chaque invité était marquée selon son rang, son mérite ou son âge. Les repas, admirablement ordonnés, surprirent les Espagnols par le luxe des plats, du service et du linge, par une observation sévère des convenances et par des raffinements de propreté que méconnaissent ou méprisent toujours les nations non civilisées.

Dans les mariages, les lois de la pudeur étaient sévèrement respectées, et les unions entre proches parents prohibées, excepté entre beau-frère et belle-sœur. Les pères décidaient du mariage, qui ne se concluait jamais sans leur consentement. Lorsqu'un jeune homme atteignait Tàge de vingt ou vingt-deux ans, une

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jeune fille celui de dix-sept ou dix-huit, les pai^ents cherchaient à les assortir et interrogeaient les devins. Après avoir consulté les jours de naissance des deux jeunes gens, les augures annonçaient si l'union souhaitée serait heureuse ou malheureuse. Si le pronostic se montrait favorable, la jeune fille était demandée à son père par des « solliciteuses » choisies parmi les parentes les plus respectables du jeune homme. Ces ambassadrices faisaient leur première visite vers le milieu de la nuit, portaient des cadeaux au père et à la mère, puis les suppliaient de leur accorder la main de leur fille. La première demande était infailliblement repoussée, quels que fussent les avantages de l'union projetée et le désir des parents de la conclure. Ceux-ci, pour la forme, manifestaient une vive répugnance à se séparer de leur enfant. Après plusieurs jours, les solliciteuses revenaient à la charge, appuyant leur nouvelle instance de prières et de raisons plausibles, énumérant les biens du jeune homme, s'informant de ceux de la jeune fille. Les parents, cette fois, déclaraient ne pouvoir se décider avant d'avoir consulté leur fille et leurs proches. Les solliciteuses se retiraient pour ne plus revenir, le père de la fiancée restant chargé de transmettre une réponse.

Si celle-ci était favorable, on fixait la date du mariage. Le père et la mère de la jeune fille, après l'avoir exhortée à la fidélité, à l'obéissance envers son mari, et après l'avoir engagée à se bien conduire par respect pour sa propre famille, la menaient chez son beau-père avec accompagnement de musique. Le futur et ses parents, précédés de quatre femmes portant des torches enflammées, recevaient la future épouse à la porte de leur demeure. Les fiancés s'encensaient mutuellement, puis le jeune homme, prenant l'accordée par la main, l'introduisait dans la salle où le mariage devait se célébrer. Tous deux s'asseyaient sur une natte neuve, placée au milieu de la pièce, près du feu

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