TEMPLES SECONDAIRES
partie de la vallée de Mexico, point de vue d'une beauté merveilleuse, rapportent ceux qui purent en jouir.
Dans l'espace ménagé entre le mur d'enceinte et le grand temple, s'étendait une vaste place réservée pour les danses sacrées, puis, au delà, se succédaient plus de soixante édifices importants — Sahagun en énumère soixante-dix-huit — et les différentes pierres destinées aux sacrifices : tcchcatls, témalacatls et téocuauhxicallis. Parmi les temples secondaires les plus importants, il faut ranger ceux de Tezcatlipoca, de TIaloc et de Quélzacoatl. Ces trois édifices n'avaient pas les mêmes dimensions, et leur façade était tournée vers le temple principal. Notons cette particularité que le temple de Quétzacoatl, au lieu de présenter la figure d'un parallélogramme, était circulaire. En outre, sa porte d'entrée simulait la gueule d'un serpent pourvu de ses crochets ; et les Espagnols, paraît-il, ne franchissaient pas ce seuil sans terreur.
Un des temples, nommé Ilhuicalitlan {près du ciel)y était dédié à la planète Vénus. Là se dressait une colonne sur laquelle était peinte ou gravée l'image de l'astre. Près de celte colonne, à l'époque de l'apparition de la planète dans le ciel, on immolait des prisonniers.
Au nombre des édifices groupés dans l'immense enceinte, il faut compter cinq collèges de prêtres et trois séminaires, bâtiments habités par un nombre considérable de personnes vouées au culte des dieux. Venaient ensuite l'Epcoatl {perle et serpent)^ temple des ministres de TIaloc et des divinités inférieures des eaux; le Macuicalli {cinq maisons) y où les espions surpris dans Mexico étaient coupés en morceaux; le Tlalxico {nombril de la terre) ^ dédié à Mictlanteuctli;riztaccinteutl {mais blanc) ^ temple où l'on sacrifiait des victimes atteintes de lèpre; le Tlélatiloyan, excavation dans laquelle se déposait la peau des victimes écorchées. Mais arrêtons cette sèche nomenclature.
\0t LES AZTÈQUES.
Cependant, citons encore un arsenal situé près du temple Tezcacalli {maison desmiroirs)yOix l'on gardaitles idoles d'Omacatl, dieu des banquets; puis un autre édifice dédié à la lune et nommé Técucizcalli {maison de coquilles)^ qui présentait cette singularité d'être couvert d'écaillés de mollusques. Il était voisin d'une chapelle désignée sous le nom de Quauxicalco {têtes de calebasses)^ lieu rempli de crânes dans lequel se retiraient les souverains pour jeûner et prier. Une seconde maison de retraite, Poyautlan {lieu sombre), semii au grand prêtre, et plusieurs autres étaient destinées aux particuliers, ou réservées pour loger les gens de marque des provinces qu'attiraient à Mexico l'ambition, la dévotion ou la curiosité.
Dans un bassin nommé Tezcaapan {eau-miroir)j nombre de dévots venaient se baigner pour accomplir un vœu. Parmi les fontaines ou sources renfermées dans l'enceinte sacrée, s'en trouvait une dont l'eau ne pouvait être bue que dans les fêtes solennelles. Autour des temples, se voyaient des volières où l'on élevait les oiseaux destinés aux sacrifices, et des jardins où, pour l'ornementation des autels, on cultivait les plantes remarquables par leurs fleurs ou leur parfum. Enfin un petit bois, semé de collines, de lacs, de rochers créés artificiellement, servait à des chasses sacrées.
Dans le grand temple, au nombre des chambres où l'on gardait l'image des dieux et les ornements destinés à leur culte, se trouvaient deux immenses pièces dont les proportions surprirent les Espagnols. Mais l'édifice qui leur parut le plus singulier fut une vaste prison construite en forme de cage, et dans laquelle on renfermait les idoles des nations vaincues.
De nombreux ossuaires attirèrent aussi l'attention des conquérants. Dans les uns {Cuauxicalli), les os étaient simplement amoncelés; dans d'autres {Tzompatli), les crânes, disposés de