‹ Les AztèquesChapitre 40 sur 49 · VÊTEMENTS · texte numérisé non relu

VÊTEMENTS

OU noirs. D'après Sahagun, les dames nobles se teignaient les dents en rouge à l'aide d'un carmin tiré de la cochenille.

Si leurs vêlements étaient d'une grande simplicité, les Aztèques en revanche se montraient amoureux des bijoux. Outre les plumes, les figurines d'or, les pierres précieuses qu'ils suspendaient à leurs manteaux, ils en ornaient leurs oreilles, leur lèvre inférieure, et se chargeaient le cou, les bras, les jambes, de colliers, de bracelets, d'anneaux. Les gens pauvres faisaient usage, pour leurs pendants d'oreilles, de nacre, de cristal, d'ambre ou de pierres brillantes ; les gens riches, de perles, d'émeraudes, de turquoises, d'améthystes montées en or.

Les meubles, pas plus que les vêtements, ne répondaient par leur luxe au goût prononcé des Aztèques pour les bijoux. Leurs lits se composaient d'une natte de jonc plus ou moins fine, que les riches recouvraient d'un drap, les rois d'une étoffe de plumes. L'oreiller des pauvres, alors comme aujourd'hui, consistait en une pierre ou un morceau de bois. Leurs manteaux servaient de couvertures aux hommes ; nous avons vu que les riches en possédaient en tissus de plumes ou de coton.

Aucun des peuples de l'Anahuac ne connaissait ni les lampes, ni les bougies, ni les chandelles; ces moyens d'éclairage, importés d'Espagne, furent pour eux une cause d'admiration. Sur les côtes, les habitants s'éclairaient à l'aide d un insecte phosphorescent, nommé cucullo, Pyrophorus angustipennis. Toutefois, le luminaire le plus usuel se réduisait à des torches, et plus simplement encore à des branches de pin. Du reste, ces peuples ne veillaient pas; très adonnés au travail, les fatigues de la journée les obligeaient et les obligent encore au repos, aussitôt la nuit venue.

Pour se procurer du feu, les Aztèques frottaient l'une contre l'autre deux branches sèches de rocouyer; on prétend, sans preuve, qu'ils connaissaient le briquet. De même que les Ro-

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mains et nombre d'autres nations^ ils entretenaient dans leurs temples un feu perpétuel.

Ils ne connaissaient pas le savon, auquel ils suppléaient par un fruit et une racine. Le fruit, encore usité, est celui du copaxocotl, sous l'enveloppe duquel se trouve une pulpe qui, dissoute dans l'eau, la rend écumeuse. La racine est celle de YsunoMiy Sapo7iaria americana, assez semblable dans ses effets à notre saponaire. Le fruit du copaxocotl servait au nettoyage des vêtements; l'amolli s'employait pour la toilette.

Langue. — Poésie. — Éloquence. — Théâtre. — Musique. — Danse. — Jeux et divertissements.

Les nombreux idiomes en usage sur la superficie de TÀnabuac — on en compte encore aujourd'hui près de vingt — n'étaient pas un obstacle pour le commerce des Aztèques. Leur langue, qu'avaient parlée les Tollèques, que parlaient encore les Alcolhuas, toutes les tribus d'origine chicbimèque, était en outre généralement apprise par les autres nations soumises à leur

joug-

L'alphabet de la langue aztèque compte sept consonnes de

moins que le nôtre, ce sont : b, d, f, g, /, r et s. Quant aux autres, à l'exception du v, elles se prononcent de même qu'en français. L'articulation ambiguë du v espagnol a été une cause de souci pour les premiers écrivains en langue aztèque, et il en est résulté, dans l'orthographe des mots où se trouve celte consonne, une déplorable anarchie. Ainsi, le mot Tambour est tantôt écrit vévétl, tiéuetl ou huéhuétl, et un Français qui voudrait à son tour reproduire la prononciation mexicaine devrait écrire : houéhouétl.

Parmi les voyelles, il n'y a que le son de Vo qui soit mal défini; il rappelle notre diphtongue eu^ qui n'a pas d'équivalent en espagnol. Le père Carochi, auteur d'une grammaire qui fait autorité, veut que l'on écrive Téotl, Dieu, et non Teutl; ichpotli, jeune fille, et non ickputli. Si nous n'avons pas toujours respecté cette

règle, c'est que nous avons dû obéir à l'usage, ce despote qui brave si souvent la raison.

Du reste, ce n'est pas un médiocre embarras que celui de choisir, parmi l'orthographe adoptée par chaque écrivain espagnol de la première heure, celle qui doit être la vraie. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, le nom du premier roi mexicain est tàiilàlécril Acamapichy Acamapichi, Acamapitzin ^ AcamapixtlL AcamapitZy Acamapic^ etc. Nous avons toujours, dans ces occasions, adopté la forme orthographique la plus moderne : d'abord parce qu'elle reproduit avec plus d'exactitude la prononciation des indigènes de l'Anahuac, puis parce qu'elle s'appuie sur l'étymologie.

Comparé à ceux des nations européennes, l'alphabet de la langue aztèque, nous l'avons vu, est relativement pauvre. Les consonnes les plus employées sont : /, /, x^z, puis les sons // et Iz. Bien que la consonne / soit la plus usuelle, il est curieux de remarquer qu'elle ne se trouve au commencement d'aucun mot.

La langue aztèque, douce et harmonieuse à entendre parler, ne possède aucun son aigu ni nasal, et Tavant-dernière syllabe de presque tous ses mots est longue.

Le pluriel, dans les mots aztèques, se marque par un changement de terminaison. Ainsi, dans les substantifs terminés par //, cette dernière syllabe se remplace par nié ; exemple : pitzatl^ le porCy pitzoméj les porcs; cuicuitzcatlj l'hirondelle, cuicuitzaméy les hirondelles. Cette règle, bien entendu, n'est applicable qu'aux mots terminés par tl; pour les mots dont la finale est en hua on emploie quéy etc., etc.

Les genres n'existent pas dans la langue mexicaine, et mixtli, le lion, désigne aussi la lionne. Pour spécifier, les Aztèques se servaient des mots oquichlliy mâle, et ciliuatl^ femelle, dont ils re-

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