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MUSIQUE

la musique est pourtant le seul art demeuré en enfance parmi eux.

Mauvais musiciens, les Mexicains, en revanche^ étaient très habiles dans Tart chorégraphique et s'y exerçaient dès leur jeunesse sous la direction des prêtres. Leurs danses, assez variées, portaient différents noms. Ils dansaient soit en rond, soit disposés par files entre lesquelles un danseur exécutait des pas de fantaisie, et souvent les femmes prenaient part au divertissement. Les nobles, pour cette récréation, revêtaient leurs habits les plus luxueux et se paraient de bijoux d'or, d'argent ou de plumes. Ils portaient un léger bouclier d'une main, et, de l'autre, ils s'armaient d'une des gourdes remplies de pierres dont nous avons parlé. En exécutant leurs pas, ils agitaient ce grelot de façon à suivre la cadence des aii*s joués par les musiciens. Quant aux plébéiens, ils s'afibblaient, pour danser, de déguisements en pa* pyrus, en peaux ou en plumes, simulant des animaux.

Les danses ordinaires, c'est-à-dire celles qui avaient pour but de divertir les nobles dans leurs palais ; celles auxquelles on se livrait dans les temples, par dévotion, ou encore celles qui s'exécutaient dans les maisons à l'occasion d'une fête domestique, ne réclamaient qu'un nombre limité de partenaires. Ceux-ci formaient alors deux lignes parallèles et dansaient côte à côte, ou en se faisant face. Parfois les deux lignes se croisaient, ou bien un danseur renommé se plaçait entre elles et dansait seul.

Aux grands ballets commémoratifs, qui avaient lieu soit sur les places des marchés, soit sur l'assise supérieure des temples, prenaient part plusieurs centaines de personnes. Les musiciens se plaçaient au centre de la place, et les nobles, se tenant près d'eux, formaient plusieurs cercles concentriques qui se mettaient i\ tourner. Chaque danseur, tout en exécutant ses pas, devait conserver son rang. Le dernier cercle, ayant plus d'espace à parcourir

que les autres, était par cela même plus animé. A peu de dislance de ceux des nobles, les plébéiens organisaient d'autres cercles, puis d'autres étaient formés par les jeunes gens.

Des chants accompagnaient presque toujours les danses ; ils étaient graves au début ; mais, lorsque les musiciens et les danseurs s'animaient, le chant s'accélérait pour conserver la mesure. D'ordinaire, un danseur entonnait un vers, et tous les assistants lui répondaient. Entre les lignes des cercles, des bouffons s'ingéniaient pour amuser la foule par des pas grotesques. Lorsqu'un cercle était fatigué, un autre se formait aussitôt pour le remplacer.

Tel était l'ordre consacré des ballets ordinaires ; cependant d'autres danses, par leur caractère, se rattachaient à l'art dramatique, car elles figuraient un épisode de la vie des dieux, une action héroïque, des scènes de guerre ou de chasse.

Non seulement les prêtres, les nobles et les élèves des deux sexes renfermés dans les séminaires se livraient à la danse, mais le roi lui-même, dans les cérémonies religieuses ou comme récréation, prenait part à ce divertissement. Seulement, il dansait toujours à l'écart, par respect pour sa dignité.

Une danse singulière, très en honneur dans le Yucatan, nous a été décrite par les historiens. On plantait un mât, haut de quinze ou vingt pieds, à l'extrémité supérieure duquel on attachait de nombreux cordons de couleurs variées et d'une grande longueur. Des danseurs saisissaient chacun un de ces cordons, puis, au son des instruments, ils se croisaient, se mêlaient et formaient peu à peu autour du mât une tresse aux dessins symétriques. Lorsque les cordons devenaient trop courts, ils défaisaient la tresse en exécutant de nouveaux pas.

La danse n'est plus guère de mode parmi les descendants des Aztèques ; toutefois, dans les villages éloignés des villes, pendant

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