CONCLUSIONS
1° Différentes observations cliniques établissent la possibilité de bactériémies et de septicémies microbiennes après la provocation d’un choc médicamenteux.
La fréquence en est d’ailleurs difficile à préciser car son appréciation nécessiterait la pratique d’hémocultures en milieu aérobie et anaérobie après tout choc thérapeutique.
Ces « sorties » microbiennes semblent conditionnées par plusieurs facteurs : intensité et répétition du choc, état de résistance de l’organisme. Elles surviennent de préférence chez des sujets asthéniés, soit du fait de la maladie causale ou de la répétition intem-
pestive de la médication.
20 Cliniquement ces « sorties » microbiennes peuvent tantôt se traduire par une bactériémie passagère __ seulement surprise par l’hémoculture et qui n’entrave en rien l’action bienfaisante du choc — tantôt évoluer sous forme d’une septicémie le plus souvent
mortelle.
A côté de ces infections de sortie dues à des micro-
bes visibles doivent prendre place les infections de sortie dues à des virus filtrants (herpès, zona) qui
obéissent aux mêmes conditions d'apparition.
3° Expérimentalement, en provoquant un foyer local par l’injection de différents germes dans un ganslion lymphatique, il est possible de déterminer des migrations sanguines microbiennes à la suite d’un choc, et de reproduire ainsi les phénomènes observés en clinique humaine. Bien plus, la provocation de chocs successifs chez un animal sain est parfois suivie de l’apparition des mêmes phénomènes. Comme chez l’homme ces exodes microbiens peuvent évoluer soit sous l’aspect d’une simple bactériémie ou celui d’une septicémie mortelle.
4° Les expériences rapportées dans ce travail laissent entrevoir le mécanisme de ces « sorties > microbiennes. Elles nrettent en lumière le rôle imputable au système neuro-végétatif qui, par l'intermédiaire de troubles vaso-moteurs ou de lésions vasculaires, permet le passage dans la circulation des germes inclus jusqu'alors dans des foyers inflammatoires circonscrits.
9° Cette éventualité ne survient d’ailleurs qu'après une sommation trop violente exercée sur le système autonome, Car une irritation plus modérée est susceptble, chez l'animal comme chez l’homme, de susciter une hyperplasie des cellules réticulaires et un accroissement de leur activité macrophagique qui assurent la résorption des foyers septiques.
Ainsi tous les effets de chocs notés dans la pratique humaine peuvent-ils être reproduits chez lanimal, depuis la résolution, sans incidents, du foyer inflammatoire, jusqu’à sa dislocation, et jusqu’à même
la survenue de troubles cardio-vasculaires capables d'entraîner la mort.
6° À ne retenir que les faits cliniques, la possibilité de septicémies après un choc thérapeutique commande un maniement prudent de cette méthode, notamment chez les malades dont la résistance physique est très diminuée.
Vu : le Doyen de la Faculté, Vu : le Président de thèse, TIFFENEAU. LEMIERRE,
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l'Académie de Paris,