INTRODUCTION
Les bienfaits des chocs médicamenteux ne sauraient ètre aujourd'hui discutés. Aussi bien dans les services de Médecine que de Chirurgie, de nombreuses ouérisons d’affections très variées ont été rapportées à la suite de l’application de cette méthode thérapeulique qui remonte déjà à plusieurs années. Pourtant, non seulement ces chocs médicamenteux sont souvent inefficaces, mais encore ils peuvent provoquer des accidents variables, diversement interprétés par les auteurs, quoique dans lensemble, considérés comme comportant un pronostic bénin.
C’est à l'étude d’une des modalités de ces accidents, encore peu connue, que nous avons consacré ce travail. Il est possible, en effet, d'observer des « sorties » imicrobiennes après les chocs médicamenteux : soil bactériémies transitoires, soit septicémies véritables.
Cette étude nous a été suggérée par notre maitre le Professeur A. Lemierre à l’occasion d’un cas clinique très démonstratif que nous avons observé avec lui, pendant l’année où nous avons eu honneur d'être
son interne, dans son service de la Clinique des Mala-
Ad
dies Infectieuses à l'hôpital Claude Bernard. IL nous conseilla d'entreprendre une étude expérimentale que nous avons réalisée sous la direction du Docteur J. Reïlly, dans le laboratoire de cette clinique.
Le Professeur A. Lemierre avait déjà, par ses observatlions cliniques personnelles, noté la possibilité de ces accidents ef saisi le lien qui unissait la survenue de linfection sanguine au choc qui l’avail précédée. Ses élèves E. Rivalier et H. C. Pham, avec la collaboration de Ph. Decourt, avaient fait. quelques mois avant nos recherches, une belle étude d'ensemble sur la pathogénie des infections de sortie qui facilitait grandement notre tâche.
Notre rôle s’est borné à suivre les indications de nos maitres. Nous savions combien grand était l'honneur qu'il nous faisaient; et nous avons travaillé avec tout enthousiasme qu’ils ont su nous inspirer, voulant, par chacun de nos gestes, les remercier de l'enseignement reçu,
Fous les jours pendant une année. le Professeur A. Lemierre nous enseigna dans son service, au lit du malade, comment examiner celui-ci, comment grouper les symptômes observés. Pendant une année nous avons admiré les conclusions qu'il en irait, toujours empreintes de ce bon sens si propre à la Clinique fran- ‘aise, Nous lui en sommes respectueusement reconnaissant et le remercions vivement de l’'affectueuse bienveillance qu'il a bien voulu toujours nous témoigner.
Pendant de longs mois, nous avons en outre travail-
PPNIE <:
lé dans cette atmosphère du laboratoire de Claude Bernard créée par J. Reïlly. Il faut y avoir vécu, il faut y avoir passé les heures que nous y avons vécues et passées pour pouvoir apprécier la grande et sincère joie que nous ressentons quand nous nous Considérons son élève. Il nous donna les conseils nécessaires pour pouvoir vérifier expérimentalement la réalité clinique de ces « sorties » microbiennes après
choc médicamenteux; il a su éveiller en nous amour de la recherche; il a su nous imposer les disciplines nécessaires à tout travail d’expérimentation, et surtout il nous a permis de bien le connaître. Notre admiration et notre reconnaissance sont grandes, plus
encore notre affection.