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à mieux en délimiter les frontières. C’est ainsi que ‘Ch. Nicolle proposa d’appliquer le terme « d’infections de sortie >» aux seuls cas où il y aurait association de deux ou plusieurs germes n’ayant entre eux aucun lien de parenté et doué chacun, de propriétés pathogènes. (1)
Pourtant, cette manière de voir est beaucoup trop restrictive, car, comme E. Rivalier, H. €. Pham et Ph. Decourt l’écrivent dans leur mémoire, l'infection de sortie ne nécessite pas le jeu combiné de deux espèces pathogènes : « elle est réalisée chaque fois qu’une cause occasionnelle quelconque provoque la multiplication de germes qu’un organisme hébergeait jusqu’alors sans dommage » (2).
Ainsi précisée la définition d'infection de sortie et élargi son cadre nosologique nous sommes autorisés à parler de « sortie » microbienne après choc médicamenteux.
Et voici les cas cliniques qui justifient cette dénomination 1° SEPTICÉMIES MICROBIENNES
APRÈS CHOC MÉDICAMENTEUX A. — Septicémie à streptocoques après choc par injection de propidon
C’est pendant notre année d’internat dans le service
du Professeur A. Lemierre, à l'hôpital Claude Bernard,
(1) Ch. NicozLE. — L'’expérimentation en Médecine. Paris, 1924. Alcan. EuRe (2) E. Rivazier, H. C. Pam, et PH. DECOURT. — Les infections de
sortie. Essai d'interprétation pathogénique. Revue d’immunologie, Mai 1937, n° III.
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que nous avons eu lPoccasion de recueillir lobservation qui suit, et qui constitua le point de départ de ce travail.
L... Raymond, mécanicien, âgé de trente-six ans, entre dans le service le 2 novembre 1936 pour une angine.
Cette angine aurait débuté il y a une quinzaine de jours. En effet, le 18 octobre 1936, en allant le soir à son travail, en bonne santé apparente, il a été pris brutalement d’un mal de gorge, de malaises et de courbatures. Ce qui d’ailleurs ne l’a pas empêché d’assurer son service toute la nuit.
Mais le lendemain 19 octobre, l’angine s’accentue et s'accompagne d’une dysphagie intense, la fatigue persiste. Se sentant fiévreux le malade décide de prendre le Hit et pendant quatre jours, du 19 au 23 octobre, il soigne luimême son angine avec des gargarismes et des collutoires. Cependant aucune amélioration locale ne se fait sentir.
Le 24 octobre, cinq jours après le début de son angine, il se décide à faire venir son médecin. Celui-ci diagnostique une angine aiguë, lui fait prendre sa température pour la première fois : elle est à 40°. Les jours suivants, la fièvre oscille entre 38° et 39°, la dysphagie s’atténue mais l’angine persiste, quoique moins intense.
Le 2 novembre, estimant qu'il ne peut recevoir chez lui les soins que nécessite son état, le médecin conseille au malade d'entrer à l'hôpital. Le soir même, cet homme entrait dans le service. Sa température était alors à 39°. On lui fit aussitôt un tnsemencement de sa gorge qui resla négatif.
Le 3 novembre, lendemain de l'entrée, la température est à 38°7, le pouls bien frappé à 84, la respiration sensiblement normale, On se trouve en présence d’un homme de constitution robuste et qui, quoique assez abattu et asthénique, répond bien aux questions qu’on lui pose.
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Dans son passé, on relève comme antécédents morbides : une atteinte de paludisme contracté au Maroc au cours d’un séjour de quatre ans, de 1917 à 1921, et qui n’a pas tardé à s’éteindre après son retour dans la métropole ; une pleurésie gauche en 1921. Depuis cette époque il au- ‘ait toujours été bien portant.
Actuellement, de sa gorge le malade ne souffre que très peu. Mais l’attention est cependant attirée par la présence dans la région cervicale droite d’une tuméfaction qui donne au cou un aspect un peu volumineux.
L'examen de la cavité bucco-pharyngte nous montre à droite une tuméfaction modérée de l’amygdale et du piler antérieur. Sur ce dernier il existe un enduit pultacé qui ne semble pas cohérent, que l’abaisse-langue enlève facilement et qui laisse apparaître une muqueuse légèrement ulcérée. A gauche, rien d’anormal, de même que sur le reste de la muqueuse bucco-pharyngée. La langue est un peu saburrale. |
A la palpation de la région latérale droite du cou on est frappé par la présence d’un empâtement mal limité, de consistance ferme, non fluctuant, peu douloureux, et descendant assez bas le long de la région cervicale. La palpation profonde en avant du bord intérieur du sternocleïido-mastoïdien met en évidence deux ganglions petits, indolents, fermes.
Le côté gauche ne présente rien de particulier.
Le reste de l’examen somatique nous pernret de constater quelques sibilances à la base du poumon gauche ; les bruits du cœur sont normaux, réguliers; Ia T. A. de 13-7. Le foie n’est pas augmenté de volume; la rate est seulement percutable sur trois travers de doigt, on ne la palpe pas. Les réflexes tendineux sont normaux, il n’y a pas de Babinski. Dans les 750 ce. d'urines émises en 24 heures, on ne décèle que de l’urobiline.
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L'ensemencement de la gorge pratiqué la veille n’a
as montré de bacilles de Lôüeffler.
sultat
é ytes avec 77 poly-
tologique a donné comme r
lobules rouges; 16.000 leucoc
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Un examen h
, 2 basophiles et
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nucléaires neutrophiles, 15 lymiphoc
4 monocvtes.
Au total il s'agissait d’un malade hospitalisé le 15°
ssait à l'examen presque
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jour d’une an
Par contre, il persiste une atteinte de l’état
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marquée,
l avec abattement, asthénie assez
généra
élévation thermique à 38°7, très probablement en
rapport avec une grosse tuméfaction
ganglionnaire
SOus-Mmaxillo-carotidienne du côté droit.
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BORD ARESEUNENEN. EBSUSBERTER PIE PIPPEA TIC
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On décide de pratiquer un choc médicamenteux, et l’on prescrit une injection intra-veineuse de 5 ce. d’électrargol. Après cette injection, et dans les heures qui suivent, pas de frissons et seulement une ascension thermique à 39°2. Selon l’habitude du service, on ensemence le sang à l’acmé de la poussée thermique provoquée par le choc, dans les milieux aérobie et anaérobie qui restent stériles.
Le 4 novembre la température est à 37°4, mais l’emptement ganglionnaire persiste aussi important que la veille. N'ayant donc obtenu aucun résultat du choc provoqué par l’électrargol intraveineux, on prescrit deux cc. de propidon par voie sous-cutanée que l’on injecte à 11 heures du matin. Là encore pas de frissons, mais ascension thermique atteignant 38° à 13 heures, 39° à 16 heures.
Le 5 novembre la température du matin est à 39°6 ; le soir elle monte à 42°; aucune modification locale de l’adénopathie.
Le 6 novembre l’état général est nettement plus grave. La température est à 38°1 le matin, 40°8 le soir. On note 22 respirations par minute. Le pouls est rapide à 102. Le malade asthénique, inappétent, transpire abondamment. Dans la soirée on pratique deux hémocultures aérobie et anaérobie. Deux jours plus tard on constate la présence d'un streptocoque hémolytique dans les milieux ensemencés.
Le 7 novembre, la température est à 38°2 le matin. Le pouls à 104, régulier; la respiration se chiffre à 19 par minute. Le malade est toujours très abattu. La tuméfaction de l’amygdale droite persiste, Fempatement ganglionnaire a nettement rétrocédé. Quelques râles souscrépitants aux bases. De l’urobiline dans les urines. Dans
l'après-midi nouvelle ascension thermique précédée cette fois-ci d’un frisson intense. Deux nouvelles bémocultures aérobie et anaérobie sont faites et de nouveau deux jours après il pousse un Streptocoque hémolytique. On commence l’administration quotidienne de 6 comprimés de Rubiazol.
Le 8 novembre au matin, température à 37°1, le soir 38°2. T. A. 9-6. L'état général est assez touché; on constate un léger subictère de conjonctives et de la pâleur des téguments. Rien de nouveau à noter au point de vue pharyngé. La tuméfaction ganglionnaire continue à régresser. Rien aux poumons ni au cœur. Pas de splénomégalie. Pas de manifestations articulaires ni cutanées. La diurèse est satisfaisante.
Le 9 novembre, même état général grave avec température à 39°2, pouls à 96, respiration à 28. Rien d'autre à Signaler au point de vue viscéral, Une nouvelle numération globulaire donne les résultats suivants : 3.000.000 globules rouges, 25.000 globules blancs avec 86 polynucléaires neutrophiles, 11 lymphocytes et 2 monocytes. Un dosage d’urée dans le sang a donné 0 gramme 44, On continue le Rubiazol, On pratique le soir deux nouvelles hémocultures et encore un Streptocoque hémolytique est décelé deux jours plus tard.
Le 10 novembre, la température est à 39°8 le matin, 40° le soir. Tachycardie à 110. 24 respirations par minute; l’asthénie est très intense, le malade apparaît légèrement désorienté. La langue est humide. La masse ganglionnaire a presque complètement disparu. Aucune manifestation viscérale, Présence d’urobiline dans les urines. Outre les 6 comprimés de Rubiazol on pratique une transfusion sanguine de 60 ce.
Le 11 novembre, même gravité de l’état général, L’a- Maigrissement s accentue ainsi que la pâleur. Cependant