Matière colorante soluble
M. aurantiacus Cohn [Bacteridium aurantiacum Schrœter).
Gouttelettes ou taches plus ou moins étendues, jaune d'or, cultivées par Schrœter sur des tranches de pommes de terre cuites, par Cohn sur du blanc d’œuf durci.
M. chlorinus Cohn.
Pigment glaireux jaune-verdâtre obtenu sur du blanc d’œuf durci; ne rougit pas, mais se décolore, par les acides.
M. cyaneus Cohn ( Dacteridium cyaneum Schrœter).
Pigment bleu foncé observé par Schrœter sur des pommes de terre cuites et cultivé par Cohn dans des solutions nourricières. Cette matière colorante, rougissant par les acides et revenant au bleu par les alcalins, est tout à fait semblable à celle qui se forme dans les macérations de Lichens, en présence de l’ammoniaque.
M. violaceus Cohn (Bacteridhnn violaceum Schrœter).
Masses ou taches glaireuses, violet-bleuâtre , formées de corpuscules elliptiques plus grands que ceux du M. prodigiosus , observées d’abord par le Dr Schneider, puis par Schrœter sur des pommes de terre cuites.
Plus tard M. Cohn a décrit les deux nouvelles espèces suivantes (1876), qui doivent rentrer dans ce groupe.
M. candidus Cohn.
Taches et points blancs comme la neige observés sur des tranches de pommes de terre cuites.
M. fulvus Cohn.
Gouttelettes couleur de rouille, à cellules globuleuses ou réunies par paires dans une substance intercellulaire lenace, de 1,5 g de diamètre, observées par Eidam, puis Ivirchuer sur le crotin de cheval.
C’est aussi au g. Micrococcm qu’il faut rapporter les petites Bactéries arrondies, douées de mouvement, trouvées par Eberth dans les sueurs bleues , jaunes , rouges , et par Chalvet dans le pus des bords de certaines plaies, mais qu’il ne faut pas confondre avec la coloration bleue du pus produite par un Bacterium.
SECTION (b) : M1CROCOCCUS ZYMOGÈNES
Bactéries globulaires produisant des fermentations de diverse nature.
M. Crepusculum Colin (. Monas Crepvsculum Ehrb).
Cellules globulaires, incolores, se développant dans toutes les infusions de matières végétales et animales en décomposition.
M. Ureæ Cohn.
Cellules ovales, ou isolées, de 1,5 g (Pasteur), de 1,2 à 2 g (Cohn) de diamètre, ou réunies par 2, 4, jusqu’à 8 ( Tonda ), en ligne droite, courbe, en zigzag, ou même en croix. Dans l'urine, dont il transformerait l’urée en carbonate d’ammoniaque (Pasteur).
Un Torula , qui paraît identique au Micrococcus précédent, produirait la décomposition de l’acide hippurique en acide benzoïque et glycollamine (Yan Tieghem).
M. du vin filant, etc.
Cellules globuleuses de 2 ; j. de diamètre, en chapelet, dans le vin filant; peut-être identique au précédent (Pasteur).
Une Torulacée tout à fait semblable se trouve
dans certaines fermentations du tartrate d ammoniaque et de la levûre de bière, avec ou sans addition de carbonate de potasse (Pasteur).
SECTION (c) : MICRO CO CCUS PATHOGÈNES
Bactéries globulaires trouvées dans les affections de nature contagieuse.
M. Vaccinæ Cobn ( Microsphæra Vaccinæ Gohn).
Micrococcus, très-petits, =k peine 0,5 g, isolés, ou réunis 2 par 2 dans le vaccin récent et dans le pus des pustules varioliques', par la culture on obtient des chapelets de 2-8 cellules, puis des amas contenant 16-32 cellules de 10 g et plus de diamètre.
Les M. du vaccin et de la variole sont identiques et Cohn les regarde comme des races différentes de la même espèce.
M. diphtheriticus Cohn.
Cellules granuleuses, ovoïdes, mesurant de 0,35 à 1,1 g, isolées ou plus souvent réunies 2 à 2, ou en chapelet de 4 à 6 cellules ; quelquefois se multiplient en colonies et se répandent dans tous les tissus malades, les décomposent et les détruisent (Œrtel).
M. septicus Cohn (. Microsporon septicus Klebs).
Petites cellules arrondies, de 0,5 g; immobiles et serrées en amas ou réunies en chapelet dans la sécrésion des plaies chez les septicémiques (Klebs); en Zooglœa dans les callosités ulcéreuses, en cellules isolées, réunies 2 par 2, ou en chapelet dans le
sérum de la fièvre 'puerpérale épidémique (Waldeyer); dans tous les tissus, vaisseaux, etc., chez les pyohémiques et les septicémiques.
M. Bombycis Cohn ( Microzyma Bombycis Béchamp).
Cellules, de 1 p., ordinairement réunies par 2, 3, 4, 5 et plus en chapelet dans l’intestin des vers à soie malades de la flacherie.
Dans un travail plus récent, Cohn ( Beüræge , 1875, p. 201), leur donne une forme ovale, 0,5 p. au plus.
Hallier a signalé beaucoup d’autres Micrococcus dans diverses affections contagieuses ou virulentes; nous ne ferons que les indiquer sommairement (1) :
M. de la variole des animaux. Hallier.
Petits M. doués d'un vif mouvement, munis d’un appendice caudal très délicat, quelquefois réunis en forme de petits bâtonnets allongés, trouvés dans les pustules spontanées ou inoculées, dans les canaux lymphatiques et les ganglions des animaux atteints de variole.
M. de la rougeole. Hallier.
Très petits M. incolores, souvent à prolongement caudal, dans les crachats et le sang des malades.
M. de la scarlatine. Hallier.
M. libres ou en colonies, soit à la surface, soit
(1) « Il est assez vraisemblable que Hallier comprend en partie, sous le nom de Micrococcus, les mêmes organismes que j’appelle Bactéries globulaires; aussi la doctrine de Hallier sur les .Micrococcus, ainsi que Hoffmann et de Bary l’ont déjà fait remarquer, est-elle tellement parsemée d’assertions inexactes et d’hypothôsespeu probables, qu’il est impossible de rien conclure des laits qu’il a observés. » i^Cohn, Beit. II, p. 148).
dans l'intérieur des globules sanguins, soit en chaînettes.
M. de la diarrhée épidémique . Hallier.
M. dans matières intestinales avec vibrions, cellules et monades (?)
M. du typhus exanthématique. Hallier.
M. relativement gros, bruns, doués d’un mouvement rapide, quelquefois en chaîne [Mycothrix) , dans le sang.
M. du typhus intestinal. Hallier.
M. très-petits, en repos, dans le sang; M. ronds, plus gros, doués de vifs mouvements, munis d’appendices contractiles, dans les déjections.
Dans la Diarrhée cholérique , on trouve des M. analogues, mais en moins grand nombre.
M. de la morve. Ziirn.
Cellules libres ou appliquées aux globules sanguins, ou même pénétrant dans leur intérieur, quelquefois en chaîne de Mycothrix , dans le sang ; M. très-nombreux, en chaînettes, doués de mouvements rapides, dans les ganglions lymphatiques, le mucus des sinus frontaux, les ulcères chancreux.
M. de la syphilis. Hallier.
M. nombreux, incolores, libres, ou en globules, dans la gonorrhée, l’ulcère primitif et le sang des sujets atteints de syphilis constitutionnelle.
Monades.
A côté des Sphérobactéries, se placent les Monades,
non pas les organismes décrits sous ce nom par les an-
ciens micrographes, comprenant des microphytes, des spores, des animaux infusoires, mais les Monas tels que l’entendent les botanistes actuels. Ainsi limitées, les Monades renferment encore, en outre des microphytes voisins des Sphérobactéries et en différant par leurs dimensions plus considérables, des organismes à affinités douteuses.
De plus, de même que pour les Micrococcus, il est fort probable que les Monades ne sont que des formes, des spores, de Bactéries plus élevées. En effet, M. Cohn rapproche le Monas vinosa d’Ehrenberg du Clalhrocystis roseopersicina Cohn ( Bacterium rubescens Ray-Lank.) en le considérant comme une spore de ce dernier.
Monas vinosa Ehrb. (Cohn, pl. VI, fig. 13. — Warm., p. 347, pl. VIII, fig. 3, 4, 5).
Celi. sphériques, ovales, régulières, de 2,5 p, souvent réunies 2 à 2, formées d'une substance rose à granules plus foncés, à mouvements spontanés.
Hab. Eaux renfermant des matières végétales en décomposition (Ehrenb. 1838, Ch. Morren 1841, Perty 1852, Cohn 1875).
Obs. — Pour M. Cohn, ce seraient les cellules errantes du Clathrocystis roseopersicina.
31. Okenii Ehrb. (Cohn, II, p. 164, pl. VI, fig. 12. — Warming, pl. VII, fig. 1, 2).
Cell. cylindriques, longues de 7 à 15 en moyenne (Cohn), de 10 P (Ehrenberg), quelquefois de 60 à 80 (x (Warming), sur 5 p. de diamètre, d’un beau rouge, à mouvement rapide en toupie, avec un cil à l’extrémité postérieure ou deux cils aux deux extrémités.
Hab. Eaux stagnantes (Ebrb. 1836, Eichwald, Weiss, Gobn, etc.).
M. Warmingii Gohn, II, n° 10, pl. VI, fig. 11.
Cell. roses, cylindriques, contenant à ses deux extrémités arrondies des granules rouge-foncé ; long. = 15-20 [a, larg. = 8 g.; à mouvement indécis ; un cilvibratile.
Hab . Eaux saumâtres des côtes de la Norwége (Warming).
M. gracilis Warming, p. 331, pl. VII, fig. 5).
Cell. droites, cylindriques, roses, arrondies aux deux extrémités; long. = 60 k-, épaiss. = 2 p. ; mouvements lents.
Hab. Eaux douces.
Cf. M. erubescens Ehrb. à cell. ovales, rouge«, de 14 k- de longueur, habitant les eaux salées.
Non cf. Monas Dunalii Joly (. Hœmatococcus salinus Dunal), des eaux des marais salants de la Méditerranée qu’ils colorent en rouge : ce sont les cellules vagabondes du Chlamydococcus Dunalii Cohn.
Obs. — M. Warming pense que les M. vinosa Ehrb., M. erubescens Ehrb., M. Warmingii Gohn, Rliabdomonas rosea Cohn, appartiennent à une seule et même espèce qu’il appelle Bacterium sulfuratum (p. 332, pl. VIII, fig. 6.)
Rliabdomonas rosea Cohn, II, 9, pl. VI, fig. 14.
Cell. rose-pâle, isolées, fusiformes, 8 fois plus longues que larges, ayant 20-30 de long, sur 3,8 à 5 k- de largeur; à mouvement oscillatoire lent, â substance rose contenant de nombreux grains foncés et des vacuoles.
Hab. Eaux stagnantes.
Ophidomonas sanguinea Ehrb., Warm., p. 326, pl. VII,
fig. 8.
Cell. rose-pâle, en spirale, rigides, très-mobiles; épaiss. = 3 ; deux tours de spires distants de 9-12 p..
Hab. Eaux saumâtres du Danemark (Warming). — L ’O.jenensis Ehrb. doit lui être réuni.
Spiromonas Cohnii Warming, p. 370, pl. Vil, fig, 4.
Cell. spiralées, aplaties, à l tour 1/2; diam. = 1,2 à 3,5 P-; larg. = 1,2 à 4 p.; haut. = 90-20 p.
Hab. Côtes du Danemark.
2° Microbactéries Cohn.
Bactéries en bâtonnets, à cellules cylindriques, courtes , douées de mouvements spontanés.
Un seul genre : Les Bacterium.
g.Bacterium Duj. emencl.
Cellules cylindriques ou elliptiques, libres ou réunies2par2pendant leur sectionnement, rarementpar 4, jamais en chaînettes {Leptotlirix ou Torula), quelquefois en Zooglœa , (différents des Z. des B. globulaires par une substance intercellulaire plus abondante et plus ferme), à mouvements spontanés, oscillatoires , très-vifs surtout dans les milieux riches en matières alimentaires et en présence de l’oxygène.
On pourrait, comme pour les Sphérobactéries, diviser les B. bacillaires en 3 groupes : 1° Bact. des putréfactions : Ë. Termo , B. Lineola et leurs formes; 2° B. des fermentations lactique, acétique, etc.; 3° B. chromogènes : B. du lait et du pus colorés.
B. Termo Ehrb. 1830, Duj. ( Vibrio Lineola Ehrb. ex p.
1838; Monas Termo Müller).
Cell. cylindriques, un peu renflées au milieu, isolées, quelquefois réunies 2 par 2, 2 à 5 fois aussi longues que larges; long. =2 à 3 g-; épais. = 0,6 à 1,8 (*; mouvement oscillatoire.
Apparaît au bout de très-peu de temps dans toutes les infusions de matières animales ou végétales, se multiplie avec rapidité en nombreux Zooglœa , puis disparaît à mesure que d’autres espèces auxquelles il sert de nourriture viennent à se développer. D’après des observations récentes, cette Bactérie serait munie de cils (Dallinger, Drysdale, Warming) ; ce dernier l’aurait aussi trouvée à l’état de Torula. (Voy. pl. VIII, fig. 12, 17, 21, 23).
Le B. Termo est le véritable agent, la cause première de la putréfaction; c’est le vrai ferment saprogène (Cohn).
— M. Warming a décrit récemment 2 formes voisines :
B. griseum , à cellules plus fortes, plus arrondies : long. = 2,5 à 4 p.; épaiss. = 1,8 à 2,5 g. ; dans les infusions d’eaux douces et d’eaux salées.
D. littoreum , à cellules ellipsoïdes ou allongées, doucement arrondies : long. = 2 à 6 (/. ; épaiss. = 1,2 à 2,4 p. Côtes du Danemark.
B. Lineola Colin, II, pl. III, fig. 2. ( Vibrio Lineola Ehrb. exp., Du]., Miiiler, V. tremulans Ehrb., Bacterium triloculare Ehrb.).
Cellules cylindriques, droites, rarement un peu tordues, plus grandes que les cellules du B. Termo , isolées ou reliées 2 par 2, quelquefois par 4, jamais plus ; long. — 3,8 à 5,25 p. ; largeur atteint 1,25,,.; mouvements analogues à ceux du B. Termo, mais un peu plus vifs.
Se trouve dans diverses infusions végétales 011 animales d’eau douce et d’eau de mer, prend souvent la forme de Zooglœa contenant des bâtonnets immobiles dans leur substance muqueuse ; M. Warmingl’a rencontré sous la forme de chaînettes composées de 8 à 10 cellules (Tomla) ; son plasma est ponctué de grains foncés.
On ignore si le B. Lineola constitue un ferment spécifique (Cohn).
— Le B. fusiforme Warming, pl VIII, fig. 8, 24, diffère du précédent par la forme de son corps atlénué aux deux extrémités ; long. = “2 à o a; larg. = 0,o à 0,8 p; plasma non-ponctuô.
A côté de ces espèces bien étudiées, on peut placer les suivantes qui demandent de nouvelles recherches.
B. Punctum Ehrb.
Bâtonnets ovoïdes, allongés, incolores, à mouvements lents, oscillants, souvent assemblés par deux; long. = 5,2 g; épais. = 1,7 g. — Diverses infusions de substances animales.
B . Catenula Duj.
Corps filiformes, cylindriques, souvent assemblés par 3, 4, 5; long. = 3 à 4 g; épais. = 0,4 à 0,5 (a. Dans les infusions fétides, la fièvre typhoïde (Coze et Feltz).
Vibrion lactique (Pasteur).
« Articles presque globuleux, très-courts, un peu renflés aux extrémités : longueur d’un article = 1,6 (S d’une série = 50 [>,. »
Ce V. paraît se rapporter aux B. Catenula ou Termo ; il se développe, d’après M. Pasteur, dans les
liquides sucrés où il détermine la formation de l’acide lactique et la coagulation du caséum du lait. Mais d’après d’autres recherches, la caséification aurait lieu sous l’influence d’un ferment soluble (zymase) et non d’un ferment organisé.
Ferment acétique ( Mycoderma aceti Pasteur, Ulvina aceli Ktg).
« Articles courts, étranglés, 2 à 3 fois plus longs que larges, long. = 1 ,S p-, souvent réunis en longues chaînettes formant des pellicules à la surface du liquide. »
Cette espèce est aussi très-voisine des précédentes; il ne faut pas la confondre avec le Mycoderma vint , qui peut se développer dans les mêmes milieux mais qui est un Champignon du groupe des Saccharomycètes.
La Fermentation acide de la bière paraît due à une forme de Bacterium répondant au B. Termo (Cohn), mais un peu plus grande que le type. M. Cohn y a trouvé, en effet, en outre de Saccharomyces ovales, des Bactéries elliptiques, mobiles, souvent réunies par 2, rarement par 4, etc.
Vibrion tartrique droit (Pasteur).
Bactérie semblable au ferment lactique, à articles globuleux, courts, de 1 p., réunis en chaînes de 50 p environ.
Décomposerait l’acide racémique en faisant disparaître l’acide tartrique droit et mettant en liberté l’acide tartrique gauche.
Microbactéries chromogènes .
B. xanthinum Schrceter ( Vibrio synxanthus Ehrb.).
« Corps cylindrique, peu flexueux, formé de corpus-
cuirs dépassant rarement le nombre de 5 ; longueur d’un article = 0,7 à 1 ^ .
Dans le lait de vache altéré, auquel il donne une coloration jaune. >:
B. syncyanum Schrœter ( Vibrio syncyanus Ehrb.).
Ce B. quia les mêmes caractères que le précédent a été observé dans le lait de vache aigri, auquel il donne une coloration bleue.
B.œruginosum Schrœter.
Dans le pus bleu verdâtre.
Ces B. chromogènes ressemblent tout à fait au vibrion lactique, B. Termo ou Catenula ; d’après M. Bobin, les laits colorés contiendraient des Vibrions incolores et la coloration serait due à une Algue voisine des Leptomitus.
B. brunneum Schrœter.
Bâtonnets dans matière colorante brune des infusions corrompues de mois.
A la suite des .Microbactéries colorées, je place deux espèces de Bacterium décrites dernièrement par MM. Bay-Lankester et Warming.
B. rubescens Ray Lank. 1873.
Sous ce nom M. Ray-La nkester a décrit des phases de développement du Clathrocystis roseo-persicina de Cohn. Or, M. Colin tend à regarder le Monas vinosa Ehrb., comme les cellules errantes du Clathrocystis. D’un autre côté, M. Warming a décrit son :
B. sulfuratum Warming, 1876, en lui donnant pour synonymes : Monas vinosa Ehrb., M. erubescens Ehrb., M. Warmingii Cohn, Bhabdomonas rosea Cohn ; il s’ensuit donc que les Monas que nous avons décrites avec les Sphérobactéries, doivent se rapporter à un Bacterium
Magnin. 6
appelé sulfuration par M. Warming, mais qui serait aussi identique au B. rubescens deM. Ray-Lankester.
(Yoy. Ray-Lankester : On the Peacli-coloured Bacterium in Quat. Journ. ofmicr. sc., 1873, t. XIII, p. 408 et Quat. Journ... 1876, t. XVI, p.27. — Cohn : Beitrœge, 1875, t. I, Hft 4, p. 162-168. — Warming : Om nogle vecl Danmarks . . . in VidenskMedd.f. d. naturh. Foren. i Kjübenhavn, 1875, p. 332-354 et pp. 5-10 du Résumé français.)
3° Desmobactéries.
Bactéries filiformes, composées d’articles cylindriques. allongés, isolés ou en chaînettes plus ou moins étendues, par suite d’un sectionnement transversal; sous cette forme, elles correspondent aux Leptotlirix Auct. (différant des Torula en ce que les filaments ne sont pas étranglés au niveau des articulations), filaments réunis quelquefois en essaims, jamais en Zooglœa ; les mouvements et l’état de repos alternent et sont sous la dépendance de la présence ou de l’absence de l'oxygène, de la réaction des milieux et d’autres conditions encore inconnues; quelques formes ne présentent jamais de mouvement. — Bactéridie de Davaine (Cohn).
Nous ne conserverons dans Jes Desmobactéries que le genre Bacillus Cohn; les Vibrions devant plutôt être rapprochés des Spirîllum à cause de leur filament ondulé. Cependant, après l’exposition des différentes espèces de Bacillus , nous dirons quelques mots de trois genres d’Oscillatoriées incolores qui s’en rapprochent beaucoup : les Leptotlirix , les Beggiatoa et les Crenothrix.
1° Fil. à articulations peu nettes.
Fil. très-minces, courts Bacillus.
Fil. très-minces, longs Leptothrix.
Fil. épais, larges Beggiatoa.
2° Fil. articulés distinctement Crenothrix.
g. Bacillus Cohn.
Les Bacillus sont caractérisés par des filaments minces, droits, courts ou d’une longueur moyenne, roides ou flexibles, doués ou non de mouvement.
Une espèce est chromogène : c’est le B. ruber de M. Cohn ; enfin c’est à ce genre qu’on doit rapporter les Amylobacter de M. Trécul.
B. subtilis Cohn ( Vibrio subtilis Ehrb., Ferment butyrique Pasteur).
Filaments très-minces et allongés, formés ou d’une seule cellule ayant habituellement 6 p de longueur, ou de deux articles dont la longueur totale est alors de 12 !X, ou de 3 (long. = 16 p.), ou d’un plus grand nombre (pouvant aller jusqu’à 20 et la longueur totale à 40, 60 et 130 ja) ; épaisseur non mesurable; mouvements de flexion active et passive très-nets, de translation en avant et en arrière ; reproduction par scissiparité et par spores globulaires ou ovales se développant dans l’intérieur des articles (Cohn).
Se trouve dans les eaux stagnantes.
Joue un grand rôle dans la fermentation butyrique (Pasteur) : ce B. existe dans la présure, peut supporter une température de 105° et vivre dans un milieu dépourvu d’oxygène libre; il y prend une forme céphalée , contenant des spores persistantes qui, mises en liberté, vont donner naissance à d’autres bâtonnets de Bacillus {Cohn).
B. anthracis Cohn (. Bactéridie charbonneuse Davaine).
Espèce très-voisine de la précédente, généralement plus longue et toujours immobile; long. = 4 à 12 et même 50 p. : épaisseur à peine appréciable = 0,8 à 1 p. (Boilinger).
Le B. anthracis se développe dans les affections charbonneuses chez l’homme (pustule maligne), le mouton (sang de rate), le bœuf (maladie de sang), le cheval (fièvre charbonneuse), le lapin, le cobaye, le rat, etc., jamais chez le chien, le chat, les oiseaux et les animaux à sang froid; on le trouve surtout dans les vaisseaux capillaires.
Cultivée dans d'autres milieux, tel que l’humeur aqueuse de l’œil du bœuf, la Bactérie charbonneuse développe dans l’intérieur de son filament des sporules qui peuvent germer et reproduire les bâtonnets (Koch).
D’après des observations récentes et inédites, en cultivant le B. anthracis dans le sang du chien, on a obtenu le développement de véritables sporanges contenant 3 à 6 spores (Toussaint in lût.).
B. Amylobacter Yan Tieghem ( Amylobacter , Urocephalum et Clostridium Trécul.)
B. se présentant comme les précédents sous diverses formes : en filaments cylindriques, articulés, de 6,6 à 26 p. de longueur, sur 1,1 p. de largeur; ou en forme de têtard avec une spore dans le renflement terminal, de fuseau avec une spore dans son milieu. Ne diffère en somme du B. subtilis que par l’apparition de l’amidon dans son protoplasme à la fin de la période de multiplication.Ces B. sont parfois doués de mouvement (Nylander).
Il se développe dans les tissus végétaux qui tombent en putréfaction, spontanément suivant M. Trécul, ou introduit du dehors par un mécanisme encore inconnu. Ce serait l’agent essentiel de la putréfaction végétale (Yan Tieghem : Bull. Soc. bot. de France. 1877, t. XXI Y, p. 128).
Obs. — Les diverses formes signalées, les inoculations, etc., font penser au Bacterium putredinis décrit par M. Davaine et dont l’histoire présente beaucoup d’analogie avec celle du B. Amylobacter , sauf en ce qui concerne l’amidon (Voy. Dict. encycl., art. Bactérie , p. 23).
B. Ulna Gohn ( Vibrio Bacillus Ehrb).
Filaments articulés, épais et rigides, formés de 1,2 à 4 articles droits ou brisés en zig-zag ; longueur d'un article = 10 (jl ; largeur = p.; longueur d’un filament de 4 articles = 42 p- ; mouvements de rotation sur lui-même et de progression lente dans le liquide.
Se développe dans infusions diverses d’eau de mer et d’eau douce. Dans certaines cultures, M. Gohn, a vu de gros globules (spores?) se former dans le plasma ; M. Warming croit lui avoir découvert des cils (/. c., p. 28).
B. ruber Cohn, Beitræge ... 1875, Hft. 3, p. 181, pl. VI, fig. 17.
Longs bâtonnets isolés ou réunis par 2 ou par 4, se mouvant très-vite; dans substance muqueuse rouge , vermillon, développée sur des grains de riz ; observés par MM. Franck et Gohn.
M. Davaine a décrit en outre 5 autres espèces de Bactéridies qui paraissent être des Bacillus ; ce sont :
La Bactéridie intestinale.
Filam. droits, épais, de 10 à 40 p. de longueur. Dans l’intestin des oiseaux.
La B. du levain.
Filam. minces et courts, de 10 à 20 p., divisées en 2, quelquefois 3-4 articles, identique à la B. du charbon (Davaine).
La B. glaireuse.
Filam. d’une minceur extrême, droits ou coudés, atteignant 10 p. de long.
La B. du vin tourné.
Filam. très-ténus, de longueur variable, flexibles, indistinctement articulés.
La B. des infusions.
Fil. de 10 à 20 p. dans infusions diverses.
g. Leptothrix Ktz.
Les Leptothrix diffèrent des Bacillus par leurs fîlalaments très-longs, adhérents, très-minces etindistinctement articulés.
Leurs formes sont nombreuses ; voici les principales :