HISTORIQUE
Les Bactéries sont les organismes les plus inférieurs, situés sur la limite des deux règnes, animal et végétal, et ainsi définis par les botanistes qui se sont le plus récemment occupés d’eux :
« Cellules dépourvues de chlorophylle, de forme globulaire, oblongue ou cylindrique, parfois sinueuse et tordue, se reproduisant exclusivement par division transversale, vivant isolées ou en familles cellulaires, et dont les affinités les rapprochent des Algues, et en particulier des Üscillariées. »
Mais, avant d’arriver à ce degré relatif de précision, l'histoire des Bactéries a passé par les vicissitudes les plus diverses : tantôt considérées comme des animaux, tantôt prises pour des végétaux, transportées des Algues aux Champignons, on est même allé jusqu’à leur refuser la nature d’êtres vivants (Polotebnow) ; ce qui s’explique par l’exiguité de leurs dimensions et les difficultés dont leur observation est entourée.
Bien que l’historique en ait été fait dans plusieurs publications, nous croyons devoir le résumer ici à nouveau, en le complétant par l’indication des principaux travaux qui ont paru dans ces dernières années.
Le premier observateur qui aperçut des Bactéries est Leeuwenhoeok; déjà, vers 1675, examinant par hasard, avec ses verres r/rosiissants , une goutte d’eau croupie, le père de la micrographie y avait remarqué, avec un profond étonnement, un monde de petits globules qui se mouvaient avec agilité : l’année suivante, il reconnais-
Magnin 2
sait la présence de Bactériens dans les matières intestinales et dans le tartre des dents, et, s’il ne les a pas dénommés, il est facile de s'assurer, par les descriptions qu il a données de leurs formes et de leurs mouvements, par les figures qui accompagnent ces descriptions (1), que les organismes observés par lui sont bien des Bactéries, des Vibrions et peut-être même des Leptolhrix .
En 1773, O. F. Mueller, cherche à classer ces organismes. Il en fait un groupe d’infusoires, sous le nom d ' Infusoria crassiascula et y établit deux genres : les q. Monas et Vibrio\ le premier, ainsi caractérisé : « vermis inconspicuus , simplicissimus , pel/ucidus , punctiformis », comprenait les espèces suivantes : 31. Termo , Atomus, Punctum , Ocellus, Lens , Mica, tranquilla , Laméllula, Pulvisculus , Um , qu’il est impossible de rapporter aux espèces admises actuellement; le g. Vibrio , « vermis inconspicuus, simplicissimus , ter es, e long (dus, » renfermait, sous 35 noms spécifiques, avec de véritables Bactériens, des êtres appartenant à d’autres classes de végétaux et d’animaux.
Dans la classification des Infusoires que Bory de Saint-Vincent donna à Y Encyclopédie méthodique (1824), d’abord, puis au Dictionnaire classique cï histoire naturelle (1830) , les Bactériens sont distribués dans deux familles différentes des Microscopiques Gymnodés, les Monadaires et les Vibrionides. En outre des 3Ionas proprement dits, dont le Monas Termo a été du reste conservé par la plupart des Bactériologues, les Monadaires renfermaient des Infusoires véritables qui n’ont aucun rapport avec les Monades. Il en était de même des
(I) Leeuwenhoeck. Opéra omnia, Lugd.-Batav., 172'.’, II. p. 40, üg. A
àG.
Vibrionides dont les genres Vibrio et Melanella comprenaient des êtres très-différents par leur organisation; en effet, à côté de véritables Vibrions, à côté des Bacterium et Spirillum (constituant le g. Melcmella ), Bory y avait placé des Vers nématodes, tels que l’Anguillule du vinaigre.
Avec Ehrenberg (1838) et Dujardin (1841), la famille des Vibrioniens s’établit sur des caractères plus homogènes et leurs espèces sur des distinctions véritablement scientifiques. Mais ces deux observateurs, suivis en cela par M. Davaine, repoussent complètement les affinités des Bactériens allongés (Bactéries, Vibrions, etc.) avec les Bactériens ponctiformes (Menas) , et il faut venir jusqu’à MM. Hallier, Hoffmann, Colin et la plupart des botanistes récents, pour voir ces deux formes rapprochées de nouveau. En effet, Ehrenberg définit ses Vibrioniens, qu’il range entre les Volvocinées et les Clostéries, « des animaux filiformes, distinctement ou vraisemblablement polygastriques, anentérés, nus, sans organes externes, à corps de Monadinés uniformes et réunis en chaînes ou séries filiformes, par l’effet d’une division incomplète. » Il y plaçait tous les corpuscules filiformes doués de mouvements propres , formés par des articles, et 'es divisait en quatre genres :
i° Bacterium : filaments linéaires et inflexibles; trois espèces;
2° Vibrio : filaments linéaires, serpentiformes, flexibles; neuf espèces ;
3° Spirillum : filaments spiralés, inflexibles; trois espèc
4° Spirochæla : filaments spiralés, flexibles; une espèce.
Un cinquième genre, ne comprenant qu’une espèce, le Spirocliscus fulvus , à filaments hélicoïdes, inflexibles, disposés par couches contiguës, n’a pas été revu depuis
Ehrenberg. Ajoutons qu’Ehrenberg leur attribuait souvent une structure complexe, des estomacs plus ou , moins nombreux, des trompes, des cils servant à la locomotion de l’animal, tous caractères que les observateurs plus récents n’ont pas réussi à retrouver. Cependant il nous faut faire une exception pour les cils dont l’existence a été constatée récemment chez plusieurs Bactériens par divers botanistes, entre autres par MM. Cohn et Eug. Warming.
Dujardin (1841), dans son Histoire naturelle des Zoo phytes , conserva la famille des Vibrioniens d’Ehrenberg parmi les Infusoires, en les caractérisant ainsi : « Des animaux filiformes, extrêmement minces, sans organisation appréciable, sans organes locomoteurs visibles. »
Il n’y lit que peu de modifications, dont la principale consista à réunir les Spirochæta aux Spirillum , Dujardin rejetant le caractère qu’Ehrenberg tirait de la roideur des Spirilles : par le fait, le Spirochæta plicatilis Ehrb. devint le Spirillum plicatile Duj.; mais, comme on le verra plus tard, cette réduction n’a pas été maintenue. Dujardin classait donc les Bactériens en :
1° Bacterlum : filaments rigides à mouvement vacillant;
20 Vibrio : filaments flexibles, à mouvement ondulatoire;
3° Spirillum : filaments à hélice, à mouvement rotatoire.
Jusqu’alors, on avait considéré les Bactéries comme des animaux placés au bas de la série. Dorénavant, la tendance à les placer dans le règne végétal va s’accentuer de plus en plus. Déjà, dès 1853, M. Ch. Robin avait signalé la parenté des Bactéries et des Vibrions avec les Leptothrix ; cette opinion, qui n’avait pas été d’abord lavorablement accueillie par les auteurs adop-
tant presque tous les coupes génériques d’Ehrenberg et de Dujardin, est acceptée aujourd'hui par beaucoup de botanistes, surtout depuis les travaux de Cohn (voy. plus bas : Classification). Quoi qu’il en soit, c’est à M. Davaine (1859), qu’on doit d’avoir nettement indiqué que les Yibrioniens sont des végétaux, voisins des Algues et en particulier des Conferves (1). Ce même auteur, ayant observé des Bactéries immobiles, crut devoir prendre ce caractère en grande considération, et établir d’après lui une 4e coupe, le g. Bacteridium, qu’il ajouta aux trois autres admis par Dujardin; mais dans cette création il fut moins heureux que pour son rapprochement des Yibrioniens des végétaux, car nous verrons plus bas que ce caractère de mobilité ou d’immobilité, n’est pas absolu et qu’il dépend de l’âge de la Bactérie ou de diverses conditions de milieux.
L’exposé complet le plus récent de la classification et des idées de M. Davaine se trouve dans le Dictionnaire encyclop. des sciences médicales , art. Bactéries (1868). On peut le résumer ainsi qu’il suit :
Filaments droits ou J Se mouvant Spon- ) Rigides . . Bacterium.
infléchis, mais non > tanément j Flexueux.. Yibrio.
en hélice 'immobiles Bacteridium.
Filaments tournés en hélice Spirillum.
Le g. Bacterium comprend 6 espèces; les B. Termo , Catemla , Punctum, trïloculare ou articulatum , déjà décrits par Ehrenberg et Dujardin, et les B. putredinis et capitatum , nouvelles espèces de M. Davaine, établies, la première, pour une Bactérie déterminant la pourriture
(1) Traité des Entozoaires. Paris, -1859, p. 03; Comptes-rend. Acad, sc., 1864, t. LIX, p. 630; — Dict. encycl , art. Bactérie, 1868, p. 14.
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des plantes, la seconde, pour une espèce renflée à l’extrémité, observée dans des macérations et d’autres milieux.
Le g. Vibrio renferme 12 espèces: les Y. Lineola , tremu/ans , Ftugida , prolifer , Serperis , Bacillus , synxanthus et syncyanus des auteurs antérieurs et les Vibrions lactique , butyrique et tartrique droit découverts par M. Pasteur dans ces diverses fermentations.
Dans le g. Bacteridium , M. Davaine place 5 nouvelles espèces : les Bactéridies charbonneuse, intestinale , du levain , glaireuse , et des infusions : il y rapporte de plus le ferment qui d’après M. Pasteur, occasionne la maladie du tourné.
Enfin le g. Spirillum comprend les espèces $. Unclula , teime, vo/utans d’Ehrenberg, les A. rufurn et leucomoe de Perty, et le &. plicalile Duj.
A partir de ce moment, l’histoire des Bactéries entre dans une nouvelle phase : les travaux de M. Pasteur sur les organismes inférieurs et leur rôle dans la fermentation, les recherches de Ml\l. Davaine et Hallier sur la Bactéridie charbonneuse et les Micrococci des maladies contagieuses, appellent l’attention des chimistes et des pathologistes sur ces organismes et en particulier sur les Bactéries; leur origine, leur évolution, les particularités physiologiques de leur nutrition et de leur reproduction, font l’objet de nombreux travaux, et donnent lieu aux discussions passionnées qui se sont produites au sujet de la génération spontanée, du polymorphisme des champignons, des théories des fermentations et de la pathogénie des maladies infectieuses et virulentes. Aussi l’exposé de ces recherches souvent contradictoires est-il extrêmement difficile : nous le ferons succinctement,
insistant de préférence sur les travaux concernant la systématique des Bactériens, et nous réservant du reste de revenir sur l’historique de plusieurs points, lorsque nous aborderons leur étude dans les chapitres spéciaux de cette thèse.
Le premier mémoire important publié après celui de M. Davaine sur les Bactéries, est de M. Hoffmann, en 1869 (1); il y démontre que: 1° les Bactéries sont des plantes à organisation cellulaire très-distincte; 2° qu’on ne peut les classer que d’après leur forme et leur taille, d’abord en Monades et en Bactéries linéaires, et ces dernières en Microbactéries, Mésobactéries et Mégabactéries ; (M. Hoffmann comprend dans les Bactéries linéaires les Vibrio , Bacteriurn et les Leptothrix qui sont des Bactéries réunies en chapelet) ; 3° que la mobilité ou l’immobilité n’est pas un caractère spécifique mais peut se présenter dans la même espèce, sous l’influence des changements de température, de densité des milieux, etc. M. Hoffmann étudie aussi l’origine des Bactéries et repousse l’hypothèse d’une génération spontanée; quant à leur rôle dans les phénomènes de décomposition des corps organiques et dans les fermentations, M. Hoffmann avoue « qu’à l’exception de la levure et des ferments acétique et butyrique, tout le reste est encore enveloppé d’obscurités ».
M. Cohn est le naturaliste qui s’est de nos jours le plus occupé des Bactéries. En 1853, il publiait sur ce sujet ses premières recherches (2); le genre Zoocjlœa
(O Mémoire sur les Bactéries, in Ann. des sc. natur., 1869, sér. 5, t. XI, pp. 1-70. — Botan. Zeit., 1869, nos 15-O20.
(2) Ueber die Entwicklungsgeschichte mikroskopicher Algcn und Pilze, in Nova acta Acad. Car. Lcop. nat. eur., XXIV, I, 1858, p. US
qu’il établit à cette époque pour des Bactéries disposées en masses gélatineuses diffuses ou plus ou moins rassemblées, ne fut pas une création heureuse : adoptés d’abord par M. Rabenhorst qui, dans son ouvrage sur les Algues d’eau douce d’Europe (1), les place à la suite des Palmellacées, tandis qu’il classe les autres Bactériens, Vibrio et S'pirillum dans la famille des Oscillariées, les Zoofjloea sont plus tard définitivement abandonnés comme coupe générique par leur auteur et conservés seulement comme dénomination d’un des divers états transitoires par lesquels les Bactéries passent dans le cours de leur évolution ( Zooglœa , Leptothrix , Torula).
Vingt ans plus tard, le même savant commence la publication, dans ses Beitrœge zur Biologie der P flanzen, d’une série de Mémoires sur ces organismes. Dans le premier, l’auteur fait l’exposé de ses recherches sur la systématique des Bactéries, (organisation, développement, classification), et sur leur action comme ferments.
M. Cohn les considère comme un groupe bien défini, les Schizosporées, qu’on doit placer dans les Algues, au commencement de la série des Phycochromacées, avec plusieurs familles desquelles les différents genres de Bactériens ont beaucoup d’affinités. 11 reconnaît cependant que 1 absence de la chlorophylle les rapproche, du moins au point de vue fonctionnel, des Champignons. Observons à ce sujet que ce dernier caractère l’emporte pour d’autres botanistes, tels que M. Nægeli, qui décrit les Bactériens comme des Champignons, sous le nom
(1) Flora europæa algarum... 1865.
de Schizomycètes. M. Gohn divise les Bactériens en 4 tribus, comprenant 6 genres :
1° Les ftphærobacteria ou B. globulaires;
2° Les Microbacteria ou B. en bâtonnets;
3° Les JJesmobacteria ou B. filamenteux;
4° Les Spirobacteria ou B. spiralés.
Nous reviendrons du reste sur cette classification.
En 1874, M. Th. Billrotk (1), dans ses recherches sur le Coccobacteria septica , expose des opinions tout à fait différentes de celles de M. Cohn. Pour M. Billroth, les Bactéries varient considérablement de formes, suivant les milieux et diverses circonstances, mais ne constituent qu’une seule espèce, la Coccobactérie septique. Cet organisme végétal peut se présenter sous la forme d’articles globuleux {coccos) ou sous celle de bâtonnet {bactérie)', ces deux formes peuvent se reproduire identiques à elles-mêmes en s’allongeant et se sectionnant transversalement ou passer de l’une à l’autre. M. Billroth les a, en effet, trouvées réunies dans le même filament, ce qui ne lui laisse aucun doute sur leur parenté ; chacune de ces deux formes peut de plus présenter des variations de taille , d’après lesquelles on a établi les divisions suivantes :
(l) Untersuch. iiber die vegetationsformen von Coccobacteria septica, und die Antheil welchen die an der Entstehung und Verbreitung der accidentellen Wundkrankheiten haben... Berlin, 1874.
Micrococcos, Mésococcos, Méga coccos.
Microbactérie.
Mésobactérie.
Mégabactérie.
et des variétés d 'association qui ont motivé les dénomL nations de :
Monococcos,
Diplococcos,
Streptoeoccos,
Gliacoccos,
Pétalocoecos,
Ascococcos.
Moriobactérie.
Diplobaclérie.
Streptobactérie.
Gliabactérie.
Pétalobactérie.
L’année suivante (1875), Cohn, dans la 2e partie de ses recherches sur les Bactéries (1), critique les opinions émises par M. Billroth dans le mémoire précédent. M. Cohn croit devoir regarder comme espèces et genres distincts toutes les Bactéries ayant une forme particulière et agissant différemment comme ferments, tant que la preuve de leur identité n’aura pas été donnée d’une manière évidente. Bevenant aussi sur les affinités et la classification de ces organismes, il insiste de nouveau sur leur parenté étroite avec les Phycochromacées, et ne distinguant plus les Bactériacées comme une famille spéciale , il dissémine ses différents genres dans un groupe qu’il appelle Schizophytes et où il place la plupart des Chroococcées et des Oscillariées. Nous reviendrons du reste sur ce sujet à propos de la classification des Bactéries.
En 1876, parut dans le même recueil ( Beitræge , de Cohn), deux mémoires importants : le premier, de M. Cohn, traite de l’influence de la température sur les Bactéries, de leur origine, de la formation des spores dans les Bacillus du foin et du Charbon (2); dans le second,
(1) Beitræge zur Biologie der Pflanzen, 1875, 2e Heft., p. 127.
(2) Beitræge.., 1876, 2e Bd., p. 249.
M. Koch expose le résultat de ses recherches sur la Bactéridie du Charbon ou Bacillus anthracis ; M. Koch a pu, par des cultures habiles, ensuivre le développement complet, assister à la formation des spores, dont la vitalité est très-grande, et qui sont les principaux agents de la transmission de cette terrible maladie (1).
J’aurais encore à signaler, en outre de ces ouvrages spéciaux, une quantité de notes, de mémoires disséminés dans les Revues et les publications périodiques; on en trouvera la liste, dans la Bibliographie, à la lin de ce travail. Cependant je crois devoir citer encore le récent ouvrage de M. Nægeli, sur les Champignons inférieurs et leur rôle dans les maladies infectieuses (2). Le savant professeur de Munich y étudie les divers Champignons qui produisent les décompositions ; il les divise en trois groupes : les Mucorinées, les Saccharomycètes et les Schizomycètes qui correspondent aux Bactériens ; pour M. Nægeli, les Bactéries sont donc les Champignons ou les levûres de la pourriture.
En présence de ces opinions si diverses sur la nature des Bactéries, leur place dans la classification, nous terminerons en disant avec M. Cohn :
« Tant que les constructeurs do microscopes n’auront pas mis à notre service des grossissements beaucoup plus
(1) Beitræge... 1876, 2° Bd., 2e Heft, p. 277 Voy. aussi la traduction abrégée par M. Iienneguy dans la k Revue scientifique » du 27 janvier 1877, p. 732.
(2) Niedcren Pilze in ihren Beziehungen zu den Infectionskrankheiten und der Gesundheitspllege, München, 1877 : la traduction est en cours de publication dans la « Revue internat, de M. de Lanessan, 1878, » n00 1, 4, 6, 10.
puissants et autant que possible sans immersion, nous nous trouverons, dans le domaine des Bactéries, dans la situation d’un voyageur qui erre en pays inconnu à l’heure du crépuscule, à ce moment où la lumière du jour ne suffit plus pour faire distinguer les objets d’une façon nette et sûre et où ce voyageur a conscience que, malgré toutes ses précautions, il ne pourra manquer de s’égarer en chemin. »