C. Characées
A’. Ascomycètes.
B’. OEcidiomycètes.
G’. Basidiomycètes.
Nos préférences sont pour ce dernier mode de classement; mais obligé, dans la description des espèces, de suivre la classification de M. Gohn, la plus complète qui ait été donnée jusqu’à présent, nous serons forcé de l’abandonner momentanément.
§2. — Classifications ; caractères génériques et spécifiques.
Les nombreuses classifications de Bactéries que nous avons déjà relevées à propos de l’historique montrent combien ont été variables les idées que les micrographes se sont faites de leur nature.
Avant d’exposer les plus récentes, celles parmi lesquelles nous aurons à choisir, il importe d’étudier les caractères sur lesquels on s’est appuyé pour grouper les Bactéries en genres et en espèces et quelle est la valeur de ces caractères.
1. Caractères génériques ei spécifiques. On les a tirés de la dimension, de la forme, du mouvement et de l’évolution des Bactéries.
La grandeur , qui serait, d’après M. Gohn, le caractère distinctif dominateur , est souvent indéterminable, môme en employant les grossissements les plus puissants. Du
reste pour un grand nombre de formes voisines, les différences de mensuration données comme distinctives sont si minimes, qu’elles ne peuvent servir dans la pratique : ainsi d'après Dujardin, le Baclerium Terme aurait 1,7 g et le B. Punctum de 1,7 à 0,6 [/.. Une autre difficulté se présente lorsqu’on examine des Bactéries formées de plusieurs articles ; faut-il se baser sur la longueur de l’article en particulier, ou bien sur la chaîne qui dépend du nombre des articles, nombre ordinairement variable ?
La forme des Bactéries, leur réunion en colonies, offrent aussi des différences qui ont été utilisées ; mais sont-elles sous la dépendance de différences vraiment spécifiques, ou proviennent-elles d’influences étrangères, de phases de développement d'un même organisme? Même lorsqu’on s’en sert comme caractère distinctif d’espèce, la forme est parfois de peu de secours, puisque, si l’on s’en rapporte aux descriptions de Dujardin, le Bacterium Tcrmo aurait un corps cylindrique renflé au milieu et le B. Punctum un corps ovoïde allongé.
Quant au mouvement , on a vu que des phénomènes de mobilité ou d’immobilité se présentent parfois dans la même espèce, suivant son âge ou les changements de milieux.
Reste le mode de développement, les phénomènes de reproduction par scissiparité ou par spores, seuls caractères pouvant servir à établir des genres naturels, mais qu’on n’a constaté malheureusement que pour un petit nombre de Bactéries, le Bacillus anthracis , par exemple.
Du reste, les genres des Bactéries ne peuvent avoir actuellement la même signification que chez les animaux ou les végétaux supérieurs ; on ne peut les établir
que d’après les caractères les plus saillants en réservant pour caractères des espèces les faibles modifications de ces formes génériques.
Y a-t-il des espèces distinctes , bien définies, dans les Bactéries ?
Les micrographes ont émis à ce sujet les opinions les plus diverses.
Müller, Ehrenberg, Dujardin, M. Davaine ont admis la distinction spécifique des nombreux Vibrioniens qu’ils ont décrits. M. Davaine élève cependant quelques doutes sur la valeur absolue des espèces établies de son temps: « celles qui sont décrites aujourd’hui par les classificateurs, dit-il, doivent être considérées comme l’expression de types sous lesquels se cachent un certain nombre d’espèces distinctes. » ( Dict. encycl. l. c ,, p. 21.)
M. Gohn précise davantage l’impossibilité où nous sommes aujourd’hui de distinguer d’une manière sûre les genres et les espèces dans les Bactériens. Cependant il est convaincu que les Bactériens se divisent en espèces aussi distinctement que les autres plantes et autres organismes inférieurs ; ce n’est que l’imperfection de nos moyens d’observation qui rend cette reconnaissance actuellement impossible. Cela est surtout vrai, dit-il, des Spirilles , qui se distinguent non-seulement des Bactéries bacillaires proprement dites, mais qui présentent dans leurs espèces des différences aussi constantes que n’importe quelle espèce bien définie d Algues ou d’infusoires.
MM. Hallier, Hoffmann, Billroth, Bobin, Nægeli, etc-., considèrent les différentes formes de Bactériens d’une façon bien différente ; pour eux ce ne sont pas des
espèces autonomes, mais des phases de développement d’une ou plusieurs espèces.
Pour M. Hallier, nous verrons, à propos du polymorphisme des Bactéries, les singulières transformations qu’il aurait obtenues par leur culture.
Selon M. Billroth, les Bactéries appartiennent à une seule espèce de plantes, le Coccobacteria septica , à l’exception des Spirillum et des Spirochæte sur lesquels M. Billroth ne veut pas se prononcer ; cette manière de voir a été adoptée par un certain nombre de micrographes, surtout de pathologistes , tels que MM. A. Frisch, Tiegel, etc.
M. Ch. Bobin admet aussi la relation génétique des Micrococcus , Vibrio , Bactéries et Leptothrix , mais en les considérant comme les phases évolutives distinctes et successives de plusieurs espèces : 1° corpuscules décrits sous le nom de Bacterium Termo , Punctum, etc., Micrococcus ; 2° filaments mycéliens, Vibrio , etc.; 3° Bactéries, Bactéridies, Microbactéries, etc. ; 4° Leptothrix et formes plus avancées.
L’opinion de M. Nægeli offre beaucoup de rapports avec la précédente : « Autant je suis convaincu, dit-il, que les Schizomyeètes ne peuvent pas être groupés d’après leur mode d’action comme levûres et leurs formes extérieures, et qu’on a distingué beaucoup trop d’espèces, autant il me paraît peu probable, d’un autre côté, que tous les Schizomyeètes constituent une seule espèce naturelle. Je serais plutôt porté à supposer qu'il existe parmi eux un petit nombre d’espèces qui se rapportent peu aux genres et aux espèces admises aujourd’hui et dont chacune parcourt un cycle de formes déterminées mais assez nombreuses. Chacune des
espèces véritables de Schizomycètes ne se borne pas à se présenter sous les formes différentes de Micrococcus , Bacterium , ïibrio et Spiri/lum , mais peut encore se montrer comme agent d’acidification du lait, de putréfaction, et comme agent producteur de plusieurs maladies. » Cependant M. Nægeli reconnaît qu’il est nécessaire de distinguer ces formes, notamment celles des Micrococcus , Vibrio , Bacterium et Spirillum , sans toutefois perdre de vue que les êtres se rapportant à ces divisions ont une constitution très-peu constante, et passent constamment d'une forme à l’autre.
Enfin, d’autres savants tels que M. Pasteur, tenant moins compte des caractères de structure que des fonctions physiologiques, regardent comme une espèce particulière toute forme de Bactéries qui naît constamment dans un milieu déterminé ou qui cause un mode de fermentation tout spécial.
M. Nægeli oppose à cette manière de voir les objections suivantes : il a d’abord constaté la présence, dans une même décomposition, de plusieurs formes différentes de Schizomycètes ; d’un autre côté, dans des décompositions tout à fait différentes on peut observer des Schizomycètes entièrement semblables d’après leur forme extérieure; enfin on peut changer le mode d’action d’un Schizomycète en lui faisant subir certain traitement. On voit qu’il est actuellement difficile de se faire une opinion sur la valeur de ces espèces purement physiologiques.
En résumé, les caractères dont on peut se servir pour établir des genres et des espèces dans le groupe des Bactéries sont en petit nombre et de valeur bien inégale; les uns, caractères de forme, de dimension, de mouve-
— Moment, etc., sont souvent difficiles à déterminer ou bien n’ont qu’une valeur relative; les autres, caractères tirés du développement et de la reproduction, ne sont connus que dans trop peu d’espèces pour qu'on songe à les faire servir à la classification.
On ne sera donc pas étonné de ne trouver aucune classification naturelle des Bactéries et qu’il soit impossible aux naturalistes actuels d’en donner une. Toutes celles qu’on peut établir sont provisoires, n’étant basées que sur la morphologie des organismes : à l’exemple de tous les botanistes nous nous servirons d’une classification analogue, mais sans vouloir préjuger en rien de la parenté généalogique des divers organismes que nous considérons comme genres et espèces distincts.
2° Classification et description des genres et espèces des
Bactéries.
Nous avons vu, dans l’historique, à propos des classifications qui ont été données des Bactéries, qu’en 1872, M. Cohn, reconnaissant les rapports nombreux, absence de chlorophylle, mode de nutrition, etc., qui font de ces organismes une famille naturelle, les avait divisés en quatre tribus :
lü Les Sphérobactéries ou B. globulaires;
2o Les Microbactéries ou B. en bâtonnets courts;
3U Les Desmob aciéries ou B. en filaments droits;
4° Les Spirobactéries ou B. à filaments contournés.
Dans les Sphérobactéries, M. Cohn n’adoptait qu’un genre, le g. Micrococcus , dont les espèces sont divisées en trois séries : les M. pigmentaires ou chromogènes, les