LES FRÈRES DES PRISONS
formeraient une bibliothèque pour toutes les maisons de réclusion.
Une imprimerie pourrait par la suite être établie dans la localité et devenir un atelier de refuge pour des libérés.
Les attributions du directeur comporleraicnl la surveillance générale des actes et des personnes, la correspondance avec le ministère. La durée de ses fonctions serait de trois ans; sa nomination, comme celles de son successeur et de tous les membres, appartiendrait au ministère de l'intérieur.
Les frères des prisons ne s'immisceraient en rien à la gestion administrative des bagnes ou maisons centrales ; leurs fonctions seraient circonscrites dans les soins moraux, elles conférences soit en commun, soit isolément avec les condamnés, à toutes heures qui ne seraient pas employées aux travaux.
Chaque membre de Tassociatiou ferait un rapport mensuel sur les résultats moraux que son intervention pourrait obtenir; les rapports réunis de tous les frères seraient envoyés plusieurs fois par an au siège central : là serait rédigé le résume analytique de tous ces rapports. Ces tableaux de statistique positive seraient envoyés au ministère.
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4S8 LES BAGNfiS.
Les mtjnil>res de l'association seraient nourris, habillés^ entretenus, chauffés, éclairés et logés, chacun ayant sa clianilire à part, suivant les possibilités des localités.
Il SI lait passé un marche avec l'en treprenenr général, dans les " prisons et avec l'adjudicataire des cantines des bagues, pour le ohapitre des iouinilures de leur ressort.
Chaque membre de Tassociatiou recevrait un traitement annuel de six cents francs.
Les émoluments du directeur ne seraient pas plus eieves que ceux des autres membres ; il lui serait alloué seulement une indemoité pécuniaire pour fouroitares et frais de bureaa.
Aucun soin de comptabilité ne pèserait sur rassocialion, toutes les dépense s [)uiivant être portées par addition sur la comptabilité des localités habitées par les frères.
L'usage du vêtement de ville tel que les habitudes du monde l'exigent n'est pas conciliable avec les hases économiques sar le»quelles l'institution doit être assise. En adoptant le costume représenté dans la ^vure coloriée ci-jointe, et qu'on peut au besoin modifier dans sa forme et dans sa nuance, on résout la question d^éoononie et de convenance dans la tenue. Ce vêtement spécial, qui ne manque pas d'une certaine grâce, signalerait à l'attention publique les agents d'uue œuvre méritoire^ la popularité lui serait bientôt acquise.
Le gouvernement devrait retirer d'utiles enseignements de la permanence de trois cents hommes éclairés dans les lieux de réclusion: ce seraient trois cents inspecteurs toujours vigilants, dont les lumières avauccraient la science des prisons.
Si TexpérieDce démontrait l'utilité de cette institution, on pourrait arriver, non pas à abolir, mais à transformer la surveillance des libérés dont le mode offre de si désastreuses conséquences; l'association des frères des prisons ayant des centres dans toute la France, pourrait prendre entre ses mains les fils de ces existences rendues si douloureuses par la loi de la sur-
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veillaoce; on pourrait peuUétre rabstitaer le eontrôle prudenl des
frères associés , à Inaction de l'administration, plus Tigilante que discrète, qui exige la présence du libéré au bureau de police ou à la mairie. Le frère des prisons pourrait venir attester que le libéré est à sa destination, qu'il vit laborieux et paisible. C'est lui qui en serait Tinspecteur en même temps que le patron.
Si la société trouvait sécurité, i'humanité n'aurait qu'à B'applaudir de cette conoession.
Tout cela est à expérimenter ; une année de pratique vaut mieux que dix années de discussion, et je livre aux réilexions de la haute administration le germe de cette pensée, encouragée déjà par le suflnige d'hommes éclairés qui la croient susceptible d'une heureuse application.
« La tâche que je m'étais imposée est remplie; si ce livre a un mérite, c'est d'être vrai. La vérité vaut la peine qu'on la pour* suive, même au fond des bagnes, ces lieux dont Taspect a fait reculer plus d^un écrivain* L'étude des vices et des misères a son incontestable utilité : il serait à désirer qu'on s'en occupât davantage ; c'est une terre limoneuse, mais on. la foule sans dégoût quand on marche avec la peasée qu'on peut la féconder.
« Les Bagnes ont obtenu un succès qui a dépassé mon espoir; je remercie les souscriplcurs qui ont compris la pensée sérieuse que j'ai souvent envelopjx'e sous la forme anecdotique.
« Je place sous le bienveillant patronage de ceux qui ont accueilli ce livre, les PRisoftf; de Paris, que je publie en collaboration avec M. Louis Lurinc, dont la plume élégante et énergique s'est exercée souvent sur les tableaux de mœurs de la grande population parisienne. J'espère que l'appui ne nous manquera pas. M. Gustave Bavard, mon ami et mon éditeur, continue à ce second ouvrage les soins artistiques qu'il a donnés buy Bagnes.
u i\iris, lu 1" murs 1845.
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