‹ Les bagnes: RochefortChapitre 1 sur 45 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Tai visité ie& bagues de Roicliefort en i.Ç-i^; dans le$ premiers mois de Tannée, sdivatate, j^ai livré me& pbservatioiiis a Timpression* De^ circQMtaaces indépendantes de la volonté de Pédifeur et de la mienne ont reculé jusqu^à ce jour la publicité.

Dans Tintervalle qui s^e^ écoulé , un^ wr donnance royale a établi le classement des condamnés par catégqries, et a fixé le lieu dii supplice en raison de la durée de la peine. La mesure admijotistrative qui a suivi Texpression de la volonté;;ra]^aIe aurait nécessité quelques additions à cet ouvrage si elle eût porté la ré^

forme sur le système d^orgânisation générale; mais elle nV réagi que sur quelques individus, et j^ai cru ne pas devoir retarder davantage Tapparition d^une requête en faveur de rhumanité , pour prendre liste des individus que le nouveau règlement pénal a conduits de Hochefort à Brest ou à Toulon. Je me suis affranchi encore de la crainte de laisser qu el-* ques vides dans les cadras du personnel, que respiration de peine, la mort ou Tévasion ont pu dégarnir, Il y a deux ans que j^ai quitté la plume : quelques détails du tableau ne sont peut-être plus les mêmes, mais Pensemble nV point varié.

Le nom de M. Hyde de Neuville se prése n-^ tera honorablement à quelques pages. Quand je les écrivis , je n'encensais pas Phomme public, mais je le remerciais des bienfaits de son administration, et je sollicitais sa philantropie éclairée. Le ministre est rentré dans la vie privée : la civilisation et Inhumanité y perdent. Tout portait à croire que sous son ad-

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ministration' on eût aboli les chaînes j la bastonnade, les cours spéciales maritimes y et cette lugubre cérémonie du ferrement à Bi^ cétre^ à laquelle rien de plus hideux ne pourrait "être comparé, si le regard de Tobservateur ne pouvait plonger dans les étables d^s-> sonne au moment de Pignoble curée distribuée à la première halte des condamnés ^

APépoque de mon voyage à Rochefort,je ne connaissais pas M. Appert. Il visita le bagne quelques jours après mon départ. A mon retour , une occasion se présenta de voir ce membre de la Société des prisons ; je la saisis. Je communiquai à M. Appert mes observations écrites, et je lui manifestai mon étonne-r

* Quand je livrai cet ouvrage à l'impression , je nWais pas encore assisté au ferrement des condamnés (voir page 317); depuis cette époque, j'ai été témoin de cette scène juridique. Dans le volume Bagne de Toulon, je donnerai des détails sur l'itinéraire de la chaîne que j*ai suivie jusqu'à sa destination. C'est à ce chapitre que je renvoie les réflexions que je devais ajouter au récit que j'ai emprunté à un /témoin oculaire.

ment du silence quHl' gardait dans son Journal sur les abus qu^il avait pris à tâche de signaler ; je Tattribuai à la difficulté qu^il trouvait peut-être, dans une visite faite rapidement « à saisir les vices d^administratioD et à juger les moyens de surveillance.

« J^ai vu, me dit M. Appert, tout ce que vous ayeL vu, mais je ne Tai pas publié. i> Plusieurs témoins entendirent cette réponse.

Sans peser la retenue discrète de M. Appert, je publie son témoignage en ce qui me cou-* cerne. C Vst une garantie pour mon ouvrage , il appuie la véracité des faits et donne de la force à mes observations.

Maurice Alhoy.

Paris, ce ao novembre iSag...

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