‹ Les bagnes: RochefortChapitre 42 sur 45 · PAIEMENT JOURNAUER DES FORÇATS · texte numérisé non relu

PAIEMENT JOURNAUER DES FORÇATS

On a eu souvent, au port deRochefort, l'occasion de remarquer que Ton faisait produire aux forçats , avec le même salaire , une masse de travaux plus considérable , lorsqu'on les payait régulièrement tous les soirs. La division de la chiourme par compagnies permettrait d'adopter pour tous les travaux cette marche, qui n'a pu être suivie jusqu'à présent que pour quelques grands ouvrages , et de solder journellement aux adjudans des à-comptes réglés sur l'effectif des escouades qui rapporteraient la preuve qu'elles auraient exécuté les tâches imposées. Il ne serait fait d'ailleurs des métrés d'ouvrages qu'à la fin de chaque mois , pour arrêter le décompte de chaque escouade et de chaque condamné.

ÀTELIEM ISOLES POUR LES FOECATS.

Le contact habituel des forçats avec les ouvriers Ubres exerce une funeste influence sur la moralité de ces derniers ; il est donc nécessaire que les ouvriers forçats soient placés dans des ateliers isolés, et ne puissent se trouver en rapport qu'avec les maîtres et contre-maîtres.

COmiIS&ION DE SURVEnLANCE DE LA CBIOURME.

Le besoin qu'a le département de la marine de tirer du travail des forçais le plus ^nd parti possible, et la nécessité de coordonner les dtspo^ sitions relatives k leur emploi avec celles que réclamelasûretédesbagnes, me paraissait exiger, dans chaque port, la formation d'une commission permanente qui serait chargée de proposer toutes les mesures qui lui paraîtraient propres k perfectionner le régime 4^ chiourmes. Cette commission, dont les attributions auraient quelque analogie avec celles des comités des prisons, serait composée d'officiers des services qui emploient le plus grand nombre de forçats, de

radininistrateur du bagne , du commissaîre-râp* porteur près les tribunaux maritimes , et de l'un des membres du conseil de santé.

Le passage du système actuel au système proposé donnera naissance à diverses difficultés, dont il importe d'apprécier l'importance, et que je vais examiner sommairement.

LES FORÇATS COMMANDES PAR d'aUTRES FORÇATS.

Quelques personnes pourront regarder comme illusoire' la mesure indiqqée de faire garder et commander des forçats par d'autres forçats ; on a cependant, dans les colonies, l'exemple d'esclaves commandant d'autres esclaves , et sachant très-bien s'en faire obéir ; on a aussi , dans plusieurs chantiers du port , l'exemple de forçat^ , chefs d'ouvrages , qui ne sont distingués de leurs camarades que par une paie un peu plus forte, et qui les dirigent néanmoins dans leurs travaux.

On craindra sans doute aussi de rendre la garde des condamnés plus difficile et même de compromettre la sûreté des bagnes , en ne faisant porter qu'une simple manille à la presque totalité des hommes de la première catégorie. Cette ap-

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préhension paraîtra peu fondée si Ton remarque que les hommes réputés dangereux continueront à être accouplés , que les autres , jouissant d^une meilleure existence , auront moins le désir de s'évader, et qu'ils seront surtout retenus par la crainte d'être mis en couple jusqu'à la fin de leur temps, s'ils venaient à être repris.

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